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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 13:46
Ma chronique littéraire (Impartiale ou presque)

Dimanche 11 septembre 2016

Black Messie de Simonetta Gréggio

Ce roman se voudrait être un polar de la même veine que le silence des agneaux, le formidable roman de Thomas Harris. Mais c'est raté.

Pourtant tous les ingrédients sont présents et même trop présents. C'est comme lorsque vous faites une mayonnaise et que vous y mettiez trop d'huile ou trop de moutarde. Je sais ce n'est pas très littéraire. Mais ne parle t'on pas de "recette" pour faire un bon roman, alors la mayonnaise pourquoi pas !

L'auteur adopte un style tweeter des phrases en cent quarante caractères qui n'ont souvent aucun sens. Mais ça fait jeune.

Il y a le flic fatigué en proie à des problèmes personnels insolubles, le suspect qui arrive d'Amérique avec sa fille en Toscane après que sa femme a été assassinée dans des conditions mystérieuses, des jeunes femmes assassinées avec des fleurs dans la bouche pour l'intrigue, quelques organes en moins pour l'horreur, le flic fatigué qui tombe amoureux d'une prostituée.... et puis survient, aussi stupéfiant que l'apparition de Bernadette dans sa grotte, Charles Manson et le meurtre de Sharon Tate en 1969. Au théâtre nous appelons cela "deus ex machina" Stratagème qui consiste à faire intervenir un personnage ou une divinité pour dénouer l'intrigue

On secoue le tout et ça donne un roman raté, fait de bric et de broc mais qui se vendra tout de même grâce au talent mercantile de la maison Stock.

Remerciez-moi je vous ai fait économiser 19, 50 Euros.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 23:21
Le dessein tragique du Calife Ottoman

Le 8 septembre 2016.

Le mois de juillet a vu ressurgir l'hégémonie de la Turquie dans une région dévastée par les conflits. Le nouveau Calife du pays a immédiatement perçu le bénéfice qu'il pouvait tirer de la création d'un Etat islamique (DAESH) en Syrie et en Irak pour se débarrasser une bonne fois pour toute de son cauchemar : Les Kurdes.

Pour satisfaire sa sinistre entreprise, selon un plan parfaitement synchronisé, le fin stratège Recep Erdogan fournira aux jihadistes (combattus par les milices kurdes) aides matérielles et logistiques.

Et viendra la formidable opportunité des réfugiés.

Atterrés par la montée en puissance des mouvement xénophobes les gouvernements européens offriront à l'autocrate turc l'occasion d'exercer le pire des chantages. Pour trois milliards d'Euros, mais pas seulement, il parquera sur le territoire turc tout migrant aspirant à rejoindre l'Europe.

TROIS MILLIONS de MIGRANTS PRIS en OTAGE.

Seconde partie du plan :

ERADIQUER l'ennemi intérieur.

En faisant courir la rumeur qu'une purge va intervenir incessamment au sein de l'armée (garante d'un état laïc) Erdogan provoque le putsch raté de juillet. Affolés les militaires fomenteront un coup d'état bâclé n'ayant aucune chance d'aboutir. La purge stalinienne est en branle et nos valeureux dirigeants européens voient avec effroi sur les écrans des hommes entravés, manifestement torturés.

Ils ne réagiront pas. Sacrifiant militaires, journalistes, professeurs, étudiants, tout ce que la Turquie compte d'intellectuels contestant l'autorité du Raïs, afin de ne plus voir ces hordes de sauvages déferlées sur l'Europe et ruiner leur réélection.

Troisième phase du plan :

Les ennemis d'hier deviennent les amis d'aujourd'hui ou Trois dictateurs en campagne.

Afin de poursuivre la traque des kurdes, le Calife d'Ankara n'hésite pas à se rapprocher de l'ennemi d'hier. Il est pas inutile de rappeler que la Turquie a abattu un avion de chasse russe.

Avec l'accord de son nouvel ami, Erdogan envahi la Syrie avec ses chars et bombarde les positions des milices kurdes (et occasionnellement des Jihadistes) pourtant alliées des Etats-Unis et de la France dans la guerre contre DAESH. Il n'en n'a cure, convaincu que les européens fermeront les yeux craignant qu'il libère les otages, pardon... les migrants.

Ainsi l'Autocrate Turc est gagnant sur toute la ligne, membre de l'OTAN, soutenu par la Russie laquelle protège le tyran Bachar el assad , il combat les alliés des occidentaux sans que ceux-ci ne répliquent. La duplicité a toujours été la marque de fabrique des dirigeants turcs, il ne manque plus que les Etats-Unis bannisse Fethullah Gülen* pour que la victoire soit totale.

*Opposant à Erdogan réfugié aux Etats-Unis depuis 1999.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 09:39
Les Mortes-Eaux
Les Mortes-Eaux

Dimanche 21 août 2016

Les Mortes-Eaux.

Le bouquin que j'ai emmené sur la plage.

Je n'ai jamais tenté de persuader qui que ce soit à jeter tel ou tel ouvrage à la poubelle. J'estime que si l'on s'adonne à la lecture, c'est toujours ça de pris sur les conneries que la populace est amenée à voir à la télé.

Au sein de notre démocratie littéraire chacun peut lire ce qu'il souhaite, hélas. C'est ainsi que sur la plage j'ai vu un vacancier, au corps mou, rougi par le soleil d'août, devant une "œuvre" intitulée "Zlatan" (le footballeur) une autre, arborant une poitrine à damner un saint, une main agitée dans son slip de bain, hypnotisée par un ouvrage dont le titre évocateur était "After" Il semblerait que le Marquis de Sade, embastillé, a écrit quelques siècle auparavant un roman intitulé " Justine ou les malheurs de la vertu" Quelques lignes autrement plus érotiques et inspirées.

Malheureusement, à notre époque les livres se vendent comme des paquets de lessive, entre les rayons poissonnerie et charcuterie. Le marquis aurait apprécié.

Après ces lignes écrites à l'acide je voulais vous entretenir d'un roman intitulé "Les Mortes-Eaux" écrit par un certain Michael Hurley, édité par Denoël. Maison d'éditions à la recherche d'un "best seller" depuis quelque années. Sans succès. Ainsi, c'est un effet de mode ou plutôt financier , de dénicher l'œuvre rare, venue de l'étranger, laquelle assainira les finances de la maison d'éditions et permettra à sa directrice de ne pas se faire virer.

"Les Mortes-Eaux" est un roman pour le moins étrange . Entre fantastique et surnaturel où la nature joue un rôle maléfique. C'est l'histoire d'une famille ultra-catholique dont un des enfants est demeuré. Cela se passe dans le "Honey" une région du nord de l'Angleterre que l'on peut assimiler à l'Enfer de Dante. Voire Pire.

Les personnages sont des fanatiques du Dieu des chrétiens que l'on pourrait assimiler aux salafistes. Leur existence est mysticisée (pardon pour ce néologisme) par des rites poussés à l'extrême que même le prêtre de la paroisse réprouve.

Si le roman est bien écrit ou bien traduit, l'auteur semble dépassé par les évènements. Il ne va pas jusqu'au bout de l'horreur et se perd dans des digressions, suggérant une fin timide qui laisse le lecteur dans l'expectative. Dommage. A lire tout de même.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:44
On vous emmerde !
On vous emmerde !

Dimanche 26 juin 2016

De tous temps la corruption a été la lèpre de la Démocratie. L’on vient d’en avoir encore un exemple au cours d’une session de nos « vertueux » parlementaires au sujet de l’interdiction des pesticides « tueurs d’abeilles » et de la culture des palmiers à huile de palme.

Nos valeureux parlementaires ont une nouvelle fois renvoyé aux calendes grecques l’interdiction des « néonicotinoïdes » ce poison tueur d’abeilles et autre bestioles indispensables pour la régénération des plantes, arbres, fleurs etc….

C’est comme si l’on détruisait le sperme des humains.

Les lobbies ont encore gagné à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes. Certes elles n’apparaitront pas sur le compte en banque des corrompus, mais prendront la forme de quelque cadeau ou voyage exotique pour prouver que la planète ne se porte pas aussi mal que ça.

Les corrupteurs éviteront les zones où la déforestation bat son plein pour laisser place aux palmiers qui produisent l’huile dont les effets font aussi débat sur la santé de nos chères têtes blondes.

Mais qu’importe la pâte dont elles (les têtes blondes) enduisent leurs tartines pourvu que la firme engrange des bénéfices.

Les orangs outangs et autres gibbons peuvent aller copuler ailleurs, les petits propriétaires terriens africains disparaître, Bolloré et ses associés belges n’en n'ont cure, le fric rentre dans les caisses.

Messieurs les corrompus bonsoir !

Il y a longtemps que je ne vous ai pas gratifié d'une citation :

Leurs convictions ne valent que par l'épaisseur de leur portefeuille. E.D.

Une autre pour la route en ces temps où le ballon rond fascine les foules :

Le football est un sport individuel qui se joue à onze. E.D.

Doit-on voir en l'élimination honteuse de l'équipe de la perfide Albion le châtiment de la justice divine ? A condition de croire en Dieu évidemment ! Ou naïvement, ont-ils cru que le brexit les excluait également de la compétition ?

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 10:06
charles Baudelaire, le Dante d'une époque déchue...
charles Baudelaire, le Dante d'une époque déchue...

Vendredi 3 juin 2016.

~~ Les postures

Bon nombre de sujets de société se retrouvent relégués aux oubliettes parce qu’ils ne recueillent pas l’approbation du vulgum pécus. Ce peuple de l’ombre dont quelques magiciens de la manipulation accouchent de sondages ad hoc au moment opportun. Sondages dont les questions savamment orientées ne peuvent qu’apportées les réponses attendues des géniteurs de ces enquêtes d’opinion qui régissent la bonne marche de notre nation.

Ainsi bon nombre de candides se retrouvent pris au piège de questions auxquelles ils ne peuvent que donner l’avis de la vox populi. Vox populi, vox Dei (la voix du peuple est la voix de Dieu) que je détournerai en « la voix du peuple est la voix de son maître » Dieu, de nos jours étant remplacé par quelques thaumaturges populistes surfant sur l’ignorance (ou la bêtise) d’une populace confrontée à un bombardement d’informations tel un tir d’artillerie concentré sur une cible dénommé cerveau.

Une des postures des têtes bien pensantes de notre démocratie concerne le cannabis, l’herbe, la marijuana, le chanvre, le haschisch, le kif.....peu importe le nom que l’on veut bien attribuer à cette substance à laquelle nos plus illustres écrivains, peintres, poètes, scientifiques…. du dix-neuvième siècle se sont adonnés avec allégresse.

Des hommes illustres fréquentèrent le club des Haschischins créée en 1844 par le docteur Jacques-Joseph Moreau. Ils se nommaient Alfred de Musset, Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Honoré Daumier, Eugène Delacroix, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Honoré de Balzac….Les plus beaux fleurons de nos intellectuels dont les noms pavoisent nos écoles, nos places, nos rues… dont les œuvres font la gloire de notre pays et sa renommée à travers la planète.

Charles Baudelaire consacrera un ouvrage paru en 1860 intitulé « les paradis artificiels » Est-ce sous l’effet du haschisch que le poète couchait sur le papier dans une orgie d’imagination les vers sublimes des Fleurs du Mal ? Il prétendit que non.

Ainsi les politiciens de tous bords maniant avec autant de cynisme l’hypocrisie et le mensonge, font la fortune de la pègre comme au temps de la prohibition, et l’on apprend que le plus important trafiquant d’Europe était un « indic » du directeur de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illégal des Stupéfiants. L’O.C.R.T.I.S.

Avec son cortège de morts consécutif aux règlements de compte entre dealers pour la possession dérisoire d’une cité, d’une rue, ou d’un quartier les politiciens font la fortune des trafiquants internationaux. Sont-ils complices ?

Tant que les lavés du cerveau font là où les politiciens leur disent de faire, les dealers peuvent dormirent tranquilles (kalachnikov à portée de main tout de même)

Mémoire d'artiste :

Les synapses en fusion sous l’intense activité des neurones, exaltés par les effluves du haschisch qu’il avait mélangé au tabac blond de sa cigarette, il écrivit en quelques minutes les vers les plus sublimes qu’il m’avait été donné de lire que je mis en musique sur l’instant, ainsi naissaient « Les mots bleus »

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 22:21
La leçon de philosophie selon Finfielkraut
La leçon de philosophie selon Finfielkraut

Le mercredi 11mai 2016

Il y a une question qui me revient sans arrêt à l'esprit (ou qui me taraude, pour faire plus littéraire) : Qu'est-ce qu'un philosophe ?

Est-on philosophe parce qu'on le décrète, que l'on a lu Platon, Aristote, Leucippe de Milet, Ovide, Sénèque, Plutarque, Pascal, Spinoza, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Tocqueville, Nietzsche, Sartre. Je pense que je vais m'arrêter là, et pardon à ceux que je n'ai pas cités, parce qu'il y a pléthore de candidats, et tous ne sont pas dignes de cet honneur notamment un certain Finkielkraut.

La première qualité d'un philosophe est de questionner, douter, formuler une hypothèse que ses confrères ne manqueront pas de contredire ou même railler.

Or cet énergumène (Finkielkraut) ne doute pas. La police a raison. le manifestant a tort. Pour cet énervé cathodique, souffrant d'ataxie, l'incertitude n'existe pas parce qu'il est. (pour paraphraser Nietzsche)

Mais qu'allait-il faire place de la République ? Ecouter ? Tentait-il dans une vaine entreprise médiatique chercher une popularité qui le fuit et tenter faire rebondir la vente de ses écrits, lesquels en auraient bien besoin. Non il y allait pour constater, selon ses dires, la vacuité des pensées de ces doux rêveurs qui poussent la désinvolture jusqu'à ignorer le génie qu'il pense être. D'où sa colère médiatique.

De dépit que cette vermine gauchiste ne saluasse pas son génie, sa colère s'est abattue sur les manifestants comme la foudre ou plutôt comme les matraques des C.R.S. Car qui ne pense pas comme lui ne peut être qu'un illettré et mérite le coup de bâton ou de pied.

Il serait temps que cet infatué se rende compte qu'il n'est invité sur les plateaux de télévision que pour une bonne raison : C'est un bon client. Avec lui on est sûr de passer un bon moment de rigolade. Pour la philosophie c'est loin d'être gagné.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 10:51
Ma critique littéraire (impartiale ou presque)

Le mardi 10 mai.

Dans un monde ou la lecture est devenu un passe-temps archaïque, tant ce qu'il nous est donné de voir sur les écrans plats de nos salons est enrichissant, telle l’émission d'une haute portée culturelle "Ne touche pas à mon poste" présentée par un hystérique dont le haut fait d'arme, est d'avoir immortalisé cette phrase devenue culte "Quand il pète il troue son slip" je vous soumets humblement quelques opus que vous pourriez consulter pendant les pages publicitaires vantant les bienfaits des laxatifs Hanouna.

Trois jours et une vie : Pierre Lemaitre.

Prix Goncourt avec "Au revoir là-haut" que je considère comme un chef d'œuvre. Je l'avais vivement recommandé.

Malheureusement, je suis beaucoup plus circonspect concernant ce dernier ouvrage. Le maître (du polar) semble avoir perdu sa spontanéité, cet allant situé entre tragique et comique qui en fait un conteur irrésistible. J’ai eu l’impression d’un livre « sur commande » imputable à la tyrannie d’un éditeur impatient ou cupide (ou les deux) où l’écriture d’habitude si fluide semble forcée.

Á lire tout de même.

Golem : Pierre Assouline

Décevant. Pourtant j’aime bien Assouline, mais là, cette histoire alambiquée d’un champion d’échecs dont les résultats exceptionnels sont dus à un cerveau trafiqué à son insu par un ami neurochirurgien, d’où le titre Golem, m’a laissé pour le moins perplexe.

On peut s’en passer.

Ce qu’il nous faut c’est un mort : Hervé Commère

J’ai acheté ce roman sur les conseils de mon libraire. Et je n’ai pas été déçu. L’intrigue, bien qu’il ne s’agisse pas d’un polar traditionnel, est très originale. On se prend à être solidaire des ouvrières de "Cybelle". Mais je n’en dis pas plus….A vous de vous faire votre opinion.

Á lire.

La prochaine fois je vous reparle d'un hystérique, philosophe autoproclamé, nommé Finkielkraut qui a tenté de se faire de la publicité sur le dos des "Nuits Debout"....Pas pour vous en dire du bien.....

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 13:35

Le 26 avril 2016

Le lendemain, je rencontrais Juanita Conception dans la cour, un seau dans une main, un balai brosse sur l’épaule, le visage serein des gens qui ont trouvé leur chemin de Damas.

Elle me salua aimablement, j’en fis de même, la gorge serrée.

- Vous avez passé une bonne nuit ? M’enquis-je

- Excellente ! Je suis allé retrouver mes amis de la Nuit Debout, pour leur apporter quelques victuailles. Rassurez-vous je ne suis pas restée trop longtemps…vu la besogne que j’ai à abattre ici !

Si vous voulez, ce soir je vous emmène, ça vous changera de vos soirées mondaines !

Je ne relevai pas le sarcasme. Me contentant, lâchement, d’accepter.

Le soir venu, je suivi donc cette cicérone new-look à travers Paris, pour nous retrouver parmi les Nuits Debout.

Il y régnait une atmosphère bon-enfant, de fête nimbée de relents de friture et de cannabis. Partout des gens assis écoutaient des orateurs improvisés dont le temps de parole était limité à trois minutes. Tous les sujets étaient abordés.

Nous arrivâmes sur un groupe de jeunes et remarquai la popularité de mon guide qui saluait à droite à gauche comme l’eut fait la reine d’Angleterre. Je supposais qu’elle avait relaté sa vie de misère à tout ce beau monde, d’où l’aura qui la nimbait à l’image d’une sainte, d’autant qu’elle venait d’Espagne où comme chacun le sait, les saints prolifèrent.

Ce fut un tout autre registre quand elle me présenta, et je sentis sur moi le poids des regards hostiles que l’on réserve aux exploiteurs de la misère humaine et pensai aussitôt aux lazzis de la foule à l'arrivée de Finkielkraut ( philosophe en mal d'auditoire) avant qu'il ne soit chassé manu-militari.

Dressant un rempart de son corps gargantuesque, entre ses amis, subitement menaçants, et ma modeste personne, elle déclara avec emphase : « Cet homme est sous ma protection, sa rédemption sera ma mission ! »

Un sillon de sueur froide coulait lentement le long de ma colonne vertébrale lorsque nous traversâmes une foule de visages suspicieux comme si j’émergeais de je ne sais quel pandémonium.

Arrivé devant la porte de sa loge, la matrone me toisa d’un air protecteur comme l’eut fait une mère maquerelle jaugeant une nouvelle pensionnaire. Je montais les escaliers comme un automate avec la sensation d’avoir laissé dans cette expédition nocturne le peu de considération que ce cerbère avait à mon égard, si elle en avait eue un jour.

A suivre.....

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 10:59
Place de la République
Place de la République

mardi 19 avril 2016.

Les Nuits Debout.

Le lendemain matin je la trouvais assise en bas de l’escalier, le regard perdu vers les géraniums qu’elle entretient avec une assiduité compulsive. Ne pouvant enjamber le corps imposant qui faisait obstacle à mon accession vers la sortie, j’étais dans l’obligation de m’excuser platement de la déranger pour passer. Elle jeta un regard endormi dans ma direction et fit un lent mouvement vers la rampe, me laissant à peine la place de poser un pied sur la marche où je me risquais tout en réitérant mes excuses.

Arrivé sur le pavé de la cour, je me retournais pour l’observer et constatais qu’elle présentait un visage ravagé par la fatigue. Ses yeux étaient cernés de bleu, ses bajoues pendaient lamentablement, ses lèvres étaient blêmes.

Surmontant la terreur que ce cerbère m’inspire, craignant une dépression, je me hasardais à prendre de ses nouvelles et lui demandais la raison de cet état de prostration dans laquelle je la trouvais.

- J’ai passé une nuit blanche, me dit-elle.

Assise face à moi, elle ressemblait un vieux tas de chiffons, d’où émergeait une tête de poupée fanée.

Redoutant quelque maladie je lui conseillais de consulter le morticole de notre quartier.

- C’est pas ça, s’insurgea-t-elle, les bajoues frémissantes, j’étais avec les Nuits Debout !

Je restais interdit, me demandant si j’avais bien compris. Incrédule, je la dévisageais.

- Ben quoi, j’étais place de la République, pour discuter avec des gens qui parlent d’autres choses que de la pluie et du beau temps, ou de la sex-tape de cet idiot de footballeur, s’exclama-t-elle avec une moue de reproche.

Il est vrai que la crainte qu’elle m’inspirait, me cantonnait à des phrases insipides lorsque je ne pouvais l’éviter et me trouvais face à ses énormes mamelles entre deux paliers.

- Vous croyez que ces gens se rassemblent uniquement pour faire la fête, ou qu’ils se sentent seuls et qu’ils n’ont rien à faire d’autre ?

Je restais silencieux, et l’imaginais au beau milieu de jeunes gens, applaudissant des deux mains les discours enflammés des visionnaires du monde de demain.

- Et qu’avez-vous retenu de cette nuit d’ivresse ? Risquais-je.

Elle me jeta un œil torve.

- Que rien ne va ! Il faut tout changer ! Mettre au pouvoir des gens neufs avec des idées neuves, basées sur l’humanisme et non le profit. Privilégier les projets communautaires. Rapprocher les peuples et non les opposer comme le font les dirigeants actuels pour assoir leur pouvoir.

- Ça ressemble fort à du communisme ! Lançais-je pour la titiller un peu, bien que je ne fusse pas complètement hostile à ce programme utopique.

- Ça ressemble à de la lucidité ! Rétorqua-t-elle, et c’est ce qui fait peur aux politiciens.

Indignez-vous lançait Stéphane Hessel ! L’Espagne, la Grèce, la France….petit à petit les gens prennent conscience que ça ne peut pas continuer comme ça, que l’on va droit à la catastrophe !

Sans que cette pensée m’ait effleuré l’esprit un instant, je découvrais que ma concierge était une révolutionnaire dans le sens étymologique du terme bien sûr, car je ne l’imaginais pas un pavé à la main, encore moins un cocktail Molotov.

Pris d’une empathie que je n’aurais jamais cru possible, je l’aidais à se relever et l’escortais jusqu’à sa loge où elle s’effondra sur le canapé dont les ressorts gémirent de concert avec un soupir à fendre l’âme.

A suivre....

Nos idées n'entrent pas dans vos urnes

Nos idées n'entrent pas dans vos urnes

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 14:56
Salut fasciste du Caudillo
Salut fasciste du Caudillo

Mercredi 23 mars 2016,

J’éprouve pour Juanita Conception Hernandez un respect à la hauteur de la crainte qu’elle m’inspire. Miraculeusement rescapé des traques franquistes, ce cerbère espagnol, arrivé en France peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dont les parents ont été fusillés par les troupes fascistes du Caudillo, a pour la démocratie une passion immodérée.

C’est une matrone dont le caractère est aussi changeant que l’opinion de la populace qu’elle fustige, notamment lorsque celle-ci s’enflamme pour les idées xénophobes du parti de la fille du borgne.

Ce matin-là je la trouvais sur le trottoir, devant le porche de l’immeuble qui abrite mon humble demeure, le menton posé sur les mains tenant son balai, dans une attitude d’extrême réflexion.

Les pavés brillaient comme un miroir, et son regard s’attardait sur le ruisseau d’eau claire qui coulait vers le trou noir de la bouche d’égout. Je m’apprêtais à franchir le seuil du porche, dans l’attitude d’extrême humilité qui me caractérise lorsque je croise ce cerbère, quand elle tourna subrepticement la tête de mon côté. Mouvement qui me statufia comme si j'avais croisé le regard de Méduse.

Elle observa mes chaussures, redoutant sans doute que je souille la cour qu’elle venait de laver à grande eau, puis elle leva la tête lentement et me fixa droit dans les yeux l'air inquisiteur.

- Vous rentrez bien tôt ! Me fit-elle, un léger soupçon dans l’intonation de sa voix, comme si elle craignait que je fusse renvoyé de mon travail et ne puisse assurer le montant du loyer.

Je m’approchais, un sourire contraint sur les lèvres et m’étonnais, avec toute la déférence qui convient, de son attitude extatique à la vue du ruisseau qui coulait à ses pieds. Ses bajoues commençaient à frémir, ce qui n’augurait rien de bon.

- Je pensais à la vie qui coule comme ce filet d’eau, pour disparaître dans un trou noir, quoique nous fassions pour en modifier le cours.

Je la considérais interloqué, ne sachant que répondre à cette considération hautement philosophique sur le temps qui s’écoule inexorablement et nous mène à la mort quoique nous entreprenions.

Que ce mince filet d’eau claire eût pour conséquence métaphorique de poser la question fondamentale de la destinée à cette femme que le malheur n’avait pas épargné me paraissait stupéfiant.

Sans entrer dans des considérations eschatologiques, je tentais de la rassurer en lui rappelant sa foi inébranlable en Dieu, lequel ne pouvait être insensible aux épreuves qu’elle avait traversées et ignorer sa dévotion sans faille.

Sans facétie, je faisais allusion à l’assiduité avec laquelle elle se rendait à l’office dès les premières lueurs de l’aube, et ceci par tous les temps, été comme hiver.

Loin de la réconforter, mes paroles la laissaient dubitative car elle m’avoua que la haine qu’elle ressentait envers ceux qui avaient martyrisé ses parents ne l’avait jamais quittée, malgré toutes les pénitences infligées par le prêtre de la paroisse. D’où sa crainte de se retrouver au Royaume d’Hadès en compagnie des assassins de ses parents, face au Caudillo en personne, le responsable d'une vie de malheurs et d'humiliations.

Imaginer celle qui dirigeait cet immeuble d’une main de fer se confronter avec le molosse à trois têtes m’arracha un sourire béat, que je réprimais aussitôt.

Sournoisement, je lui rappelais que le Caudillo était lui-même un fervent catholique, magnant il est vrai, le sabre et le goupillon avec la même cruelle dextérité.

- Le Diable peut prendre toutes les apparences ! Rétorqua-t-elle sèchement.

Intermède poétique

Gens du voyage,

Gens des nuages,

Gens de passage,

A travers nos villages

Comme les mirages,

Fuient vers d’autres rivages

Poursuivis des cris sauvages

D’une populace en rage.

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