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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 22:14
Victor ORBAN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les tyrans.

Au sein des officines du Prêt-à-penser                                                        

Où méditent des idéologues madrés                                                           

 De pauvres hères mus par l’instinct grégaire                                              

 Endossent sans vergogne des idées délétères,                                           

 Coulées dans le moule vénéneux de la haine.                                            

Parés de ces idées, ils vont dans l’arène                                                      

Tous fiers et pleins de fureur, le menton dressé,                                         

Lever des yeux embués vers leur maître-à-Penser                                       

Coup d’État.

Abreuvés de promesses et de vains espoirs                                     

Menée par d’infâmes reîtres vêtus de noir                                       

La rue pleine de haine vient se repaître

Du sang de ses anciens maîtres.                                                       

Soumis, la tête basse, le peuple mystifié,                                                                

Rongé par le remords, demande pitié                                                          

Aux bourreaux,  les mains encore rouge de sang.                                       

Il est trop tard, pour le salut des innocents                                                 

Car le joug fatal pend au cou des esclaves                                      

Dont les pas alourdis accablés d’entraves,

Mènent à l’échafaud ou brille la lame.

A genoux ils prient pour le salut de leur âme.

En rage le peuple lance des insultes

Hilare,  la fille du borgne exulte.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 14:56
Salut fasciste du Caudillo
Salut fasciste du Caudillo

Mercredi 23 mars 2016,

J’éprouve pour Juanita Conception Hernandez un respect à la hauteur de la crainte qu’elle m’inspire. Miraculeusement rescapé des traques franquistes, ce cerbère espagnol, arrivé en France peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dont les parents ont été fusillés par les troupes fascistes du Caudillo, a pour la démocratie une passion immodérée.

C’est une matrone dont le caractère est aussi changeant que l’opinion de la populace qu’elle fustige, notamment lorsque celle-ci s’enflamme pour les idées xénophobes du parti de la fille du borgne.

Ce matin-là je la trouvais sur le trottoir, devant le porche de l’immeuble qui abrite mon humble demeure, le menton posé sur les mains tenant son balai, dans une attitude d’extrême réflexion.

Les pavés brillaient comme un miroir, et son regard s’attardait sur le ruisseau d’eau claire qui coulait vers le trou noir de la bouche d’égout. Je m’apprêtais à franchir le seuil du porche, dans l’attitude d’extrême humilité qui me caractérise lorsque je croise ce cerbère, quand elle tourna subrepticement la tête de mon côté. Mouvement qui me statufia comme si j'avais croisé le regard de Méduse.

Elle observa mes chaussures, redoutant sans doute que je souille la cour qu’elle venait de laver à grande eau, puis elle leva la tête lentement et me fixa droit dans les yeux l'air inquisiteur.

- Vous rentrez bien tôt ! Me fit-elle, un léger soupçon dans l’intonation de sa voix, comme si elle craignait que je fusse renvoyé de mon travail et ne puisse assurer le montant du loyer.

Je m’approchais, un sourire contraint sur les lèvres et m’étonnais, avec toute la déférence qui convient, de son attitude extatique à la vue du ruisseau qui coulait à ses pieds. Ses bajoues commençaient à frémir, ce qui n’augurait rien de bon.

- Je pensais à la vie qui coule comme ce filet d’eau, pour disparaître dans un trou noir, quoique nous fassions pour en modifier le cours.

Je la considérais interloqué, ne sachant que répondre à cette considération hautement philosophique sur le temps qui s’écoule inexorablement et nous mène à la mort quoique nous entreprenions.

Que ce mince filet d’eau claire eût pour conséquence métaphorique de poser la question fondamentale de la destinée à cette femme que le malheur n’avait pas épargné me paraissait stupéfiant.

Sans entrer dans des considérations eschatologiques, je tentais de la rassurer en lui rappelant sa foi inébranlable en Dieu, lequel ne pouvait être insensible aux épreuves qu’elle avait traversées et ignorer sa dévotion sans faille.

Sans facétie, je faisais allusion à l’assiduité avec laquelle elle se rendait à l’office dès les premières lueurs de l’aube, et ceci par tous les temps, été comme hiver.

Loin de la réconforter, mes paroles la laissaient dubitative car elle m’avoua que la haine qu’elle ressentait envers ceux qui avaient martyrisé ses parents ne l’avait jamais quittée, malgré toutes les pénitences infligées par le prêtre de la paroisse. D’où sa crainte de se retrouver au Royaume d’Hadès en compagnie des assassins de ses parents, face au Caudillo en personne, le responsable d'une vie de malheurs et d'humiliations.

Imaginer celle qui dirigeait cet immeuble d’une main de fer se confronter avec le molosse à trois têtes m’arracha un sourire béat, que je réprimais aussitôt.

Sournoisement, je lui rappelais que le Caudillo était lui-même un fervent catholique, magnant il est vrai, le sabre et le goupillon avec la même cruelle dextérité.

- Le Diable peut prendre toutes les apparences ! Rétorqua-t-elle sèchement.

Intermède poétique

Gens du voyage,

Gens des nuages,

Gens de passage,

A travers nos villages

Comme les mirages,

Fuient vers d’autres rivages

Poursuivis des cris sauvages

D’une populace en rage.

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