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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 12:01

Le dimanche 7 mars

Ou comment se débarrasser d'un opposant (encombrant) sans poison.

La méthode africaine a cela de bon c'est qu'elle n'attente pas à la santé de l'impétrant à la destitution. Il suffit de le discréditer et le jeter en pâture à la vindicte populaire, notamment s'il est réputé incorruptible. Qualité atypique vous en conviendrez sur le continent.

Ousmae Sonko

Or ce pauvre Ousmae a commis une faute de débutant lorsque l'on est le principal opposant au Président du Sénégal qui on s'en souvient,  s'est débarrassé du Maire de Dakar. Ousmae n'a pas trouvé mieux qu'aller se faire masser dans un salon au nom évocateur de "Sweet Beauté" Il en est ressorti, non pas frais et détendu, mais  avec une accusation de viol sur le dos par l'une des employées. Vrai, faux ? la réputation de l'homme politique est entachée à jamais. Mais toujours est-il que l'objet du délit n'est pas anodin, de nos jours, le viol est un sujet brûlant d'actualité qui ne peut que ravaler Sonko au niveau des violeurs qui ont fait le "buzz" ces dernier temps.

Or j'ai remarqué que ces temps-ci il ne faisait pas bon d'être opposant :

Au Bénin : Rekia Madougou ex-Ministre est accusée de terrorisme et d'avoir fomenté un complot de grande ampleur selon les termes du Ministre actuel de la Justice.

Au Tchad : L'opposant Yaya Dillo Dje-ou est accusé de meurtre et de complicité d'enlèvement.

Au Mali : l'opposant Boubou Cissé est soupçonné de complot contre l'état.

En RDC (République DEMOCRATIQUE du Congo) Vital Kamerhe (ami de l'ancien Président) est accusé de détournement de fonds.

Poutine et Erdogan font des émules et je crains que cela ne donne des idées (malsaines) à quelques Autocrates en devenir.

 

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 10:42

Samedi 27 février

Ben Salman

Certes Ben Salman ne passera jamais devant un Tribunal, il ne sera jamais condamné, mais grâce au courage de Joe il est marqué au fer rouge de l'infamie :

Le Président a VALIDÉ la responsabilité du Prince du  meurtre atroce de Jamal Khashoggi.

Quel chef d'état osera demain  serrer une main couverte du sang du journaliste du Washington-Post.

Justice n'est pas faite, mais c'est un grand pas dans sa direction.

C'est ça l'Amérique que j'aime !   

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 12:05

14 février 2021

A l'assaut du Capitole, les représentants de la nouvelle Amérique saccagent les locaux du congrès.

L'on peut remarquer cette lueur d'intelligence qui brille sur leur visage et ne trompe pas quant à la qualité de leurs facultés mentales. Cela rappelle NOS gilets jaunes. 

Après avoir émis des doutes sur la victoire de Joe Biden, la fille Lepen, soutient indéfectible de l'accroc à Twitter, a pris ses distances avec les énergumènes qui ont pris au pied de la lettre les délires de leur chef aux cheveux orange. C'en était trop, il faut bien veiller à sa crédibilité lorsque l'on désire accéder à la fonction suprême.  Trump et Poutine cela fait un lourd fardeau pour grimper les marches de l'Elysée.

L'admiration qu'elle porte à Poutine, lui vaut tout de même quelques sarcasmes, sans entamer pour autant sa popularité. Auprès de quelle population ? c'est la question que je pose. Des démocrates ?  

L'on savait l'extrême droite friande d'autodafés, soucieuse de tirer un trait sur le passé, elle réclame à grand renfort de publicité, l'accès à la culture et la réouverture des musées...  

Lorsque je jette un regard sur les sondages dont les instituts nous abreuvent à l'approche de l'élection, j'ai un doute sur la faculté d'analyse de mes compatriotes. 

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 11:35

Vendredi 8 janvier 2021 

Les Ministres de Trump avaient pour habitude de se moquer des Présidents africains qui s'accrochaient désespérément à leur poste, leurs privilèges.

Peu d'entre eux ne sont allés aussi loin dans la démagogie que ce personnage inclassable. Déjà lors de son élection surprise (merci Poutine) j'entrevoyais un mandat hors normes. J'étais en dessous de la réalité. Démagogue, menteur, tricheur, vulgaire, raciste, homophobe, inculte... sont les qualificatifs qui l'ont  accompagné  pendant la durée de son mandat, mais personne ne pensait à séditieux. Qu'il lancerait une horde de vauriens à l'assaut du Capitole. Impensable.

Que cela serve de leçon à nos fragiles démocraties. Quelques apprentis en démagogie guettent à l'orée de nos institutions. Ils ont ravalé la façade de leur immeuble, modifié le nom de leur rassemblement, lancé quelques émeutiers peints en jaune en avant-garde. Pour voir. Ils ont maintenu, contre vents et marées, leur soutien à ce triste clown jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable : Couvrir de ridicule et de honte le pays qu'il était censé diriger. 

Citation de circonstance : Conquérir la démocratie est le combat d'un moment, la préserver est le combat de chaque instant.

En règle générale je suis assez satisfait du titre de mes articles, et quelle n'a pas été ma surprise de lire un article sur "Le point" intitulé : Le baroud du déshonneur.

Article signé d'un certain François Guillaume Lorrain qui ne m'a pas remercié. Quel ingrat ! Peut-être la honte !

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 14:55

 

30 décembre 2020

Augustin Trapenard

Vincent Bolloré, dont j'ai déjà parlé lors de mon article du 16 novembre 2018, patron de Canal +, poursuit la purge, façon Erdogan, entamée depuis quelques mois sur la chaîne cryptée. 

Cette fois, après l'humoriste Sébastien Thoen qui avait eu l'outrecuidance de critiquer une émission de Cnews (groupe Canal) Stéphane Guy journaliste sportif qui s'était ému du sort de l'humoriste, voici qu'il pousse l'excellent Augustin Trapenard vers la sortie. Le chroniqueur du Cercle et de l'émission littéraire 21cm ne serait pas "Corporate" entendez par là qu'il n'userait pas de la flagornerie d'usage sur la chaîne.   

Michel Denisot ex DG de la chaîne, a eu ces mots pour relater l'éviction de l'intellectuel : " En arrivant sur la chaîne il a apporté la lumière, il part avec en la quittant"  

Comme je l'indiquais au mois de Novembre 2018, Bolloré est, entre autres, le patron d'Editis regroupant des maisons d'éditions prestigieuses telles que : Plon, Belfond, Presses de la cité, Le Cherche Midi, Julliard, Nil...et cetera 

Mesdames, messieurs les auteurs nous attendons vos réactions, lesquelles, cela ne fait aucun doute ne peuvent être que virulentes... Au nom de la liberté d'expression.

N.B. Je profite de cet article pour relater ce qui m'a fait hurler de rire lors de la manifestation pour la liberté d'expression à Paris. : L'on pouvait voir au premier rang Monsieur Philippe Martinez patron de la CGT une des organisations la plus opaque de France.

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 14:29

Le 9 décembre 2020

Un arbitre de la rencontre de football PSG contre Basaksehir (Istanbul) a traité un membre du staff de l'équipe stambouliote de négro. Scandale, interruption du match, l'Europe du foot est en émoi. 

Il faut savoir que ce club turc est considéré comme le club du Président Erdogan.

Evidemment tout insulte se rapportant à la couleur de peau est condamnable. Mais que le Ministre des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, dont vous apercevez le doux visage ci-contre, hurle : "C'est un crime contre l'humanité" il y a matière à pleurer. Aux cours de différents articles j'ai eu l'occasion de dénoncer la dictature du régime Erdogan : Détentions arbitraires d'intellectuels, licenciements de fonctionnaires, répression implacable des Kurdes. Viols systématiques des femmes kurdes combattantes par les soldats de l'armée turque le long de la frontière avec la Syrie... 

L'hypocrisie du régime turc n'a pas de limite et ma pensée va à ceux qui végètent en prison non pas parce qu'ils sont noirs mais parce qu'ils ont l'audace d'être en désaccord avec le régime. Rappelons que l'auteure Asly Erdogan (Acte Sud) ci-dessous, a dû fuir son pays pour échapper aux geôles turques dont chacun connaît l'hospitalité.  

ASLY

 

Dernier roman paru en 2020 chez Actes Sud :

Requiem pour une ville perdue.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 10:57

Vendredi 30 octobre 2020

 

 

 

 

 L’HORREUR CELA POURRAIT ETRE AUSSI ÇA

TRUMP VAINQUEUR

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 10:15

Le 2 août 2020

Je n'ai guère pour habitude de publier des textes dont je ne suis pas l'auteur, mais celui-ci m'a frappé au cœur tellement il est juste. Je vous invite donc à le lire :

Ce mortel ennui qui me vient, devant la victoire d’extrémistes de la médiocrité au nom de « l’éthique », discréditant les combats féministes : ceux qui luttent pour l’égalité des droits, l’égalité des chances, avec à l’horizon une véritable révolution anthropologique. Combats politiques et non moraux !

Aujourd’hui, les femmes sont assez puissantes pour mener ce combat politique, pourquoi s’en tiendraient-elles à occuper la seule place du ressentiment et de la vengeance, de la délation et de la vindicte ? Est-ce cela, la place naturelle de la femme ?

Ce mortel ennui qui me vient, devant une certaine jeunesse sans désir mais pleine de colère, ces jeunes femmes mieux loties que leurs mères et leurs grands-mères, qui ont mené la lutte pour elles, déblayé le terrain pour leur laisser en héritage de continuer le combat : les unes se sentent insultées quand un homme, de sa violence ancestrale, ose un compliment – et c’est comme une gifle en plein visage, certaines appellent ça un viol, au mépris de celles qui en ont vraiment été victimes ; les autres se déguisent en putes pour imiter les danseuses des clips de rap qui vantent l’argent facile et l’amour monnayable.

Elles ne se connaissent pas, elles cohabitent. Il y a les pauvres, celles qui pensent que cacher un bifton dans leur string est le comble de la classe ; il y a les riches, les pourvues socialement et culturellement, qui identifient tout acte évoquant leur corps sacré comme un viol – réveil la nuit, manifestation du désir, expression du vivant.

Ce mortel ennui, devant les générations à venir, qui en seront réduites à des relations tarifées ou contractuelles. Devant les enivrés de haine, qui ne considèrent pas l’intelligence comme un atout et ont décidé plus que de s’en passer, de la piétiner systématiquement.

Qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

Devant le règne de la bêtise, du mimétisme, de la libération des pulsions de haine, et, pire que tout, de l’exaltation narcissique de croire appartenir à la morale, s’en revendiquer, en être le bras armé. Mais qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

Ce mortel ennui devant ce qui était l’arme des révolutionnaires – l’indignation – devenue la monnaie courante de tous les frustrés de la terre, des médiocres, de ceux qui veulent exister mais n’ont d’autres moyens que de vomir des insultes, de confondre les plans, l’opinion, la justice, la rumeur, les faits, d’invoquer un nouvel ordre moral au lieu de faire de la politique.

Ce mortel ennui devant ces combattants des réseaux, qui prennent le risque suprême de descendre dans la rue masqués – le Covid-19 aura au moins fourbi les armes de la lâcheté – pour hurler des approximations et des contresens, avec le but avoué de détruire psychiquement et socialement des cibles qui sont toutes masculines, blanches et d’un certain âge, n’importe qui fera l’affaire. L’homme blanc occidental a exploité tant de monde, de cultures, et même la nature. L’homme blanc n’est pas un concept, puisqu’il est incarné par tous les hommes blancs, indistinctement. Le concept n’a plus lieu d’être, le symbolique est déchiré, anéanti, il n’y a plus de commun, pour ne pas dire d’universel, ce gros mot honni par les partisans identitaires.

Ce mortel ennui devant ces gens fiers d’eux, sûrs de leur bon droit, et qui crient. Crient pour tout, contre tout, enfonçant des portes ouvertes.

Devant les contempteurs de la domination masculine, blanche et occidentale, qui ont comme seul projet de renverser la domination, non pour un monde plus égal et construit sur un autre paradigme, mais bien pour substituer une domination à une autre.

Et l’art, dans tout ça ?

Ce mortel ennui devant l’orgasmique onanisme d’une colère pseudoféministe, quand des femmes sont encore excisées, quand des femmes sont encore lapidées, quand des femmes sont exploitées, quand des femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes, se battent sur tous les fronts… Il faut respecter les différences culturelles, diront les nouveaux révolutionnaires, et reconstruire des murs. On se régale d’avance à la perspective de la convergence des luttes qui, à ce compte, ne peut aboutir qu’à de nouvelles frontières. Ennui mortel devant l’inconséquence des nouveaux maccarthystes.

Et que deviendra l’art, dans tout ça ? Des livrets de vertu qu’on distribuera au seuil des nouvelles églises ? Des éditoriaux pleins de bons sentiments mâtinés de haine rance de vieilles filles ? Des imprécations béni-oui-oui de néoromantiques exaltés par les combats sur Facebook ? Des œuvres théâtrales où l’on dira le catéchisme, le mal contre le bien, dont on voit vite les incarnations ? Des tableaux respectant la parité, homme, femme, Noir, Blanc, vieux, jeunes, handicapés, dans des champs de blé bio et des plants de tomates en permaculture ?

Mortel ennui. Et où mettra-t-on donc les déviants ? Car ils risquent de devenir très nombreux. Si la police des mœurs s’exerce comme l’appellent de leurs vœux les nouveaux parangons de vertu. Reste l’autocensure, l’intériorisation de l’interdit. Un nouveau vocabulaire est à disposition, et, pour les écrivains, on pourra toujours fournir un dictionnaire officiel des mots acceptables. La morale a aussi son mot à dire sur la culture. Dieu merci, morale et culture sont des substantifs féminins…

Avant même de mourir du réchauffement climatique, nous risquons de mourir d’ennui. Car nous avons prévenu nos enfants qu’ils auraient à se battre pour sauvegarder la planète. Mais leur avons-nous glissé qu’ils auraient aussi à affronter le mortel ennui qui s’abat sous le drapeau brandi d’une morale de la haine ? L’idée même de combat politique risque d’y succomber.

Mazarine Pingeot est agrégée de philosophie et autrice. Elle a notamment écrit « La Dictature de la transparence » (Robert Laffont, 2016) et « Se taire » (Julliard, 2019).

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 16:06
Poupée Vaudou
Poupée Vaudou

 

 

Le 14 mai 2020

Une nouvelle rubrique morbide est née sur tous les médias et principalement  les chaînes d’informations en continu : Le décompte des morts de la pandémie que l’on annonce sans ménagement, comme s’il s’agissait des scores de matchs de football. Terribles décomptes de la mort d’êtres humains qui apparaissent sous forme de statistiques fluctuant d’un jour à l’autre. Un record annonce un présentateur de J.T comme s’il s’agissait d’une performance.

Il existe même un classement par nation, comptage macabre qui place celle-là en tête suivi de celle-ci qui pourrait la surpasser dans les jours prochains. Ahurissant. Cette hécatombe est traitée comme s’il s’agissait d’une compétition, un immense jeu de quilles fauchées inexorablement par le virus, alors qu’il s’agit de centaines de milliers de drames humains, qu’il est impossible d’appréhender, car chaque cas est unique. La déshumanisation des victimes de la pandémie glace d’effroi car enfouis sous ce monceau de cadavres anonymes se cache un proche, un ami.

L’information du public ne peut en aucun cas excuser la désinvolture quand il s’agit de vies humaines.  

 

Cette pandémie m’a inspiré une fiction…fiction ?

L’épidémie avait cessé de progresser un temps, l’espoir d’un retour à la vie normale revenait. Cependant loin d’être jugulée elle continuait de ramper sournoisement à travers toute l’Europe. Alors que les statistiques indiquaient un ralentissement notable des hospitalisations, que le nombre des morts allait décroissant, profitant de l’insouciance coupable des populations le virus resurgissait comme revigoré, plus virulent que jamais, telle l'Hydre, semant la mort dans tous les pays, sans exception. Les hôpitaux ne répondaient plus à la demande. Une file ininterrompue de brancards s’entassaient dans les couloirs, allaient jusque sur les parkings, abandonnés par des infirmiers à bout de force. Une vague de panique s’emparait des populations qui accusaient les dirigeants de mensonge et d’incompétence. La colère se transformait en émeutes, les magasins étaient pillés, des incendies ravageaient des quartiers entiers sans que les pompiers pussent intervenir. La loi martiale était décrétée en Europe. Les gens se terraient à leur domicile. Les cadavres jonchaient les trottoirs. L’armée envahissait les rues avec l’ordre de tirer à vue sur les manifestants et les pilleurs. Des quartiers entiers étaient désertés comme si une bombe avait balayé les rues.

Malgré l’interdiction des autorités, les populations quittaient les agglomérations, un exode tel que l’on en avait connu lors du deuxième conflit mondial,  s’organisait sur les routes, provoquant d’immenses bouchons. Les plus fortunés formaient des files d’attente interminable aux aéroports du Bourget et Villacoublay où des vols clandestins étaient organisés sur des jets privés. Un Paris-La Môle (près de Saint-Tropez) coûtait deux cents mille Euros. Nulle possibilité de se rendre à l’étranger sous peine de voir l’aéronef  détruit par un missile.

 

Si les pays du Maghreb étaient durement frappés malgré la jeunesse de la population, l’Afrique de l’ouest ne révélait que quelques cas bénins. Le seul décès enregistré au Sénégal était un homme âgé rentré au pays avant la reprise de la pandémie en Europe.  Encore que l’on n’était pas certain des raisons de la mort du vieillard dont on ne connaissait pas l’âge exact. Les autorités sanitaires ne donnaient pas d’explication à cette anomalie ou plutôt un cocktail de raisons plus ou moins scientifiques, comme la jeunesse de la population, le soleil, la prise de certains médicaments contre le paludisme on invoquait même le Vaudou. Les féticheurs faisaient des affaires en or.

La grande crainte des dirigeants de la CEDEAO était de voir arriver des européens propagateurs du virus dans leurs pays. Des précautions draconiennes étaient instaurées aux frontières et dans les ports pour empêcher l’intrusion de l’homme blanc. Ceux qui résidaient sur place avaient été renvoyés dans leur pays d’origine sans exception. Ainsi l’ambassadeur de France, malgré de véhémentes protestations avait été escorté jusqu’à l’aéroport et installé sur le dernier avion, une antiquité de l’ère soviétique, en partance pour l’Europe.

L’Afrique de l’ouest n’était plus peuplée que par des africains, malgré les difficultés économiques que cela allait engendrer, mais qu’importe : La santé avant tout clamaient les Présidents, tout en s’excusant auprès des dirigeants européens.

Cette situation aurait pu perdurer sans l’opiniâtreté de femmes et d’hommes à vouloir pénétrer à tout prix dans ce nouvel Eldorado quitte à risquer leur vie dans des entreprises périlleuses, aubaines pour les passeurs dont l’activité, encore plus juteuse qu’auparavant, reprenait. Mais dans l’autre sens. Ainsi voyait-on des images déjà vues mille fois, cette fois sur les écrans des télévisions africaines. Naufrages, sabordages, noyades, bateaux surchargés de femmes, d’enfants, d’hommes épuisés, affamés que les garde-côtes africains avaient peine à dissuader d’accoster. "Aucune exception sinon c’est notre perte" clamaient les chefs d’états, car si l’on en prenait un il fallait tous les prendre et ça c’était hors de question.

Cependant toute cette misère, et les drames qui en résultaient,  commençaient à créer quelques failles dans l’unité affichée notamment au sein de la population qui voyait dans cette posture inhumaine une revanche que quelques Présidents paraissaient assumer, mais qui n’était pas dans la philosophie de l’homme africain (même si celui-ci n’était pas entré dans l’histoire, dixit Sarkozy)

Une nouvelle réunion des Présidents de la CEDEAO allait déboucher sur un compromis alliant humanité et pragmatisme.

L’afflux des migrants prenait des proportions inquiétantes. Certains n’hésitaient pas à traverser le désert du Mali d’est en ouest, braver les moudjahidines d’Al Qu’Aïda, pour arriver à moitié mort au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Togo…

Les gouvernements décidèrent d’en accueillir quelques-uns après un dépistage implacable. Un quota par pays était établi. Mais auparavant, avant de pénétrer sur le territoire convoité, les migrants devaient se plier à une quarantaine des plus strictes sur une île déserte de l’archipel guinéen des Bijagos. Des huttes construites à la hâte sur les îlots dos Cavalos, Poiläo, Cute, accueillaient les aspirants à une vie sans virus. Les migrants étaient soumis à un examen toutes les semaines, les malades détectés, impitoyablement renvoyés par bateau dans leur pays d’origine.

Ainsi les africains retrouvaient le sens inné de l’hospitalité qui avait fait défaut jusqu'alors. Mais cette hospitalité n’était pas totalement désintéressée, la rancœur n’était pas exempte.

A la fin du confinement, les survivants étaient testés suivant leur capacité physique à exercer une activité. Qu’importe le métier qu’ils exerçaient auparavant, des fonctionnaires zélés leur attribuaient les tâches que l’homme africain, même de modeste condition, rechignait à accomplir. Ramassage des ordures, goudronnage des routes, nettoyage des usines et bureaux, tâcherons dans la construction… Les femmes étaient astreintes aux tâches agricoles et pour les plus chanceuses à la garde des enfants. Ainsi un ancien dirigeant d’entreprise informatique balayait huit heures par jour les caniveaux et les trottoirs de Dakar pour quelques centaines de Francs CFA. Juste de quoi ne pas mourir de faim et payer le loyer d’une misérable case dans le bidonville de Baraka (les africains ne manquent pas d’humour).

Dans tous les pays de Dakar à Libreville, de Yaoundé à Lomé, d'Accra à Abidjan…l’on bénissait cette main d’œuvre bon marché qui ne rechignait pas au travail quoique on leur demandât.   

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:18

Le 2 mai 2020

 

C'était inattendu, cela tient presque du miracle, un virus inconnu vient terroriser les populations européennes et redistribuer les cartes. Pas question, cette fois, de rater le coche, l'occasion est trop belle de mettre à bas cette économie libérale qui exploite les masses populaires, la moustache stalinienne du grand leader syndical en frémit à l'avance. Après une condamnation suivie d'une grosse déprime, l'insoumis retrouve sa verve,  pas question de reprendre le travail. Quant à la fille du borgne, cette fois c'est la bonne, la victoire se profile enfin, nul besoin de fiches, ses nouveaux amis vont la propulser vers le sommet qu'elle lorgne depuis des années.

C'est papa qui va être content, et Poutine, il va enfin pouvoir récupérer l'argent qu'il a prêté avec les intérêts...Lesquels ?

 

 

 

 

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