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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 20:02

Nous sommes le vendredi 12 octobre et je recherche toujours "l'homme"*

Il s'agit d'un roman écrit par Romain Slocombe édité par Robert Laffont dont vous voyez la couverture.

 

* Je cherche l'homme : Citation de Diogène de Sinope se moquant de Platon. 

Est-ce que la littérature peut se nourrir de l'horreur ? C'est la question que je pose après les 100 premières pages.

L'action se passe durant la dernière guerre mondiale. La France est occupée, la police française collabore avec les nazies dans la chasse aux juifs  avec autant (si ce n'est plus) de  zèle que l'occupant. L'I.P.A. Sadorski est l'un d'eux : Vulgaire, cynique, corrompu, violeur, tueur, et surtout antisémite, c'est le héros du roman... Un modèle ? Pour les apprentis nazillons qui, de nos jours pointent le bout de leur idéologie  xénophobe certainement. 

Je ne manquerai pas de vous donner mon avis sur ce texte lequel pourrait (d'après ce que j'ai lu) distiller une propagande nauséabonde dans quelques esprits faibles ou disposés à l' entendre.

Ne manquez pas les prochaines lignes au sujet de ce roman, en attendant je vous suggère la lecture du roman de David Foenkinos "Le mystère Henry Pick" à lire sans modération.

Le 31 octobre

Le cœur au bord des lèvres

Je ne peux recommander ce roman, il y règne une atmosphère de complaisance insoutenable dans la description d'actes barbares (bien que je sache qu'ils ont existé) mais pourquoi tant de détails sordides qui n'apportent rien au texte.

Un exemple :

L'inspecteur Sadorski assassine une bourgeoise du seizième, antisémite, délatrice, pour des raisons que vous découvrirez si vous lisez ce roman, mais qui n'ont rien à voir avec l'antisémitisme puisqu'il l'est lui-même.

Alors qu'il se trouve dans son appartement, et qu'il pourrait, compte tenu de sa force physique, l'étrangler comme le ferait tout assassin scrupuleux, il l'attrape par les cheveux lui frappe violemment le visage  contre la plaque de marbre de la cheminé, sans connaissance, la femme qui se trouve déjà dans un état que l'auteur décrit dans les moindres détails, est projetée à terre. A pieds joints, il lui saute sur la poitrine (il pèse plus de cent kilos) nouvelle description détaillée des dégâts. Pour finir, alors que la victime est morte depuis un bout de temps, et, dans un état digne du plus sombre des films gores, il saisit une pendule à colonne trônant sur la cheminée (environ trente kilos) et la jette sur la tête de la malheureuse , du moins ce qu'il en reste. Pantelant, le lecteur a droit en prime à l'inventaire sanguinolent d'un acte que je qualifierais de superflu.

Je vous laisse juge, mais c'est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Je viens d'acheter le nouvel Haruki Murakami : Le meurtre du commandeur. Comptez sur moi pour une nouvelle chronique... impartiale.

     

 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 10:27

Mardi 17 juillet

Un mauvais Grangé ?

L'auteur se frotte au SM, mais pas celui de quelques établissements parisiens spécialisés dans le genre. Celui dont il est question dans ce roman n'est pas pour les amateurs en quête de sensations fortes. Il est question de tortures que s'infligent quelques initiés, comme s'enfoncer des aiguilles sous les ongles,  nécrophilie, et autres petites activités morbides. 

Deux jeunes stripteaseuses sont retrouvées assassinées, les corps sont entravés par des liens constitués de leurs petites culottes et leurs soutiens gorges  noués par des nœuds savants, dont les adeptes de ces petits jeux pervers sont des experts. L'originalité réside dans le fait qu'elles ont la bouche tailladée jusqu'aux oreilles façon l'homme qui rit de Victor Hugo, sauf qu'elles sont bel et bien mortes. Pour ajouter à l'horreur elles ont une pierre enfoncée dans la gorge.  

Mis mal à l'aise par la surenchère dans le sadisme, le lecteur entre dans un monde glauque dans lequel les protagonistes paraissent déconnectés de la réalité.

Pour surprenante qu'elle soit la fin est comme le roman : invraisemblable, à trop rechercher le sensationnel l'on tombe dans l'irrationnel. Or le lecteur s'attend tout de même à un minimum de crédibilité. Ce qui n'est pas le cas de ce roman.

Je ne suis pas un adepte de ce genre de littérature, qui ne peut séduire que quelques voyeurs introvertis.     

   

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 21:11

Samedi 16 juin

Selahattin Demirtas

Dans les geôles d'Erdogan depuis 22 mois. Son crime : Etre pro-Kurde et prétendre se présenter à l'élection présidentielle du fond de son cachot.

Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 au Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne en Turquie, Selahattin Demirtas a écrit ce texte mardi 12 juin et l’a transmis au « Monde ». En attente d’un procès, il risque une peine de prison de cent quarante-deux ans, selon le code pénal turc. Turc d’origine kurde, il préside le Parti démocratique des peuples et a présenté sa candidature à l’élection présidentielle turque du 24 juin.

Tribune.

J’écris ces mots depuis le Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne, tout près de la frontière avec la Bulgarie. La prison est située à sept kilomètres du centre-ville d’Edirne, dans une zone vierge de toute habitation, au milieu des champs de tournesols. Chaque année, au mois d’août, les alentours de la prison se parent de vert et de jaune, étouffant dans une immense orgie de couleurs ses murs gris et monotones. Tous, on connaît les tournesols. Ils poussent en l’espace de quelques mois seulement, puis leur face supérieure, d’abord inclinée, se redresse pour regarder le soleil.

Depuis ma jeunesse, et aujourd’hui encore, chaque fois que je contemple un champ de tournesols en fleur, j’ai l’impression de voir une foule de jeunes gens serrés côte à côte dans le cortège d’une manifestation. La rivière Toundja, venue des profondeurs de la Bulgarie, coule non loin de la prison. Après avoir sinué pendant des kilomètres, cette longue ligne verte rencontre les eaux du fleuve Maritsa, à quelques encablures du centre-ville d’Edirne. La confluence de ces deux cours d’eau m’évoque les retrouvailles pudiques et heureuses de deux amis qui ne se seraient pas vus depuis des années. Or, depuis vingt mois que je suis ici, je n’ai encore jamais eu la possibilité de voir ni l’un ni l’autre. C’est cela, être en prison. Pour comprendre la géographie de l’endroit où je me trouve, il me faut faire un effort d’imagination. La vérité est que je suis enfermé dans une cellule que l’on s’est appliqué à rendre...

 

Selahattin Demirtas : « Je continuerai à m’opposer sans reculer d’un pas, quel qu’en soit le prix à payer »

"Les combats les plus beaux sont les plus désespérés" chantait Nougaro. S'il en est un c'est bien celui de Selahattim que modestement je soutiens, mais que puis-je faire de plus...

 

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 14:07

Le lundi 28 mai 2018

Après la déconvenue Joël Dicker, je vous avoue que je suis resté quelques jours sans lire une ligne. Un peu comme un cavalier tombé de cheval qui hésite à remonter sur sa monture. Puis comme un convalescent j'ai lu quelques pages de Julien Gracq et de suite je me suis senti mieux, mais le coup a été rude.

L'on m'avait conseillé deux auteurs de thriller, des jeunes loups qui commence à se forger un nom dans le polar. Il s'agit de Bernard Minier dont je viens de terminer Le cercle et de Franck Tilliez auteur de Rêver dont j'ai lu les  premières pages.

 

Comme je l'écris ma chronique n'engage que moi, elle résulte de l'impression que m'a laissé le roman.

Le cercle est un polar où l'auteur entraine le lecteur sur une fausse piste, celle d'un tueur en série évadé d'un centre psychiatrique fermé. Le commissaire en charge de l'affaire est malheureusement torturé par les jours heureux passés avec sa femme dont il est séparé depuis un bout de temps. Il faut souligner qu'elle a succombé aux charmes de son meilleur ami.

 Il l'a  retrouve parce qu'elle est la mère du suspect N°1 des trois meurtres qui l'occupent ou devraient l'occuper. Le hasard fait bien les choses. Sauf que les retrouvailles donnent lieu à des pages que l'auteur aurait voulu érotiques mais sont d'un ennui mortel et hors sujet.

La suite de cette romance, pardon de ce thriller, ne m'a jamais accroché et la fin est plutôt décevante, voire tirer par les cheveux.  

Rêver

Il s'agit d'un thriller psychologique d'après ce que l'on peut lire dans la presse spécialisée. 

Le personnage principal est psychologue et travaille pour la gendarmerie afin de découvrir l'auteur de rapts d'enfants. Elle souffre de narcolepsie et est victime de crises de cataplexie et se soigne au Propydol. C'est un médicament (qui n'existe pas) mais qui apparaît une page sur deux. Cependant, vivant entre rêve et réalité cette jeune femme dénommée Abigaël se taillade, se pique avec des aiguilles ou bien à recours aux brulures de cigarettes pour savoir si elle est éveillée ou non. Rappelons qu'elle est psychologue. Je ne suis pas psychologue mais je doute que le corps médical approuve  cette thérapie...singulière. Il suffit tout simplement de se pincer...d'où l'expression.

Ce qui surprend dans ce polar c'est que l'enquête sur la disparition des enfants passe au second plan pour ne se polariser que sur les faits et gestes de cette étrange psychologue au point que le lecteur se pose la question vers laquelle veut nous emmener l'auteur : Ne serait-ce pas elle l'auteur des rapts d'enfants ?

Un moment savoureux page 284 : Récit d'une légende estivale que chaque vacancier connaît : Il s'agit de ce malheureux plongeur happé par un Canadaire en pleine mer et largué au-dessus d'un feu de forêt. Cette histoire a fait mille fois le tour de la côte et fait partie des canulars que l'on se raconte sur nos plages à l'heure du pastis. Je ne suis pas vraiment certain que cette fable ait sa place dans ce bouquin.

Bientôt la fin que je ne vous dévoilerais pas mais pour l'instant je reste dubitatif....  

Ouf, j'ai terminé la lecture de ce thriller psychologique. L'héroïne, la psychologue qui se martyrise  s'en sort, mais que c'est compliqué voire alambiqué pour obtenir un résultat mitigé car le méchant, n'est autre qu'un petit employé minable alors que je m'attendais à découvrir un génie (type Moriarty) Empruntez le à un ami ou à la bibliothèque.  

Comme pour le moment, je ne suis attiré par aucun roman traditionnel , je continue ma quête de sensations fortes et me lance dans la lecture du dernier Grangé : La terre des morts. Comptez sur moi pour vous donnez un avis sans concession.

 

  

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 10:37

 

Mardi 24 avril 2018

Félix Tshisékedi prétendant au trône de la RDC

 

Je suis abonné à l'excellente lettre de Jeune Afrique que je reçois tous les jours (Il faudrait dire news-letter pour faire branché, mais je préfère notre bonne vieille langue à la branchitude - S-G)

Car tout ce qui se passe en Afrique me passionne :

Je vous livre l'info du jour Vincent Bolloré notre grand capitaine d'industrie est en garde à vue pour corruption en Afrique. Il est soupçonné d'avoir versé quelques pots de vin pour obtenir les concessions portuaires au Togo et en Guinée.

Je vous renvoie à mon article concernant ce sinistre personnage sur l'huile de palme. Car lui aussi baigne dans cette fange au travers de la société Socfin dont il est l'actionnaire principal.

 

 

 

 

Autres informations :

Selon un document que s’est procuré Jeune Afrique, la Banque centrale du Congo a versé 7,5 millions de dollars à une société détenue par des proches du président Joseph Kabila en mai 2016.

Joseph Kabila est le chef d'Etat de la République DEMOCRATIQUE du Congo depuis 17 ans. Il a succédé très démocratiquement à son père, Désiré, assassiné en 2001 et ne veut  laisser le pouvoir à personne il envisage de modifier la constitution qu'il a lui même promulguée. Sa fortune personnelle est estimée selon "Forbes" à 15 milliards de Dollars U.S.

Il y a un terme dont il faut se méfier en Afrique c'est le mot DEMOCRATIQUE, il n'a pas le même sens que chez nous. Idem pour les noms des parties politiques comme par exemple celui du beau bébé joufflu dont la photo trône en tête d'article : Union pour la DEMOCRATIE et le PROGRES SOCIAL en RDC.

Une chose frappe également en Afrique c'est l'embonpoint des dirigeants ou aspirants dirigeants à la différence des peuples qu'ils entendent asservir, pardon, diriger. Prenons le cas de ce bon Ali Bongo, toujours Président du Gabon après la farce électorale de 2016 où il battait l'ex-mari de sa sœur Pascaline, Jean Ping.  Il a également succédé à son père (normal) mis au pouvoir par de Gaulle en 1967. La famille Bongo règne sur le Gabon depuis 51 ans.

 

 Ali et Pascaline

 

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 14:38

Beppe Grillo : Fondateur du mouvement cinq étoiles en Italie

Le philosophe et monsieur Larme à l’œil.

Il y a des moments de télévision assez déroutants, ce fut notamment le cas au cours de l’émission de celui que l’on surnommait l’homme en noir métamorphosé en monsieur Larme à l’œil.

Celui-ci accueillait dans son show télévisé le philosophe français le plus lu au monde, affirmait-il, avec déjà un soupçon de larme au coin de l’œil. Cette assertion me laissa dubitatif. Est-ce là un critère de qualité ? L’on peut raisonnablement en douter quand l’on sait que l’écrivain français le plus lu au monde fabrique, comme le soulignait ce bon Naulleau, de la littérature au kilomètre. Certes non.

Revenons à notre philosophe dont l’érudition ne fait aucun doute. Erudition qu’il étale comme de la confiture sur une tartine. Preuve de cette immense culture,  il ne manque jamais  d’asséner à chacune de ses nombreuses apparitions médiatiques qu’il a lu le Coran, lui, comme s’il s’agissait de l’argument massue de la connaissance universelle.

 Ce qui est étonnant chez ce philosophe est sa capacité à répondre à tout avec une assurance proche de l’arrogance dans un staccato de paroles qui ne laisse à personne l’impertinence de l’interrompre. Le chauffeur de salle se lève, l’auditoire applaudi à la fin de chaque diatribe, monsieur larme à l’œil couve son invité des yeux de Chimène.

Pourtant, est-ce que le propre du philosophe n’est pas de se questionner en permanence, de se remettre en question ? Socrate disait : « Il y a une chose que je sais, c’est que je ne sais rien. » Un peu d’humilité n’a jamais fait de mal, tout philosophe le plus lu au monde que l’on soit. A contrario, notre champion mondial des ventes philosophiques martèle sa vérité avec la même conviction que le forgeron martyrise son enclume.

Et là, patatras, le monologue dérape : Le philosophe se range dans une case celle déjà fort encombrée des souverainistes, (Monsieur Larme à l’œil est aux anges ! Il sort son mouchoir) Et d’ajouter qu’il est un populiste, à savoir un philosophe du peuple.  L’ochlocratie aurait donc SON philosophe, Orban, Erdogan, Kaczynski, Poutine, Beppe Grillo, Le Pen, ont leur référence philosophique et pas n’importe laquelle ! Celle du philosophe français le plus lu au monde !

Dans la foulée de cette confession, il condescendit à donner ses ordalies avec la faconde d’un empereur romain  (ponctuées des mêmes tonnerres d’applaudissements, cornaqués par le même chauffeur de salle) sur l’Europe dont il est un farouche opposant, les grèves qu’il justifie, les guerres qu’il désapprouve car l’on doit selon lui, laisser les peuples se faire massacrer sans intervenir….

Puis survint le moment pathétique quand il évoqua, durant d’interminables minutes, l’AVC qui faillit le terrasser en ce début d’année (Monsieur Larme à l’œil ressort son mouchoir) tout en fustigeant les morticoles qui l’avaient examiné sans déceler le mal qu’il décrivit avec la précision d’un orfèvre. La salle retenait son souffle, monsieur larme à l’œil retenait tant bien que mal ses sanglots, l’atmosphère était devenu irrespirable. Le philosophe français le plus lu au monde avait failli trépasser…

 * Vous retrouverez les portraits de tous les populistes énumérés (la liste n'est malheureusement pas exhaustive)  dans les articles précédents.

 

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 14:14

Sortons de la (mauvaise) littérature pour admirer l'extraordinaire performance d'acteur que nous a offert l'ancien Président sur la chaîne qui vient au secours des hommes politiques en péril.

Je ne participerai pas à l'hallali, et m'inquiète plutôt pour les protagonistes de cette affaire d'état. En effet tout le monde se souvient de la mort de Choukri Ghanem  (ex ministre du pétrole de Kadhafi) qui s'est suicidé en se jetant dans le beau Danube bleu après avoir succombé à une crise cardiaque ou c'est l'inverse....puis récemment l'attentat (le 23 février 2018) dont fut victime Béchir Saleh (ex directeur de cabinet du guide) sur la route qui mène de l'aéroport au centre de Johannesburg que la police attribue aux pillards qui pullulent  sur cette route.

Si j'étais à la place de Ziad Takiéddine je me précipiterais pour souscrire une assurance vie.

 

 

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 16:32

Le mardi 13 mars 2018,

Il y a des accidents industriels, financiers, et maintenant littéraires.

Décidemment je passe de moins en moins de temps sur ce blog, certainement à cause des trop nombreux lecteurs auxquels je m'efforce de répondre.

Un mois que je n'avais dit du mal d'un roman, ça me démangeais tellement que je n'ai pas terminé celui dont je vais vous entretenir. Mais il fallait que je vous mette en garde avant que vous ne dépensiez 23 € 

GROTESQUE

 Serait-on au devant d'une arnaque compte-tenu du matraquage médiatique que l'on a fait autour de ce livre ? C'est la question que je me pose depuis la première page. Arrivé à la page 167 je reste sur cette angoisse, le mot n'est pas trop fort.

Pour le moment l'histoire est d'une banalité navrante, mais pire : L'écriture est d'une niaiserie déroutante. Précédemment J'avais lu La vérité sur l'affaire Harry Querbert et j'en ai gardé un bon souvenir. Me serais-je trompé ?

Les digressions sont légions (il faut faire des pages) ainsi l'on apprend que Marc l'ex mari d'Anna (la chef adjointe de la police d'Orphéa qui enquête sur la disparition) vient d'acheter la maison mitoyenne à celle de ses parents (qui adorent le Marc en question) Il ne manque pas d'inviter son ex femme, qu'il poursuit de ses assiduités, au barbecue....et cetera...et cetera (10 pages)

Je vais continuer ma lecture, mais c'est pour vous, car malgré la bienveillance que chacun aura remarquée, je crains le pire. 

Bientôt La vérité sur l'affaire Joël Dicker....A t-il utilisé un nègre (pardon, un assistant à l'écriture)

Page 275.

C'est un calvaire ! A tel point que je me demande si l'auteur n'a pas forcé le trait sciemment tellement l'on s'enfonce dans le ridicule. L'auteur a t-il volontairement tourné en dérision ce qui était annoncé comme un polar au suspens insoutenable.

Depuis la page 167 où j'étais en état de choc, l'on assiste, pétrifié aux démêlées entre un couple où le patron d'une revue littéraire est grossièrement dépouillé par une jeune intrigante qui rêve d'écrire un livre (non ce n'est pas Laetitia) un autre couple  se déchire à cause de leur fille de dix-neuf ans qui se drogue et exprime son mal de vivre car son père ne veut pas lui acheter le chien qu'elle désire (j'ai failli verser une larme). Il y a également le délire d'un critique littéraire qui a eu dans le passé son heure de gloire, mais qui n'est plus que pathétique.

Tout ce petit monde va se retrouver à Orphéa, là où 20 ans plus tôt il y a eu un drame épouvantable, pour assister à la pièce de théâtre qui va révolutionner le monde (c'est dans le texte) intitulée La nuit noire, écrite par un ex-officier de police (mégalomane) qui promet de dévoiler au cours de la représentation le nom de l'homme qui a assassiné le maire, sa femme, son fils et une malheureuse passante. Crimes sur lesquels Stéphanie Mailer enquêtait, au péril de sa vie, puisqu'on  retrouvera son corps  flottant dans un lac. J'en ai des frissons. 

La question demeure, s'agit-il d'une satire (mal écrite) d'un polar, tellement c'est outrancier, ou bien un ratage incompréhensible tellement le récit tourne vers l'ubuesque ?

Imaginez la situation rocambolesque devant laquelle se trouve le lecteur à ce stade :

Pour sauver le festival de la ville et accessoirement son poste, le maire d'Orphéa prétendument intelligent et cultivé accepte de faire jouer une pièce de théâtre écrite par un policier mégalomane que personne n'a lue ni vue. A quinze jours de la représentation il n'y pas d'acteur. l'auteur envisage de les recruter par voie d'annonce promettant la gloire à ceux qui seront sélectionnés. Pire, le texte ne leur sera communiqué qu'au début de la représentation. Grotesque.

Ce qui me fait enrager ce sont les milliers de bons romans qui passent au pilon au profit de cette littérature de caniveau.

Le calice jusqu'à la lie : Le bouquin fait 630 pages.

    

Le pire allait venir pages 320 et 321 où le père de la jeune fille (Dakota) celle  qui voulait un chien, directeur d'une télé locale décide de créer une émission de téléréalité, pour remonter l'audience, en mettant en scène une famille de "gros" sponsorisée par les chips "Grassitos"

Pour le plaisir je vous livre une perle que vous trouverez page 538 si, comme moi, vous êtes atteint d'une envie irrépressible de flagellation (il est vrai que Pâque se profile et que l'on voit partout des pauvres bougres se fouetter pour commémorer le calvaire du Christ ou le martyre d'Hussein petit fils de Mahomet.

Revenons à la page 538 : La pauvre Dakota a été atteinte de deux coups de feu tiré par l'assassin (on le présume) du maire et sa famille. Elle allait divulguer sur scène le nom du meurtrier. 

Elle vient d'être opérée et  Jerry (le père) s'adresse au chirurgien : << Est-ce que ma fille va se réveiller ?

-- Je n'en sais rien. Je suis désolé. Il y a des chances pour qu'elle ne survive pas.>> 

 En ce jour de la promotion de la langue française, c'est avec un infini soulagement que je vous annonce la fin de mes souffrances. Je n'irai pas plus loin dans ce texte qui est une offense à la  langue française et à l'intelligence.  j'ai perdu 23 €.

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 11:23

Vendredi 12 janvier 2018

Aslı Erdoğan,

née le 8 mars 1967, est une romancière turque, journaliste, militante pour les droits de l'homme , arrêtée le 17 août 2016 et emprisonnée dans la prison Bakırköy d'Istanbul, libérée le 29 décembre 2016[. Elle est lauréate du prix Tucholsky 2016 et du Prix de la paix Erich-Maria-Remarque 2017, qui sont des prix récompensant l'engagement en faveur de la paix. Asli Erdoğan reçoit aussi le Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2018 (Remise du Prix, le 10 janvier 2018).

 

Recep ERDOGAN l'autocrate qui dirige la Turquie n'aime pas les intellectuels qu'il qualifiait récemment de "jardiniers du terrorisme" Atteint de paranoïa aiguë l'autocrate voit des terroristes partout. Est terroriste toute personne qui ne pense pas comme lui. Ainsi la purge stalinienne qui a suivi le pseudo coup d'état a conduit plus de 50 000 turcs (journalistes, universitaires, juges, militaires... en prison) la plupart des médias d'opposition ont été fermés.

ASLI auteure chez ACTES SUD attend son procès, elle risque la prison à vie. Notre Ministre de la Culture Françoise TYSSEN est l'ex-directrice d'ACTES SUD fondé par son père.

Outre éditer, une maison d'éditions se doit  protéger ses auteurs contre les prédateurs de la liberté d'expression.

 

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 14:02

Dimanche 3 décembre 2017

AUX CINQ RUES LIMA -  291 pages -

22 EUROS -  Gallimard

 

 Cette chronique est parfaitement impartiale, parce que VARGAS LLOSA est l'un de mes écrivains cultes que je n'ai pas manqué d'encenser  lors de mes chroniques précédentes. 

Je me suis posé une question essentielle : Est-ce que l'éditeur lit le texte d'un écrivain célèbre (s'il en est) avant de le publier ? Pourquoi cette question ? Parce que ce roman est EPOUVANTABLE et le mot est faible, je vais tenter de faire mieux sans tomber dans piège du vulgaire car ce roman est d'une vulgarité et d'une bêtise incommensurable.

Lorsque l'on s'aventure sur les sentiers incertains de la littérature érotique il y a un abîme dans lequel il convient de ne pas tomber c'est la pornographie. Et là, l'auteur y a sauté avec  délectation. Tout le monde n'a pas le talent du marquis pour décrire des scènes dans lesquelles deux femmes se livrent aux plaisirs de relations saphiques, en particulier ce pauvre Vargas Llosas, car en plus d'être ridicule, la description des ébats de ces deux femmes, avec des mots que je pensais définitivement sortis du vocabulaire érotique, ressemblent à celles d'un être lubrique regardant par le trou de la serrure.

Prenant le parti de dénoncer la main mise du pouvoir de FUJIMORI sur le Pérou, Vargas Llosa se complait dans une romance débile, dont le sujet a été abordé à maintes reprises souvent avec talent : La corruption.

Il mêle à cette période noire du Pérou, les tribulations de deux couples (aisés) et les révélations du rédacteur en chef d'un torchon dont le nom est : Striptease. Les personnages sont des caricatures improbables affublées de sobriquets ridicules : Ma blondinette pour Marisa ou bien Marisette, Chabelette pour Chabala, ou encore Riquiqui pour une journaliste du torchon. Marisette et Chabelette se livrent à "des cochoncetés" (c'est dans le texte) et l'une d'elle "besogne" sa partenaire.

Il y a eu des moments où j'ai ressenti l'envie irrépressible de jeter ce bouquin par la fenêtre. 

Je vous offre un pur moment de littérature : 

Le chapitre V de mon dernier roman, le plagiat. 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PLAGIAT

CHAPITRE V

La chambre du Hilton Opéra, réservée par Claude possédait deux lits séparés  par un bon mètre. Cette attention rassura Pauline. Même si son compagnon de voyage était gay, elle préférait ne pas partager le même lit. Non qu’elle craignait de subir ses avances, mais elle avait conscience que son physique ne la laissait pas indifférente.

Durant le voyage en avion elle avait apprécié sa conversation. Il avait montré de l’empathie lorsqu’elle lui avait révélé la déchéance de sa famille, s’était inquiété du sort de ses parents. Par contre il s’était montré peu loquace sur lui-même, il lui avait semblé que sa vie se résumait à sa rencontre avec Claude Castel, pour laquelle il éprouvait une quasi-vénération.

Ils dînèrent dans une brasserie à touristes sur le boulevard des Italiens avant de rejoindre leur hôtel. Quentin sortit une demi-bouteille de champagne du minibar. Ils rirent de bon cœur devant une pitoyable émission de télé-réalité, puis passèrent en revue, une dernière fois, les détails de la journée de demain. Le rendez-vous était fixé à quatorze heures.

Elle le convainquit de la laisser monter seule à l’appartement, malgré les ordres de Claude, il restera au pied de l’immeuble et n’interviendra que s’il se montrait agressif. Ce dont elle doutait.

 

Pierre Mazet était anxieux, il ne savait quelle attitude adoptée lorsqu’il ouvrirait sa porte à Pauline. Il hésitait entre une froide indifférence et un accueil cordial comme s’il ne s’était rien passé. Il avait mis de l’ordre dans l’appartement, fait le ménage, et… changé les draps de son lit, sans trop de conviction tout de même. Il attendait Pauline avec impatience, curieux d’observer son comportement après sa sortie mouvementée lors de sa dernière visite. Sera-t-elle repentante comme le laissait présager ses messages ou bien d’une froideur impassible ?

Il marchait de long en large dans le salon, le regard fixé sur le tapis, répétant intérieurement les différents scénarios qu’il avait mis au point suivant l’humeur affichée par Pauline. Mais plus que tout, l’homme de lettres reprenant le dessus sur l’amoureux transi,  était impatient d’avoir en main la suite des cinq chapitres de « La fortune des Maréchal ». Il les avait lus, relus, imprimés, c’était exceptionnel. Si la suite du roman était de la même veine, alors il tenait là un chef d’œuvre. Cet ouvrage tombait à point, car depuis de longs mois il n’avait rien proposé de sérieux au comité d’éditions du mercredi et, bruissait dans les couloirs de la prestigieuse maison, la rumeur de son éviction.

Quand il ouvrit la porte, il remarqua immédiatement la pâleur de Pauline, au point qu’il pensa qu’elle se trouvait mal. Il eut alors le geste inconsidéré d’écarter les bras comme pour l’étreindre. Elle eut un brusque mouvement de recul, le considérant d’un air effaré. Il se confondit piteusement en excuses. Les retrouvailles ne pouvaient être plus désastreuses. Elle entra d’un pas décidé et resta plantée au milieu du salon où les stigmates de son passage dévastateur avaient disparu. Chaque bibelot avait retrouvé sa place, même si quelques-uns présentaient des traces de rafistolage. Manquait le vase de chine de l’entrée, cannes et parapluies reposaient contre le mur.

- Je suppose que vous avez changé les draps !

Il resta pétrifié à l’entrée du salon, abasourdi par l’impertinence du ton et la posture que la frêle et timide jeune femme qu’il avait connue adoptait. Il avait tout envisagé sauf cette arrogance. Il était obsédé par le manuscrit.

- Oublions ce qui s’est passé, bafouilla-t-il. C’était une erreur, je n’aurais jamais dû….

- C’était un viol !

Il restait les bras ballants, ne sachant que faire, partagé entre l’envie de la jeter dehors ou  la supplier de lui pardonner un crime qu’il n’avait pas commis.

Elle s’assit sur l’ottomane, ouvrit son sac et lui lança le manuscrit qui atterri à ses pieds.

Il le ramassa, le serra contre sa poitrine.

- Je vous promets de le lire rapidement. Veux…voulez-vous un thé.

Elle le considéra d’un air méprisant.

- Je repasserai demain à la même heure, avec Paul Jara, l’auteur. Nous avons rendez-vous chez Fouyard si vous n’étiez pas intéressé.

Elle se redressa, fit mine de parcourir les titres des ouvrages soigneusement rangés sur les étagères, jusqu’à l’entrée du petit bureau, jouxtant la chambre à coucher, dont elle détailla rapidement l’aménagement.

- Je peux vous emprunter celui-ci, demanda-t-elle en désignant un livre de la Pléiade consacré aux œuvres de Fernando Pessoa.

- Oui..oui je t’en prie. Tu me le rendras quand tu l’auras lu. J’y tiens beaucoup.

Sans y prêter attention il avait repris le tutoiement.

Elle se retourna, le visage crispé.

- Excusez-moi.

Le livre à la main, elle se dirigea vers la porte d’entrée.

- A demain, dit-elle en refermant la porte.

Quentin patientait en bas de l’immeuble. Il l’a regarda d’un air scrutateur.

- Tout va bien, dit-elle, j’ai eu le sentiment qu’il tenait plus à obtenir le manuscrit qu’à me voir. Je lui ai laissé jusqu’à demain en le menaçant d’aller chez un concurrent. Il va passer une nuit blanche. Son ordinateur se trouve dans un petit bureau près de la chambre.

Il lui entoura les épaules de son bras, et se dirigèrent vers le boulevard Jourdan en riant.

 

Une fois que Pauline eut quitté son appartement, Pierre Mazet, le manuscrit entre les mains, restait circonspect. Il n’arrivait pas à analyser le comportement agressif de Pauline, elle semblait lui en vouloir comme s’il avait abusé d’elle lorsqu’elle était venue lui proposer son roman. Brusquement, le mot qu’elle avait prononcé lui revint à l’esprit. Viol. Comme pour se convaincre, il se remémora la scène de leur première rencontre, se souvint parfaitement qu’elle prenait congé, puis, contre toute attente, l’avait embrassé farouchement sur la bouche, sans qu’il n’eût rien fait pour provoquer ce geste stupéfiant. Il est vrai qu’à ce moment, il avait profité de la situation de trouble dans lequel elle semblait être. Mais quel homme dans ces conditions n’aurait pas tiré parti de cette aubaine ? 

Il haussa les épaules, marmonna quelques mots incompréhensibles, et s’allongea sur l’ottomane, la tête soutenue par un coussin. Lire trois cents pages en quelques heures ne le rebutait pas. Il oublia le dîner, la fraîcheur du soir qui entrait par une fenêtre restée ouverte, une soirée mondaine à la société des auteurs où il était de bon ton de se congratuler, même si le nombre des lecteurs se réduisait chaque année comme peau de chagrin.

Subjugué par la lecture du roman, les heures qui s’égrenaient n’avait pas de prise sur  l’attraction qu’exerçaient sur lui les lignes qu’il lisait et relisait comme pour se convaincre, si besoin en était, qu’il tenait bien entre ses mains un futur best-seller, au point qu’il regrettait amèrement de ne pas en être l’auteur. Cette pensée lui traversa l’esprit tel un missile.

Lentement, cette folle éventualité s’insinuait insidieusement dans tout son être. Il la repoussa avec véhémence, la mettant sur le compte de l’épuisement dans lequel il se trouvait. Il quitta l’ottomane, s’étira, marcha jusqu’à la fenêtre qu’il ferma. Les premières lueurs de l’aube aux doigts de rose coulaient entre les bosquets des tulipiers, ranimaient le lac endormi. La patine bleutée des statues donnaient un aspect irréel au parc.

Trente ans auparavant, il avait  rendu hommage au père de la littérature dans son roman, dépeint avec talent des levers de soleil au-dessus des dunes fauves, les murs de la citadelle flamboyant. L’inspiration l’avait abandonnée, il vivait dans le souvenir du jeune homme adulé. Que ne donnerait-il pour revivre ses instants de grâce ?

 Il se dirigea vers la cuisine, fit chauffer de l’eau. Tout en buvant son thé, le regard fixe, il ne parvenait pas à chasser de son esprit la perspective de s’approprier ce récit. Inexorablement, l’idée, faisait son chemin comme le ver dans un fruit talé. Il décida de s’accorder quelques heures de repos, se dirigea vers la chambre, jeta un regard furtif au manuscrit, comme l’on regarde un objet défendu, s’allongea sur le lit. Les yeux rivés sur le plafond, il savait qu’il ne trouvera pas le sommeil.

Il sortit de son lit sans avoir fermé l’œil, mais en ayant pris sa décision. Il avait décidé de ne pas tergiverser, et proposer une grosse somme d’argent pour s’approprier le roman. Spéculant sur la faillite des de Lanzac, il pensait que Pauline et ce jeune auteur inconnu du public seraient trop heureux d’accepter de lui vendre le manuscrit contre une somme d’argent plus que conséquente. Il  proposera deux-cent-mille Euros, plus un intéressement sur les droits. Ragaillardi, il fila vers la cuisine où il but une tasse de thé, avant de se rendre dans la salle de bain. Il déjeuna frugalement, peaufina ses arguments, revêtit son plus beau costume, laissant le col de sa chemise blanche ouvert, afin de cacher son anxiété sous le couvert d’une tenue désinvolte. Il se contempla dans le miroir en pied de l’entrée, s’exerça à quelques sourires, mimant les gestes d’un homme s’apprêtant à parler affaires. 

Il tournait en rond dans le salon, remettant sans cesse en place les mêmes bibelots, examinant pour la nième fois le tableau endommagé par pauline qu’il avait fait restaurer à grand frais, quand, enfin, le carillon de la porte d’entrée tinta. Pétrifié, il s’essuya les mains avec son mouchoir et ouvrit la porte, sourire crispé sur les lèvres, tentant d‘adopter l’attitude maintes fois répétée d’un homme ravi d’accueillir des amis. Cette contenance n’abusa pas Pauline qui passa devant lui en le considérant d’un œil goguenard. Il tendit une main obséquieuse à l’auteur, Paul Jara, alias Quentin Jauréguy,  qui la serra vigoureusement.

Pauline avait déjà pris place sur l’ottomane, bientôt rejointe par Paul Jara. L’éditeur s’assit face à eux, le manuscrit entre les mains. Un silence pesant s’installa. Pierre Mazet proposa du thé qu’ils refusèrent, le laissant dans la position de celui qui devait entamer la conversation, sans savoir comment l’aborder.

A bout de patience, Pauline lança  un « Alors » qui le fit sursauter.

- J’ai lu attentivement le roman de Paul…Vous permettez que je vous appelle Paul ?

Il opina de la tête sans se départir de son sourire.

C’est bon pour un premier roman, mais je ne vous cache pas qu’il sera difficile de l’imposer au comité car en ce moment compte tenu de la conjoncture….

- Epargnez-nous ce discours de politicien ! Le coupa Pauline.

Il déglutit.

-- Vous n’êtes pas sans savoir qu’une grande partie des bonnes maisons d’éditions ont été rachetées par les mastodontes de la profession. A la direction de ces petits éditeurs, il ne reste que des salariés qui ne prennent plus le risque de soutenir un écrivain inconnu du public. C’est pour cette raison que les étagères des libraires regorgent de bouquins d’anciens footballeurs, d’acteurs de téléréalités, de politiciens, et autres écrivains qui font de la littérature aux kilomètres.

 Ce roman aurait beaucoup plus de chance… Il s’arrêta comme à bout de souffle…. si son auteur était quelqu’un de célèbre, du moins  reconnu en littérature.

Un sourire sarcastique s’inscrit sur les lèvres de Pauline.

- Comme vous par exemple.

- Oui…par exemple. Dit-il d’une voix imperceptible.

- Vous plaisantez, je suppose !

Il les regarda tour à tour puis baissa la tête comme un enfant qui allait avouer une quelconque  faute.

- J’ai une proposition à vous faire.

Il prit une longue inspiration, se tritura les mains.

- Voilà, je peux vous donner deux-cent-mille Euros, si vous me cédez le manuscrit, et un intéressement substantiel sur l’à-valoir et les droits d’auteur.

Ils se dévisagèrent, effarés.

-- Vous parlez sérieusement ?

-- Oui.

Consciente de la honte qui étreignait le grand écrivain de proposer une offre aussi dégradante que s’approprier l’œuvre d’un autre, Pauline le dévisagea, effarée. Elle ne comprenait pas qu’un homme de sa trempe  se résignât à une telle infamie.

 Se redressant brusquement, elle lui retira le manuscrit des mains et intima à Paul Jara de la suivre. Celui-ci surpris par le ton se précipita. Sur le seuil de la porte d’entrée, elle l’observa, un air de dégoût sur le visage.

-- Nous devons en parler entre nous. Je vous appellerai pour vous faire part de notre décision.

Il hocha une tête pitoyable à voir.

Parvenus sur le trottoir, Pauline regarda Quentin les yeux écarquillés.

-- Tu arrives à y croire ?

-- C’est vrai que c’est plutôt surprenant, répondit-il en souriant. Tu as été parfaite dans le rôle de la femme scandalisée.

-- Nous allons demander à Claude ce qu’elle en pense.

Ils prirent la direction du boulevard. Il lui enlaça les épaules. Elle appréciait ce geste, sans imaginer un autre sentiment que leur amitié.

Bientôt le chapitre VI... 

 

 

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