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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 13:35

Le 26 avril 2016

Le lendemain, je rencontrais Juanita Conception dans la cour, un seau dans une main, un balai brosse sur l’épaule, le visage serein des gens qui ont trouvé leur chemin de Damas.

Elle me salua aimablement, j’en fis de même, la gorge serrée.

- Vous avez passé une bonne nuit ? M’enquis-je

- Excellente ! Je suis allé retrouver mes amis de la Nuit Debout, pour leur apporter quelques victuailles. Rassurez-vous je ne suis pas restée trop longtemps…vu la besogne que j’ai à abattre ici !

Si vous voulez, ce soir je vous emmène, ça vous changera de vos soirées mondaines !

Je ne relevai pas le sarcasme. Me contentant, lâchement, d’accepter.

Le soir venu, je suivi donc cette cicérone new-look à travers Paris, pour nous retrouver parmi les Nuits Debout.

Il y régnait une atmosphère bon-enfant, de fête nimbée de relents de friture et de cannabis. Partout des gens assis écoutaient des orateurs improvisés dont le temps de parole était limité à trois minutes. Tous les sujets étaient abordés.

Nous arrivâmes sur un groupe de jeunes et remarquai la popularité de mon guide qui saluait à droite à gauche comme l’eut fait la reine d’Angleterre. Je supposais qu’elle avait relaté sa vie de misère à tout ce beau monde, d’où l’aura qui la nimbait à l’image d’une sainte, d’autant qu’elle venait d’Espagne où comme chacun le sait, les saints prolifèrent.

Ce fut un tout autre registre quand elle me présenta, et je sentis sur moi le poids des regards hostiles que l’on réserve aux exploiteurs de la misère humaine et pensai aussitôt aux lazzis de la foule à l'arrivée de Finkielkraut ( philosophe en mal d'auditoire) avant qu'il ne soit chassé manu-militari.

Dressant un rempart de son corps gargantuesque, entre ses amis, subitement menaçants, et ma modeste personne, elle déclara avec emphase : « Cet homme est sous ma protection, sa rédemption sera ma mission ! »

Un sillon de sueur froide coulait lentement le long de ma colonne vertébrale lorsque nous traversâmes une foule de visages suspicieux comme si j’émergeais de je ne sais quel pandémonium.

Arrivé devant la porte de sa loge, la matrone me toisa d’un air protecteur comme l’eut fait une mère maquerelle jaugeant une nouvelle pensionnaire. Je montais les escaliers comme un automate avec la sensation d’avoir laissé dans cette expédition nocturne le peu de considération que ce cerbère avait à mon égard, si elle en avait eue un jour.

A suivre.....

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 10:59
Place de la République
Place de la République

mardi 19 avril 2016.

Les Nuits Debout.

Le lendemain matin je la trouvais assise en bas de l’escalier, le regard perdu vers les géraniums qu’elle entretient avec une assiduité compulsive. Ne pouvant enjamber le corps imposant qui faisait obstacle à mon accession vers la sortie, j’étais dans l’obligation de m’excuser platement de la déranger pour passer. Elle jeta un regard endormi dans ma direction et fit un lent mouvement vers la rampe, me laissant à peine la place de poser un pied sur la marche où je me risquais tout en réitérant mes excuses.

Arrivé sur le pavé de la cour, je me retournais pour l’observer et constatais qu’elle présentait un visage ravagé par la fatigue. Ses yeux étaient cernés de bleu, ses bajoues pendaient lamentablement, ses lèvres étaient blêmes.

Surmontant la terreur que ce cerbère m’inspire, craignant une dépression, je me hasardais à prendre de ses nouvelles et lui demandais la raison de cet état de prostration dans laquelle je la trouvais.

- J’ai passé une nuit blanche, me dit-elle.

Assise face à moi, elle ressemblait un vieux tas de chiffons, d’où émergeait une tête de poupée fanée.

Redoutant quelque maladie je lui conseillais de consulter le morticole de notre quartier.

- C’est pas ça, s’insurgea-t-elle, les bajoues frémissantes, j’étais avec les Nuits Debout !

Je restais interdit, me demandant si j’avais bien compris. Incrédule, je la dévisageais.

- Ben quoi, j’étais place de la République, pour discuter avec des gens qui parlent d’autres choses que de la pluie et du beau temps, ou de la sex-tape de cet idiot de footballeur, s’exclama-t-elle avec une moue de reproche.

Il est vrai que la crainte qu’elle m’inspirait, me cantonnait à des phrases insipides lorsque je ne pouvais l’éviter et me trouvais face à ses énormes mamelles entre deux paliers.

- Vous croyez que ces gens se rassemblent uniquement pour faire la fête, ou qu’ils se sentent seuls et qu’ils n’ont rien à faire d’autre ?

Je restais silencieux, et l’imaginais au beau milieu de jeunes gens, applaudissant des deux mains les discours enflammés des visionnaires du monde de demain.

- Et qu’avez-vous retenu de cette nuit d’ivresse ? Risquais-je.

Elle me jeta un œil torve.

- Que rien ne va ! Il faut tout changer ! Mettre au pouvoir des gens neufs avec des idées neuves, basées sur l’humanisme et non le profit. Privilégier les projets communautaires. Rapprocher les peuples et non les opposer comme le font les dirigeants actuels pour assoir leur pouvoir.

- Ça ressemble fort à du communisme ! Lançais-je pour la titiller un peu, bien que je ne fusse pas complètement hostile à ce programme utopique.

- Ça ressemble à de la lucidité ! Rétorqua-t-elle, et c’est ce qui fait peur aux politiciens.

Indignez-vous lançait Stéphane Hessel ! L’Espagne, la Grèce, la France….petit à petit les gens prennent conscience que ça ne peut pas continuer comme ça, que l’on va droit à la catastrophe !

Sans que cette pensée m’ait effleuré l’esprit un instant, je découvrais que ma concierge était une révolutionnaire dans le sens étymologique du terme bien sûr, car je ne l’imaginais pas un pavé à la main, encore moins un cocktail Molotov.

Pris d’une empathie que je n’aurais jamais cru possible, je l’aidais à se relever et l’escortais jusqu’à sa loge où elle s’effondra sur le canapé dont les ressorts gémirent de concert avec un soupir à fendre l’âme.

A suivre....

Nos idées n'entrent pas dans vos urnes

Nos idées n'entrent pas dans vos urnes

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 14:56
Salut fasciste du Caudillo
Salut fasciste du Caudillo

Mercredi 23 mars 2016,

J’éprouve pour Juanita Conception Hernandez un respect à la hauteur de la crainte qu’elle m’inspire. Miraculeusement rescapé des traques franquistes, ce cerbère espagnol, arrivé en France peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dont les parents ont été fusillés par les troupes fascistes du Caudillo, a pour la démocratie une passion immodérée.

C’est une matrone dont le caractère est aussi changeant que l’opinion de la populace qu’elle fustige, notamment lorsque celle-ci s’enflamme pour les idées xénophobes du parti de la fille du borgne.

Ce matin-là je la trouvais sur le trottoir, devant le porche de l’immeuble qui abrite mon humble demeure, le menton posé sur les mains tenant son balai, dans une attitude d’extrême réflexion.

Les pavés brillaient comme un miroir, et son regard s’attardait sur le ruisseau d’eau claire qui coulait vers le trou noir de la bouche d’égout. Je m’apprêtais à franchir le seuil du porche, dans l’attitude d’extrême humilité qui me caractérise lorsque je croise ce cerbère, quand elle tourna subrepticement la tête de mon côté. Mouvement qui me statufia comme si j'avais croisé le regard de Méduse.

Elle observa mes chaussures, redoutant sans doute que je souille la cour qu’elle venait de laver à grande eau, puis elle leva la tête lentement et me fixa droit dans les yeux l'air inquisiteur.

- Vous rentrez bien tôt ! Me fit-elle, un léger soupçon dans l’intonation de sa voix, comme si elle craignait que je fusse renvoyé de mon travail et ne puisse assurer le montant du loyer.

Je m’approchais, un sourire contraint sur les lèvres et m’étonnais, avec toute la déférence qui convient, de son attitude extatique à la vue du ruisseau qui coulait à ses pieds. Ses bajoues commençaient à frémir, ce qui n’augurait rien de bon.

- Je pensais à la vie qui coule comme ce filet d’eau, pour disparaître dans un trou noir, quoique nous fassions pour en modifier le cours.

Je la considérais interloqué, ne sachant que répondre à cette considération hautement philosophique sur le temps qui s’écoule inexorablement et nous mène à la mort quoique nous entreprenions.

Que ce mince filet d’eau claire eût pour conséquence métaphorique de poser la question fondamentale de la destinée à cette femme que le malheur n’avait pas épargné me paraissait stupéfiant.

Sans entrer dans des considérations eschatologiques, je tentais de la rassurer en lui rappelant sa foi inébranlable en Dieu, lequel ne pouvait être insensible aux épreuves qu’elle avait traversées et ignorer sa dévotion sans faille.

Sans facétie, je faisais allusion à l’assiduité avec laquelle elle se rendait à l’office dès les premières lueurs de l’aube, et ceci par tous les temps, été comme hiver.

Loin de la réconforter, mes paroles la laissaient dubitative car elle m’avoua que la haine qu’elle ressentait envers ceux qui avaient martyrisé ses parents ne l’avait jamais quittée, malgré toutes les pénitences infligées par le prêtre de la paroisse. D’où sa crainte de se retrouver au Royaume d’Hadès en compagnie des assassins de ses parents, face au Caudillo en personne, le responsable d'une vie de malheurs et d'humiliations.

Imaginer celle qui dirigeait cet immeuble d’une main de fer se confronter avec le molosse à trois têtes m’arracha un sourire béat, que je réprimais aussitôt.

Sournoisement, je lui rappelais que le Caudillo était lui-même un fervent catholique, magnant il est vrai, le sabre et le goupillon avec la même cruelle dextérité.

- Le Diable peut prendre toutes les apparences ! Rétorqua-t-elle sèchement.

Intermède poétique

Gens du voyage,

Gens des nuages,

Gens de passage,

A travers nos villages

Comme les mirages,

Fuient vers d’autres rivages

Poursuivis des cris sauvages

D’une populace en rage.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 11:32
Un socialiste au pouvoir au U.S.A ?
Un socialiste au pouvoir au U.S.A ?

Le vendredi 11mars 2016,

Je ne parle ni de délinquance, détournement de fonds, enrichissement personnel, népotisme, favoritisme et autres malversations auxquelles nos chers dirigeants sont tentés de succomber, et parfois succombent, mais ce qui devrait être également considéré comme un délit :

La trahison des électeurs.

Les quinquennats des deux derniers présidents sont les paradigmes flagrants du manquement aux engagements pris durant les campagnes présidentielles.

La tromperie est sévèrement punie par le code du commerce, pourquoi ne le serait-elle pas en politique.

Si l’on observe une émergence préoccupante de l’extrême droite, laquelle emploie les mêmes artifices mais en surenchérissant, si cela était encore possible, c’est que ces thaumaturges s’adressent à une population en détresse prête à avaler n’importe quelle couleuvre pourvue qu’on lui prédise que l’on va la sortir de la misère dans laquelle elle patauge.

La crédulité est, hélas, un mal récurrent qui se propage au sein d’une population souvent inculte, et maintenue dans cet état délibérément par les élites.

« L’ignorance des peuples c’est la chance des tyrans. » écrivais-je il y a des années. C’est resté d’une actualité brûlante.

Alors pensez-vous, tout est fini ! Il n’y a plus qu’à se résigner à voir un jour prochain la fille du borgne accéder au pouvoir suprême par la faute de ces tartufes qui ont pris nos bulletins de vote pour des blancs-seings.

Eh bien non ! Ici et là apparaissent des mouvements citoyens, des indignés peut-être guidés par l’ombre géante de ce jeune homme de Quatre-vingt-quatorze ans. Certes, ces mouvements sont encore disparates et désordonnés un peu comme pousse le blé dans un champ qui a été longtemps assolé, mais l’on sent les prémices d’une prise de conscience humaniste au sein de ces mouvements libertaires dont l’objectif est de ne plus laisser le destin du peuple entre les mains des politiciens de métier.

Ce phénomène s’étend dans une Europe, touchée par les crises successives que les « experts économiques » sont incapables d’endigués et même jusqu’aux États-Unis où un jeune homme de soixante-quatorze ans pourrait bien créer une énorme surprise.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 12:32
 Mort d'un enfant sur une plage turque
Mort d'un enfant sur une plage turque

Le lundi 22 février 2016,

J’avoue, j’avais foi en l’Europe. Bien qu’athée, je pensais que cette union de pays, pour la plupart à majorité catholique suivrait les recommandations de leur chef, un homme qui me semble plein de bon sens, je veux nommer ce bon François.

Il est à noter, une fois de plus, que ce sont ceux qui n’affichent aucune conviction religieuse qui se montrent les plus enclins à accueillir ces malheureux. Pourtant la photo de cet enfant mort sur une plage turque avait bouleversé le monde. Je pensais que cette mort horrible allait sauver ceux qui aspiraient, au risque de leur vie, à une existence si ce n’est heureuse, du moins décente.

Peut-on être heureux lorsque l’on a été chassé de son pays par la guerre, la faim, ou la pauvreté ? Mais non ! aussitôt oublié par les gazettes, la populace a remisé l’image dans un coin de sa mémoire comme l’on range une photo de famille gênante au fond d’un tiroir.

Que l’on ne me dise pas qu’une Europe de cinq cents millions d’habitants, première puissance économique mondiale, ne peut accueillir 1 ou deux millions de migrants.

L’Europe s’est refermée, comme une huitre. Une huitre atteinte d’une maladie qui s’appelle la peste brune. Les pleutres qui dirigent les pays de l’Union cèdent à ce que l’on appelle pudiquement « le populisme »

Déjà, l’on voit surgir sur les bancs de l’assemblée les élus de cette pandémie, ils prolifèrent comme les pustules de la maladie.

Déjà, des pays entiers sont atteints, comme la Hongrie, dirigée par un autocrate appelé Orban, un nom à faire froid dans le dos, qui claque comme le fouet.

Déjà, des hommes vêtus de tuniques brunes marchent au pas de l’oie dans les rues de Budapest, qui a pourtant connu les chars rouges, sous le regard embué de l’autocrate.

Déjà, des barbelés cernent l’Union à l’Est.

Déjà, des lois scélérates sont votées dans la précipitation comme au royaume du Danemark où l’on veut priver ces malheureux des quelques biens qu’ils possèdent.

Déjà, des manifestations orchestrées par les chemises brunes éclatent pour crier la haine de l’étranger et les expulser….ailleurs, l’on ne sait où.

Alors ils restent bloqués et survivent dans des conditions indignes, dans des camps de fortune, maudissant autant ce qui les a chassé hors de leur pays que ceux qui les accueillent comme des chiens galeux.

Ils n’oublieront pas.

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:44

Le mardi 2 février 2016.

En ce jour de nouvelle fronde d'éleveurs mécontents des prix de vente de leurs animaux, je ne résiste pas à la joie sadique de recycler un de mes articles sur le sujet.

Pourquoi me gênerais-je ?

Les tracteurs sont dans les rues, les avenues, les boulevards, les autoroutes, bloquant des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants en route vers des congés payés bien mérités. Mais ces manifestants en bottes de caoutchouc, dont le vulgum pécus comprend le désarroi, (du moins les échotiers le prétendent-ils) n'ont cure de bloquer les routes des vacances, estimant que leur sort vaut bien quelques heures passées dans un véhicule surchauffé.

Pour ma part j'aurai préféré les voir déverser quelques charretées de fumier devant les domiciles de Monsieur Bigard à Neuilly ou de Monsieur Besnier dans le très chic septième arrondissement de Paris, mais ces trublions ont gardé un respect ancestral envers leurs nouveaux seigneurs. Il est vrai que ces exploiteurs des temps modernes ont abandonné le droit de cuissage... quoique !

Alors ils s'en prennent au gouvernement, et mettent notre Casanova dans tous ses états, plutôt que faire preuve d'imagination et court-circuiter les gens qui (il est vrai) les volent en toute impunité. Vous allez me dire qu'il est compliqué de vendre un bœuf sur un marché parisien ou de traire une vache au beau milieu de la capitale. Mais avec un peu d'imagination et surtout de volonté c'est réalisable, sauf si le but ultime de cette chouannerie (cornaquée perfidement par la fille du borgne) n'était qu'ébranler le pouvoir de notre Casanova.

Je prenais connaissance de la fortune personnelle des dirigeants des sociétés que je citais plus haut : Emmanuelle Besnier : Lactalis (premier producteur laitier mondial) 16 milliards de chiffre d'affaires a 3,5 milliards sur son compte en banque personnel. Monsieur Bigard (Charal -Socopa) 600 millions. Deux exemples emblématiques, il ne sont pas les seuls. Je crains que nos amis éleveurs et producteurs de lait ne se soient trompés de porte.

J'en viens à vous conter la belle arnaque des fameux bonnets rouges bretons......

Il était une fois des éleveurs de porcs confinés dans le tréfonds du pays bigouden (là où les vieilles femmes portent des chapeaux en dentelle sur la tête) qui pestaient parce que personne ne voulait acheter leurs animaux, si ce n'est à vil prix en raison de la mauvaise qualité de ceux-ci, car nourris avec des aliments que même les humains ne mangeraient pas.

Pour remédier à ce qu'ils considéraient comme une injustice, ils décidèrent de faire abattre et dépecer leurs porcs par nos amis Teutons. Ceux-ci employant des travailleurs turcs payés en monnaie de singe comme chacun le sait.

Du coup les requins des usines alimentaires consentirent à mettre sur leurs étagères les porcs en question. Tout le monde semblait satisfait, requins, éleveurs, mangeurs de porcs, sauf les employés des abattoirs situés dans ce pays bigouden, qui du coup n'avaient plus de travail. Ce qui provoqua la faillite des abattoirs et la mise au chômage des employés (1200). Mais ceux-ci n'en voulurent pas à leurs compatriotes considérant que le seul responsable était notre Casanova en pleine scène de ménage avec l'hystérique de Paris-Match.

Pour montrer leur colère, ils se coiffèrent tous d'un bonnet rouge et sous la férule d'un Edile du pays bigouden, amateur de viande de porc, allèrent d'un même élan abattre les portiques posés sur l'autoroute qui conduit...... aux abattoirs Teutons.

En conclusion : Seule la qualité paye. Elever des animaux dans de mauvaise conditions, les gaver de produits chimiques dans des endroits confinés, surpeuplés, ne peut conduire qu'à la ruine.

Le jackpot (croyaient-ils) : Une truie a une portée en moyenne de 10 porcelets de 10 kg à la naissance (en moyenne) 6 mois plus tard (nourri dans les conditions que l'on imagine) le porcelet devenu porc pèse : 120 kg. Mieux que le loto !

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 14:35
Christiane Taubira

Le vendredi 29 janvier 2016,

Elle est née sous le soleil de Cayenne, là où Seznec injustement condamné a purgé une peine à perpétuité au sinistre bagne.

C’est peut-être cette injustice, un signe du destin, qui conduira, cette femme, issue d’une fratrie de onze enfants, que le père abandonna, à la tête de la Justice d’un pays dont elle ne se sentait pas l’enfant. Ou est-ce l’empreinte des pas des esclaves venus d’Afrique laissant une trace indélébile sur le sable des plages de la Guyane, comme dans sa conscience, qui ont ouvert la voie menant à la place Vendôme.

Pour paraphraser Victor Hugo « ad augusta per angusta » (par des chemins escarpés pour atteindre des sommets) elle deviendra la Ministre de la justice du pays des droits de l’homme sans pour autant renier ses convictions. Convictions qui la pousseront à la démission. « Résister c’est aussi partir. »

Femme puissante, le cuir tanné par les épreuves, elle assumera pourtant sa loyauté envers un homme inconstant. Ce fut son chemin de Damas tout au long duquel elle affrontera les prêcheurs de haine, les médiocres qui ne lui pardonnent pas une érudition devant laquelle ils sont désarmés. Plutôt que les haïr elle les plaindra.

Gageons qu’elle nous régalera encore de sa verve et de quelques vers d’Aimé Cézaire qu’elle aimait lancer à la figure des ignorants.

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:52

Le jeudi 21 janvier,

Je connais des gens d’une fatuité sans égale parvenus à des postes d’importance, obtenus par complaisance car dépourvus de talent sauf celui de dénigrer ou se moquer.

Ils se consolent de leur médiocrité en censurant les œuvres qu’ils sont incapables de créer et s’arrogent les lauriers des créateurs qu’ils ont brisés. Ce sont les critiques, les obscurs des comités de lectures, les faiseurs d’imposteurs, les éditeurs comptables, les producteurs cupides, les notables de la culture de salon.

Ils occupent le terrain des médias comme les courtisans, autrefois, la cour des rois avec la même servilité.

L’obsession de paraître est leur ostensoir.

On les rencontre aussi sur les salons qu’ils organisent à leur gloire, destinés à un parterre acquit à leur magnificence, tandis que les auteurs, humblement courbés sur leurs pupitres, apposent leurs dédicaces sur des ouvrages dont leurs maîtres accapareront les bénéfices. Les auteurs en tireront un succès éphémère, le temps que les œuvres d’autres créateurs, gonflés d’une même gloire fugace, les délogent de leurs piédestaux.

Les droits d'auteur sont plus ou moins de 10% (plutôt moins) soit 2 Euros brut pour une œuvre vendue 20 Euros.

Monsieur Gallimard a trois cents millions d’Euros sur son compte en banque.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 10:33
Bowie David

Lundi 11 janvier 2016,

La journée ne pouvait pas plus mal commencer : Bowie est mort.

Ça, ça fait vraiment mal. Tu as le sentiment d’avancer sur un champ de bataille, où tous les gens qui comptent tombent autour de toi, les uns après les autres, fauchés par la mitraille de la camarde (la salope)

Tu vas voir qu’un jour cette charogne va finir par avoir Aretha, et pourquoi pas Mike ou Tina.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 12:02
Les chimères
Les chimères

Le mardi 24 novembre.

Après chaque évènement tragique, et celui-ci l'est, je m'impose de ne jamais réagir sous le choc émotionnel du poids des évènements, aussi terribles soient-ils. Cela me permet, du moins je l'espère, d'éviter d'émettre des stupidités comme l'on en a entendues, vues, et lues, tout au long de cette semaine.

Les chimères.

Je relisais un passage des "Vies parallèles des hommes illustres" de Plutarque, quand me vint à l’esprit cette question à priori stupide : Quel parallèle peut-on faire entre un candidat au Jihad et un jeune militant d’un mouvement d’extrême droite.

Lorsque cette pensée m’est venue à l’esprit, je l’ai écartée d’emblée parce qu’au premier abord je ne pouvais y souscrire tellement c’était irrationnel. Et pourtant, plus je tentais de l’écarter plus elle s’insinuait et me glaçait parce que cette hypothèse m’apparaissait comme une évidence.

Quelles pouvaient être les motivations communes entre un aspirant djihadiste et un militant d’extrême droite ? A priori rien, si ce n’est le désir d’échapper à une vie de misère ou insignifiante.

Existe-t-il un lien entre l'existence d'un jeune délinquant, parsemée de trafics, de petits boulots, d’humiliations, issu de l’immigration vivant dans une cité de banlieue avec pour seule perspective la prison et celle d’un jeune paumé né dans une commune sinistrée du nord de la France, sorti de l’école à seize ans, inscrit à perpétuité au RSA puis au chômage, dont la vie se limite aux bars à bières et aux bastons du samedi soir ?

Si les chemins se séparent lors de l’endoctrinement, les motivations de la soumission à l'idéologie sont les mêmes :

En premier lieu la reconnaissance de leurs nouveaux maîtres. Pour la première fois de leur pauvre vie les endoctrineurs leur accordent de la considération en leur confiant une mission soit mourir pour le prophète soit devenir les soldats d’un ordre nouveau.

Pour ces deux catégories d’impétrants à la reconnaissance il existe des entreprises structurées dont la finalité est identique : Prendre le pouvoir.

L’une invoque des principes religieux de façade, l’autre une idéologie nationale socialiste déguisée en patriotisme. Leurs convictions religieuses ou politiques ne sont que des leurres qu’ils brandissent aux yeux des troupes fraîches, auxquelles ils inculquent quelques vagues notions politiques ou théologiques, histoire de paraître crédible.

Pour les uns c’est le mirage d’un Western moderne dans les dunes désertiques, juchés sur un 4x4 couleur sable, kalachnikov dans une main, drapeau noir dans l’autre, pour les autres le rêve en gardien d’une révolution totalitaire vêtu d’un uniforme vert de gris. Mais pour chacun c’est le rêve d’une vie d’aventure, l’espoir d’argent facile, de filles pâmées devant des êtres d’exception au charisme insoupçonné.

C’est ce que les manipulateurs leur feront croire pour les attirer dans leurs filets. La réalité sera tout autre :

Les uns retourneront à leurs bastons du samedi soir, s’abrutirent de mauvais alcool une fois leur « mission achevée » les autres finiront en charpie au milieu d’une foule d’innocents.

Le drapeau de la connerie n’a pas fini de flotter.

Sur Finkielkraut.

Je regardais hier ce philosophe auto-proclamé, bafouillant des inepties, assénant sa vérité sur la guerre de deux civilisations, jubilant quand un journaliste donnait le nom d’un musulman coupable d’actes terroristes, accablant Tarik Ramadan (absent) dont il ne supporte pas la contradiction et encore moins l’intelligence.

Je conseille à ce prétendu philosophe le livre de dialogues entre Edgar Morin et Tarik Ramadan animé par Claude-Henri du Bord : Au péril des idées.

Deux conceptions du monde et de la foi, deux philosophies de vie, qui ne demandent qu’à s’écouter.

Sur Michel Onfray.

Quelle déception, ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit. J'avais lu son "Traité d'athéologie" et les "Sagesses antiques" c'est remarquable d'intelligence et d'érudition. Mais pourquoi se fourvoyer dans cette impasse du choc des civilisations qui n'existe pas ? Est-ce par manque d'informations ou veut-il asséner sa vérité (lui aussi) pour prouver envers et contre tous qu'il détient une vérité qui n'est qu'illusion et fantasme.

L'armée islamique au Levant (Daesh) ne repose que sur des rapports à l'argent. Ces prophètes de pacotille surfent d'une part sur l'ignorance des troupes qu'ils recrutent et d'autre part sur la désespérance de ces pauvres hères qui arrivent du monde entier pour gagner quelques dollars. Un moudjahidine est rétribué à hauteur de 200 dollars par mois (une fortune pour la plupart d'entre eux) un expert en informatique propagandiste 700 dollars. Une armée de mercenaires au service d'Allah.

Baghdadi, l'Emir de l'Etat islamique au Levant et en Iraq et ses affidés, riches des dollars engrangés grâce aux trafics du pétrole, de la drogue, des armes, des antiquités et des femmes, sous couvert du Coran, ne mènent ce combat que pour assouvir une soif de pouvoir totalitaire, mettre en place une oligarchie salafiste.

Les hommes et les femmes qui combattent ne sont ni des soldats de Dieu ni des fanatiques, mais des suicidaires car ils savent que leur entreprise est vouée à l'échec. Mais à la manière des kamikazes ils la mènent jusqu'à l'extrême, on ne sait jamais..... si le paradis existait vraiment ! le quotidien ne leur aurait apporté que misère et souffrance.....Alors autant profiter pour un temps des Dollars, et des quelques femmes offertes.

Les gens qui ont entrepris les attentats de Paris ce 13 novembre en sont les produits, l'une d'elles tuée à Saint-Denis aimait la vie, faire la fête, boire de la vodka, rien de commun avec les préceptes de l'Islam radical. Les autres étaient incapables de citer une sourate du Coran. Aucune idéologie dans leur entreprise dévastatrice, si ce n'est la mort de gens heureux et la leur.... désirée. Cependant, suffisamment lucides pour se douter que le Paradis et ses Houris aux grands yeux noirs ne sont que des chimères.

Le roman d'un insomniaque
Le roman d'un insomniaque

Le mardi 8 décembre,

Petit aparté entre les deux tours des régionales où comme il fallait le craindre le parti de la fille du borgne a engrangé un indéniable succès. Mais, au risque de vous surprendre je m'attendais à pire. Alors attendons le deuxième tour.

Je voulais vous entretenir de ma lecture du moment. Il s'agit de l'ouvrage qui a remporté le prestigieux prix Goncourt 2015.

Ce livre signé Mathias Enard dont le titre est Boussole (pas très original) est la rêverie d'un vieux musicologue qui ressasse ses voyages en Orient lors d'une nuit d'insomnie, et sa déception de ne pas avoir "baisé" la jeune femme (Sarah) qui l'accompagnait lors de ses pérégrinations.

Si le récit est truffé de références musicales et littéraires et géographiques et archéologiques, au point que j'ai eu l'impression durant sa lecture d'être totalement inculte, il n'en est pas moins assommant. C'est un étalage de culture ad nauseam "comme une épaisse couche de Nutella sur une tartine de pain" dixit ma concierge lorsque, maladroitement sans doute, je tente de lui inculquer mon pauvre savoir.

Mais revenons à ce prix Goncourt attribué à Mathias Enard, édité par Acte Sud, dont je m'efforce de poursuivre le laborieux récit de ce vieux radoteur viennois, par ailleurs hypocondriaque.

Soudain, Alors que j'étais submergé par une somnolence irrépressible, je tombai, page 229, sur cette phrase que je livre à votre sagacité littéraire :

Moussa Tamboura sera finalement capturé le 24 mai 1916 avec la majeure partie de son escouade, devant la cote 304,que dix mille soldats viennent de mourir pour défendre en vain.

Vous ne pouvez pas savoir la joie sadique qui m'a submergé lorsque j'ai lu ces lignes.

Méduse : Ne la regardez pas dans les yeux. N'écoutez pas son chant.
Méduse : Ne la regardez pas dans les yeux. N'écoutez pas son chant.

Le mardi 15 décembre.

Les Gorgones. Filles de créatures marines.

On les représentait sous la forme de femmes à la chevelure faite de serpents entrelacés, parfois dotées d’ailes.

Elles vivaient près du pays des Hespérides aux confins de la Libye, et s’appelaient :

Euryale.

Sthenô : La puissante.

Méduse : la seule mortelle.

Outre son aspect repoussant Méduse était dotée d’une arme redoutable : Ses yeux grands ouverts qui lançaient des éclairs, pétrifiant ceux qu’ils fixaient (les électeurs)

Selon la légende Méduse aurait été une belle jeune fille. Athéna, jalouse, l’aurait transformée en une créature abjecte.

Cependant, malgré son aspect répugnant Méduse n’en eut pas moins Poséidon (Myrmidon 1er) comme amant.

Quand l’actualité rejoint les légendes antiques.

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