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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:12

 

LES LIVRES QUE J'AI LUS, ou presque…

 Sans liberté de blâmer il n'y a pas d'éloges flatteurs. Beaumarchais

 

J'avais dans l'intention,  vous faire part de réflexions, évidemment pertinentes, sur mes lectures, afin que vous évitiez de vous fourvoyer dans des achats inconséquents et que vous perdiez inutilement votre temps. Cet espace critique n'engage que moi et me donne l'occasion de déverser ma bile sur les pistonnés dont les ouvrages trouvent grâce,  auprès de ces salauds d'éditeurs, pour souvent des considérations qui n'ont qu'un rapport très lointain avec la littérature.

 

Un roman français de Frédéric Beigbeder.

Un temps en lice pour le Goncourt il récoltera le Renaudot comme prix de consolation.

Comment ce roman d'un prosaïsme dégoulinant a t-il pu caracoler en tête des ventes et obtenir le Renaudot ? Si ce n'est pour dénoncer l'intrusion du Procureur Marin (toujours lui) dans la garde à vue de l'auteur, pris le nez dans de la poudre blanche pour des rêves en technicolor.

Ce roman retrace la vie du petit Beigbeder, que par ailleurs j'apprécie (lorsqu'il n'écrit pas), et son existence misérable entre Guéthary (station balnéaire huppée de la côte basque) et Neuilly sur Seine. Nous ne sommes pas loin du roman de Victor Hugo, Les misérables.

A bout de patience je me suis arrêté à la page 174 lorsque l'auteur chatouille sa fille, moment pathétique de niaiserie, dont je vous livre l'extrait : Chloë ne rit pas quand on lui chatouille la plante des pieds ou les aisselles. La seule chatouille qui fonctionne c'est le coup de la petite bête qui monte…. etc…etc, je vous épargne la suite qui est à l'avenant. 18 Euros. Consternant.

 

Le lessiveur de Franz-Olivier Gisbert (dit FOG)

 Je n'ai rien contre un bon petit polar de temps en temps, et puis ça me permet de laissez divaguer mon imagination, et rêver avec délectation que le cou de la matronne  que le tueur tient entre ses mains puissantes est celui de ma concierge.

J'ai dit un bon polar, et celui de FOG est mauvais, je dirai même plus, exécrable. Que s'est-il passé ? J'avais gardé un bon souvenir du précédent : L'immortel, et puis patatras, la suite est ratée ou  plutôt bâclée, comme fait à la hâte, entre deux émissions de télé.

Personne ne peut envisager sans rire qu'un tueur entreprenne de laver la vaisselle sale de sa victime avant de l'occire, ou nettoyer ses toilettes. C'est pourtant ce que l'on peut lire dans ce roman, le tout ponctué d'aphorismes marseillais plus ou moins authentiques. Navrant.

 

Le 22 mai 2010,

Hors la loi. Rachid Bouchared.

Comme ceux qui en parlent le plus, je n'ai pas vu le film. J'attendrai sa sortie dans les salles.

La colonisation a toujours été une source de débats virulents et matière à discussion passionnée voire à des empoignades. Les européens depuis les croisades, ont entrepris des expéditions à travers le monde pour “apporter la bonne parole” du Christ, le plus souvent à coup de canon. Rappelons pour mémoire le massacre des Aztèques par les Espagnols de Cortès en 1521. 240 000 morts. La France n'a pas échappé à cette douteuse contagion qu'est “la pacification des indigènes” pour leur bien, évidemment. Son terrain de chasse privilégié sera l'Afrique. L'afrique noire et du nord. Ainsi nos armées dès le début du 19ème siècle (sous Charles X) investirent l'Algérie en massacrant une grande partie de la population et pratiquant ce que l'on a appelé “l'enfumage”.

Ainsi quelques uns de nos compatriotes s'installerons durablement après la “pacification” des peuples algériens puis marocains. A noter que chaque pays européen s'attribuera sa part du gâteau africain : La France l'algérie, le Maroc, le Sénégal….l'Angleterre : l'Egypte, l'Italie : la lybie, la tunisie, l'Allemagne: le Congo, le Cameroun, le Portugal : l'Angola, le Mozambique…. ecetera, ecetera. Le partage effectué, un pillage sans vergogne s'instaure et dure depuis deux siècles.

Il est évident que les autochtones apprécieront peu cette occupation comme nous n'appréciâmes que moyennement l'occupation allemande. Il y eu donc des révoltes que le colonisateur réprima avec la plus extrême des violences. Le massacre de Sétif le 8 mai 1945 fut un épisode de cette répression, et entraîna la mort de milliers d'algériens. 17 000 selon un rapport des services secrets américains que l'on peut qualifier d'impartial, puisqu'en en l'occurrence ce pays était notre allié.

Hélas ce massacre ne fut pas le seul, la révolte des rifains au Maroc sous la bannière de Mohamed ben Abdelkrim El Kattabi en 1926 donnera l'occasion à l'armée française de tester l'épandage de gaz moutarde par l'aviation sur la population civile :  150 000 morts entre 1925 et 1926. Ali le chimiste en Irak, fut pendu pour moins que cela, mais c'était un temps où l'information ne disposait pas des même vecteurs que de nos jours, et la censure…….

Il s'agit là, entre autres, de quelques épisodes “navrants” c'est un euphémisme, de notre histoire coloniale, dont j'ai quelques scrupules à m'enorgueillir. Pas vous ?

 

Dans la rubrique : J'ai lu…..

 

Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

 Après deux romans abominables (voir plus haut) sur lesquels se sont abattu les foudres de mon courroux, pour paraphraser ce bon Sénèque, je ne peux que vous recommander ce Club dans lequel je suis entré avec délectation et confirme si besoin en était, que la lecture est un moment d'extase lorsque le livre est bon. Et celui-là l'est, sans conteste. Je ne vous dirai rien de l'histoire, je vous  laisse la découvrir car elle vaut bien les vingt trois Euros que vous allez dépenser. Si vous ne possédez pas cette somme (conséquente, je vous l'accorde) écrivez moi je vous le prêterai volontiers, à condition que vous me le rendiez, évidemment. Allez je vous laisse avec Michel et ses parties de baby-foot….

 

Le 29 mai 2010,

De la résignation. C'est le sentiment qui domine lorsque l'on voie ce bon peuple marcher pour protester entre Bastille et République, ou Denfert et Nation, il n'y a que le parcours qui change. Mais les têtes sont basses, comme si la cause était perdue à l'avance. Les dirigeants des syndicats corrompus marche en tête de cortège, le sourire aux lèvres, avant de monter dans leurs limousines noires et se rendre à des négociations où justement il n'y a rien à négocier. L'on range les fanions, l'on mange une dernière merguez, et l'on va se sécher devant l'écran du téléviseur pour apprendre que les kilomètres parcourus sous la pluie n'ont en rien ébranlé la détermination du Monarque, dont les courtisans font déjà le tour de médias bienveillants pour railler des rassemblements dérisoires. Ce mois de mai n'aura pas tenu ses promesses, une fois de plus.

 

Dans la rubrique j'ai lu :

 

L'horizon de Patrick Modiano

Ce roman m'a laissé, une fois la dernière page tournée, dans la perplexité; avec un sentiment de frustration. Modiano écrit à petite touche, tel un impressionniste, brossant les faits dans un nuage d'incertitude, dont il laisse au lecteur le soin de tracer les contours, et interpréter le récit. Pourquoi ce bon docteur est-il arrêté par la police ? A vous de le déterminer. Ce personnage a une tête de bouledogue. C'est l'imagination du lecteur qui est sollicitée; le lecteur suppute, suppose, échafaude, les méandres de la vie des personnages. A moins que par distraction, quelque élément de l'intrigue est échappé à mon attention, c'est possible. Mais j'avais éprouvé le même sentiment après la lecture du “Café de la jeunesse perdue” . A vous de vous faire une opinion car j'ai tout de même été séduit par cette atmosphère étrange, du non-dit.

 

Le 31 mai 2010,

 Le sommet de l'hypocrisie à Nice, par respect pour les peuples africains je ne livrerai mes commentaires (acerbes) qu'à la clôture de ce rassemblement dérisoire, mais, en mis en bouche, voyez comme le courtisan, ex motard, féru de Goethe (c'est lui qui l'affirme), nommé par son maître, Ministre de l'industrie, se dandine sur les marches du palais lors de la réception des participants. Le népotisme ne sévit pas qu'en Afrique.

 

Citation du jour :

Tout pouvoir qui cultive la flagornerie, sombre invariablement dans le ridicule. E.D.

 

France-Afrique, pardon, Afrique-France.

Et de suite l'observateur augure d'un bouleversement sans précédent dans les relations internationales entre le continent africain et le reste du monde. Foutriquet, dans une homélie interminable encensera les vertus des représentants des nations sous l'oeil effaré de son vizir des marchandages étrangers. Notre grand timonier, le phare du monde libre, et riche, l'annonce: l'Afrique aura la place qui doit être la sienne dans la grande cacophonie mondiale, et dans les assemblées qui ne servent à rien, sensées régenter la vie de notre monde. Ainsi verrons nous demain des chefs de juntes militaires  comme Sassou N'Guesso (Congo) ou Théodore Obiang (Guinée), ou Goodluck  Jonathan (Nigéria), des tyrans tels Ali Bongo (Gabon) ou le sinistre Mugabé, discourirent devant des membres de l'ONU, éberlués, sur la lutte contre la corruption ou  la démocratie ou le droit des peuples à l'éducation. Ces gens là ne manquent pas d'aplomb.

Notre Monarque, loin de se sentir mal-à-l'aise au milieu de cet aréopage de Potentats, chefs de Juntes, dictateurs, mégalomanes, génocidaires, semblait être comme un poisson dans l'eau, même si ces eaux sont troubles, voire carrément répugnantes. Mais la diplomatie ne s'embarrasse pas de préjugés, lorsque nos intérêts sont en jeu; et ce ne sont pas les chinois qui vont nous chiper ce qu'il reste à piller des ressources de ce continent tout de même !

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque…….

 

Désert de J.M.G. Le Clézio.

Ne comptez pas sur moi pour vous révéler l'intrigue de l'histoire, mais le lecteur entre dans l'univers Le Clézio dès les premières pages à travers ce peuple qui marche au milieu des dunes mouvantes du désert où l'auteur vous entraîne inexorablement sous un soleil de plomb qui écrase les êtres. Il vous offre la sérénité, lorsque le soir, sur la plage, à l'ombre du figuier, Naman le pêcheur raconte les villes blanches où il est peut-être allé. Le lyrisme est partout, même dans les quartiers sordides de Marseille. Le Clézio vous transporte entre un monde onirique d'ombres aux visages burinés et la dure réalité d'une immigrée qui ne peut oublier son désert. A lire absolument.

 

Le 7 juin 2010,

Participer au lynchage des joueurs de ballon ou de leur entraîneur, très peu pour moi, le "grégarisme" est une maladie qui atteint le mouton, mais hélas également l'être humain, pour le plus grand bonheur des dictateurs en herbe.

Ce spectacle interplanétaire va occulter tout autre évènement durant quelques semaines, et galvaniser les foules. La vindicte populaire va se focaliser sur quelques malheureux en short et oublier les turpitudes de ses dirigeants, lesquels, pendant ce temps providentiel d'acalmie, auront tout le loisir de concocter de nouvelles lois scélérates que le petit peuple accablé par la défaite de ses héros acceptera avec fatalisme. Et puis viendront les congés payés au camping des flots bleus, et, le verre de pastis à la main, ils reparleront de la passe ratée ou du penalty non sifflé par ce salaud d'arbitre qui, comme à l'accoutumée a favorisé le camp d'en face. Chienne de vie!

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de : (sans importance)

Sans importance, parce que les deux auteures de ce roman épistolaire n'ont aucun talent littéraire, parce que ce roman sent la fabrication de toutes pièces, j'allais dire l'arnaque, car à aucun moment  je n'ai accordé de crédit au récit, ponctué de missives niaises. Quant à l'humour, il est aussi présent dans cette chimère que la générosité chez Harpagon. Niais, voilà le mot qui convient, à mon sens, à ce roman. 19 Euros tout de même !

 

Le 8 juin 2010,

Blocus

En d’autres temps, des soudards faisaient le siège d’une ville afin d’en affamer les habitants, avant que ceux-ci de guerre lasse ne capitulent. Ces reîtres se livraient alors, au pillage, aux meurtres, aux viols. Cette pratique, pour le moins bestiale, a aujourd’hui disparue, et  remplacée par une démarche plus subtile, mais tout aussi condamnable : Le blocus.

Cette manœuvre hypocrite consiste à rendre le misérable encore plus misérable, à le priver de nourriture, de soins, d’hygiène ; à le priver d’un superflu qui n’est que le nécessaire dans un monde dont la prétention est se vouloir moderne. Le blocus invite à la contrebande, au marché noir, et enrichit les escrocs de tout poil, comme la prohibition la pègre.

Un état qui se livre à ce stratagème pour imposer sa volonté, parce que la force brutale serait condamnée par l’opinion, s’abaisse au rang des oppresseurs, des tortionnaires. C’est d’autant plus condamnable en termes de raison, que le peuple qui se rend coupable de cette injustice a été lui-même victime de persécutions abominables tout au long de son histoire. Il semblerait que la leçon n’ait pas été retenue, car le persécuteur attire la sympathie envers le persécuté, quelque soit son idéologie. Ainsi le régime castriste recueille la compassion d’une bonne partie de l’humanité face au blocus imposé par les USA.

L’injustice exacerbe les extrémismes, les actes désespérés, la colère. La population du tiers monde, par un transfert de sa condition misérable, par empathie, prend pour sienne la persécution faite au peuple palestinien. Sentiment attisé par des provocateurs des deux bords dont le but final est la confrontation. La présence d’extrémistes irrationnels à la tête des états concernés peut faire craindre le pire, d’autant que l’occident reste pétrifié devant ce qui semble irréversible.

 

La citation du jour :

Ce que l'on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir.

A. Camus.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

Le Fait du Prince d'Amélie Nothomb

Qui a-t-il de plus réjouissant que de lire un Amélie Nothomb ? Je répondrai pour tomber dans la facilité lire un autre Amélie Nothomb. J'avais encore en mémoire “Stupeur et tremblements ou les catilinaires” lesquels m'avaient enchantés, par l'originalité de l'histoire. Mais c'est l'écriture qui surprend par sa fluidité, sa verve, sa drôlerie, bref, vous avez compris je suis un adepte de cette auteure, même si la fin du “Fait du prince“ laisse un léger goût d'inachevé. En poche, 6 Euros, pour un excellent moment.

 

Le 14 juin 2010,

Nous sommes dans une époque où tout se vend, tout se marchande, comme au souk de Tanger. Les idées, la liberté, les opinions, l'éthique et même la loge de ma concierge dont on envisage le licenciement, afin de récupérer les quelques mètre carrés où elle survit et régale d'odeurs de soupe au choux et de boeuf bourguignon les six étages de l'immeuble.

Bref, sous prétexte de moderniser la société et ses institutions le petit monarque rogne copeaux après copeaux, subrepticement, nos libertés et concocte un monde à la démesure de sa mégalomanie. Dernièrement il convoquait dans son antre un patron de presse écrite, et pas des moindres, pour lui “suggérer” les actionnaires  dignes d'entrer dans le capital de son quotidien en proie à de graves difficultés financières. Cette suggestion toute désintéressée était assortie d'une menace à peine déguisée sur l'octroi des aides qu'il accorde, lui-même, à la presse. Ainsi le dernier fleuron de la presse libre risque fort de rejoindre le concert des flatteurs, et dans ses colonnes dithyrambiques participer, car c'est l'objectif, au panégyrique de cinq années d'hypocrisie, par un renouvellement de bail. “C'est pas juste !” s'insurgea ma concierge, sa valise sous le bras.

Comme je suis en panne d'inspiration je vous ressers la citations de ce bon Albert :

 

Ce que l'on appelle raison de vivre (la liberté par exemple) est en même temps une excellente raison de mourir.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque:

Underworld USA de James Ellroy. A vomir!

Ce roman que la presse dite spécialisée encense est un catalogue d'obscénités, de propos racistes, xénophobes, homophobes, vulgaires. Il met en scène des personnages dont je doute qu'ils aient véritablement existé ou alors il s'agit de la lie de la société, des individus dont l'intellect se situe en dessous de celui de l'animal. J'ai eu le sentiment d'être tombé dans une décharge au milieu des ordures, celles que la société civilisée rejette. Personne ne peut croire que quelques racontars de pochetrons dans un bar nommé “Grappevine” aient pu mettre un jour en péril la CIA et sa réputation, laquelle n'est plus à faire, hélas. Cet auteur a réussi son coup : attirer le chaland par la provocation, la bestialité, la vulgarité. Ne tombez pas dans ce piège grossier ! 24, 50 Euros pour ce que l'on  peut nommer littérature de caniveaux, qui en enchantera plus d'uns, hélas.

 

Le 19 juin,

L'argent de la vieille.*

Il y a quelques années, c'était un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (Aznavour) un quotidien titrait : La République des copains et des coquins. En relation avec quelques affaires sordides de corruptions financières touchant les amis d'un Général au pouvoir. Or l'histoire de notre beau pays est un éternel recommencement. Notre grand timonier, celui que la presse courtisane nous présentait comme un parangon de vertu ne serait qu'un détrousseur de cadavre, un machiavel fasciné par l'or, guettant l'argent de la vieille qui n'en finit pas de mourir, sous le regard inquisiteur du grand Vizir du budget, lequel a dépêché son épouse auprès de la moribonde, s'enquérir de l'état de sa fortune, de peur que des vautours reniflant à l'avance les remugles de la mort ne se précipitent et raflent le pactole. C'est qu'il y a plusieurs milliards, et une île paradisiaque à la clé sur le tapis noir de l'avidité !

* L'argent de la vieille : Chef d'oeuvre de Luigi Commencini.

 

La citation du jour (à méditer) :

Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. Gandhi.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque:

Le parfum d'Adam de Jean Christophe Rufin.

J'étais curieux de lire cet auteur, parce que il est diplomate et écrivain, et que tout naturellement j'avais un peu précipitamment, fait le rapprochement avec Chateaubriand qui fut lui même Ministre des affaires étrangères, le chantre du Romantisme, et écrivain de génie. Hélas la comparaison s'arrête là, car Rufin n'est pas un grand écrivain, il s'en faut de beaucoup, et apparemment un mauvais diplomate car le bouillant Abdoulaye Wade, Président du Sénégal a exigé son renvoi. Quant au roman en question, il s'agit d'une histoire alambiquée de bio-terroristes, à laquelle l'on ne croit pas une seconde, bourrée de poncifs et de métaphores de collégiens. A éviter.

 

Le 23 juin2010,

Je trouvais ce matin ma concierge assise sur la dernière marche de l'escalier de l'immeuble, les coudes sur les genoux, la tête entre les mains. “C'en est trop” répétait-elle sans discontinuer, au point que  je me pris à ressentir de la pitié pour cette matrone dont le passe-temps favori consiste à me persécuter.

Je pensais, naïvement que cela avait à voir avec la déroute “foot-balistique” de son équipe favorite et m'apprêtais à en rire, lorsqu'elle releva la tête et, entre deux hoquets, les joues ruisselantes de larmes, le nez rouge, elle m'avoua la honte au front qu'elle ne faisait plus confiance en personne et surtout pas envers les sacripants qui nous gouvernent, car “trop c'est trop” répéta-t-elle une nouvelle fois, avant de retomber dans une aboulie qui me donna le frisson.

Mais qu'elle est la raison de cette soudaine répulsion envers notre élite, celle que le monde nous envie, qu'elle couvait, hier encore, d'un regard humide de fierté, car comme une bonne partie du petit peuple, ma concierge est atteinte du syndrome de Neuilly. (Syndrome, dont je vous décrirai les symptômes sous peu, dès fois que…..) Perdu dans un questionnement abscons, au milieu de toutes les “affaires” qui fleurissent en ces premiers jours d'été, je me promettais de la soumettre à la question et d'extirper de ce corps informe les raisons de cette soudaine dépression. Aveux que je ne manquerai pas de vous narrer dès que le cerbère aura retrouvé ses esprits et sa morgue.

 

Le 24 juin 2010,

Je l'avoue, j'ai dû travailler au corps cette matrone, car elle est coriace, et, utiliser un procédé qui me répugne, pourtant coutumier à la cour du Monarque,  en lui promettant une boite de chocolats. Ceux avec la cerise à l'intérieur, et de l'alcool aussi.

Elle m'avoua, le front sur mon épaule, que la déliquescence qui atteignait l'ensemble des rouages de notre république et la dépravation de ceux en qui elle avait placé une confiance inébranlable, avait fini par l'anéantir, et qu'elle ne supportait plus les turpitudes de ces hommes sans scrupules.

La censure, la censure, hurlait-elle avec son inimitable accent espagnol. Cette censure qu'elle avait connue, petite fille, sous le régime fasciste du “caudillo” qui l'avait jeté elle, et toute sa famille, sur les routes poussiéreuses espagnoles puis de France, alors terre d'accueil. Les cigares, l'argent de la vieille, les appartements de fonction, les missions fictives, les concussions, les jets privés, la dette, le chômage, tout cela trouvait grâce à ses yeux, mais pas la censure, car,  elle fut à l'origine de son exil: son père était clown et se moquait de la “guardia civil”. Évidemment elle faisait allusion aux deux comiques bâillonnés par deux apostats,  commis d'office pour effectuer les basses besognes de leur maître dont les mains n'ont déjà que suffisamment trempé dans la fange.

 

La citation du jour :

Je ne suis pas en accord avec ce que vous dites, mais je me battrais pour que vous puissiez le dire. Voltaire.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

L'enchanteresse de Florence, de Salman Rushdie.

Le roman de Salman Rushdie m'a laissé dans l'expectative. Quatre cents pages où l'onirisme se mêle à la réalité cruelle des cours des Monarques européens  du  16ème siècle et du souverain Moghol Akbar dont l'empire couvre une partie de l'Inde, et s'étendra  à la suite de conflits incessants. Il y a sans conteste un travail de documentation considérable, mais l'histoire est embrouillée, complexe, dans la veine de l'esprit oriental, lequel n'a rien de pragmatique. L'on tente de suivre avec assiduité le cheminement de l'imagination débordante de l'auteur, toute saute de concentration est à proscrire. 23 Euros pour un voyage épique entre l'Orient et l'Occident.

 

Appel  : Pourquoi faire la pause Amazon.com ? : Parce que cette société est en position dominante sur le marché du livre. Je n'aime pas le mot boycott, et en général les anglicismes. Mais du fait de sa position, amazon met en péril nombre de petits libraires, éditeurs et, du même coup, écrivains dont je fais (hélas) partie. Je prêche donc pour ma paroisse. Achetez vos livres chez votre libraire, c'est d'autant plus sympathique qu'il pourra vous conseiller, et vous détourner du dernier roman du romancier à la mode….. celui qui écrit plus vite que son ombre.

 

Le 30 juin,

Avec les derniers jours du mois de juin le mercure a grimpé de façon vertigineuse, entraînant une surchauffe des rouages pourtant bien huilés de notre royaume. La vestale du Poitou-Charentes dont la mission est d'entretenir dans le temple, le feu sacré de l'intégrité et de la morale a fustigé les turpitudes des Vizirs et dans une philippique digne de Cicéron qualifié le régime de notre Monarque de corrompu. Insulte suprême pour celui qui se présentait comme un parangon de vertu. Aussitôt la cour, abasourdie par tant d'impudence, s'est mise à piailler et lancer l'anathème de crime de lèse majesté, contre cette harpie, imitant en cela Orphée, malgré le fait que leurs piaillements n'avaient rien d'harmonieux. Loin s'en faut.

Corruption ou ivresse du pouvoir, personnellement je pencherai pour l'ivresse, car c'est plus dans la philosophie de notre Démiurge dont on connaît l'emportement excessif pour tout ce qui brille. La corruption c'est l'infamie. Les corrompus sont comme les ombres qui ont franchi le Styx et errent en enfer. Ils savent que pour eux la rédemption n'existe pas, car leurs forfaits inexorablement ont été exposés au grand jour. Les damnés n'auront même pas la reconnaissance de leur maître, lequel les accablera pour échapper à la vindicte populaire.

 

Citation du jour :

Il n'y a que dans le vocabulaire des valets que maître est synonyme de modèle, l'audacieux essaiera de le surpasser. E.D.

 

Le 3 juillet 2010,

 

A Laurent Terzieff,

Ce matin, alors que l'orage avance ses lourds nuages noirs au dessus de nos têtes, comme le présage d'une mauvaise nouvelle, j'ai le coeur au bord des larmes. Il n'était pas un dieu, seulement un être qui avait renoncé aux honneurs pour assouvir sa passion, le théâtre. Certains trouveront ça puéril, en ces temps où l'arrogance et l'hypocrisie règnent sur la scène de la dérision, alors qu'il n'était que modestie et humilité. Sa carcasse décharnée et ses yeux clairs ne planeront plus sur les planches, seulement dans mon esprit. A la tristesse se mêlent les regrets de ne pas avoir été aux cotés de ce philoctète, dont il était l'incarnation, il ne reste plus que cette voix rauque qui va hanter mes nuits.

 

Le 6 juillet,

 

Comme je vous l'avais annoncé le trente juin, deux damnés ont été sacrifiés sur l'autel de la probité sous le regard pervers de notre monarque, lequel pensait puérilement que le bon peuple y trouverait son compte. C'était sans compter sur l'avidité de la meute qui ne saurait se satisfaire du menu fretin qu'on leur jette en pâture. Car la nasse se referme inexorablement sur le gros gibier.

Ma concierge est au trente-sixième dessous, elle a jeté aux orties son magazine préféré, lequel pourtant, portait le titre aguicheur ”Les Princesses de Monaco”  seule la saga de l'été la passionne, au point que le courrier reste en souffrance dans la loge. Le brave Eugène Sue peut en prendre de la graine. Chaque bulletin d'information apporte son lot de révélations, ce ne sont que conciliabules  sur le trottoir, à voix basse, pontués de hochements de têtes entendus; jamais cette noble profession n'aura autant mérité le sobriquet de pipelettes. Je m'approchai sournoisement, dans la touffeur de la rue, l'air absent. Il était question de magot, de fuite à l'étranger. Ainsi donc notre monarque, celui en qui le peuple avait placé sa confiance, que dis-je sa foi, serait sur le point d'imiter le velléitaire Louis et filer à l'italienne sous des cieux plus cléments. Je n'en croyais pas mes oreilles. Soudain, l'essaim ayant détecté ma présence, s'éparpilla dans un bourdonnement réprobateur, me laissant seul au milieu du trottoir à méditer sur les conséquences d'une migration impromptue vers le pays du “Cavaliere” dont les habitants sont moins tatillons sur les moeurs de leurs édiles, depuis que l'incorruptible Cicéron a quitté la scène politique…il y a plus de vingt siècles.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

 

Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas De Roblès.

Roman inclassable où durant 800 pages l'on suit les traces, du génie ou du charlatan, Athanase Kircher, de la belle Moéma sur les plages éblouissantes d'un Brésil où règne la corruption (là aussi), avec pour protagoniste un sénateur cupide et sa femme riche, désabusée, et alcoolique, et d'ethnologues perdus dans la jungle amazonienne. Un sens de la narration remarquable au service d'un récit prenant où se mêlent, aventure, érotisme, cupidité et extravagance. A lire sans retenue. 24,50 Euros chez Zulma que je n'accablerai pas de récriminations vengeresses.

 

Le 11 juillet,

 

Mea culpa, J'avais écrit bien imprudemment que Jean-Christophe Ruffin était un mauvais diplomate, alors que j'ignorais qu'il était sous le coup d'une expulsion en règle due au caprice d'un potentat de 84 ans qui n'avait pas apprécié les propos de l'ambassadeur, pourtant empreints d'une implacable lucidité. Aussitôt, notre timonier, n'écoutant que son courage, a accédé au désir du Potentat sous les applaudissements discrets du Vizir, ex-humanitaire, reconverti dans la flagornerie.

Revenons à la “faute” du diplomate qui s'exprimait à la suite d'une demande d'aide financière de la part du Potentat qui n'arrivait pas à boucler sa fin de mois : Signez un chèque pareil sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique reviendrait à fournir à un toxicomane la dose qu'il demande, et le conduit le plus sûrement à sa fin.

Ce jugement frappé du bon sens, montre que les pratiques nauséabondes de la France-afrique sont toujours d'actualité et que notre beau pays contribue à maintenir les peuples de ce continent dans l'extrême injustice dans laquelle ils se débattent, aussi sûrement que le pied qui appuie sur la tête de l'individu qui se noie.

 

Le 14 juillet, Fête nationale,

 

Afrique, continent, dévasté, saccagé, pillé, affamé, dépouillé, détroussé, spolié, extorqué…contemple tes dignes représentants battre le pavé humide de la terre où il y a deux cent vingt ans le texte fondateur de la République, La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, était lue à l'Assemblée. Je rappelle le 1er article :

<< Les hommes naissent libres et égaux en droits>>

Aout 2009 : Le Président camerounais Paul BIYA loue 42 chambres dans deux palaces de La Baule pour 42 000 euros par jour. le PIB par habitant du Cameroun par an est de : 1800 Euros.

Aout 2009 : Wade Président du Sénégal séjourne à l'hôtel du Palais à Biarritz. Note : 725 millions de …..Francs CFA. soit quelque 100 millions de nos Euros tout de même.

Je vous laisse méditer un temps l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et vous renvoie, si la canicule ne vous a pas liquéfié, aux articles des 29 octobre, 6 décembre, 20 février et 25 février.

La suite de la parade africaine et la jubilation de notre amphitryon,

 

Le 16 juillet,

 

Certains exprimèrent  des critiques acerbes sur la parade des troupes africaines foulant les pavés de la plus belle avenue du monde et par la même occasion la démocratie. Ils évoqueront, avec raison, les exactions perpétrées par ces armées de soudards dans leurs pays  respectifs afin de  préserver le pouvoir de leurs potentats.

Il est bon de rappeler les conditions dans lesquelles les “indigènes” d'Afrique occidentale et d'Afrique du nord furent enrôlés notamment lors de la première guerre, baptisée la “Grande Guerre”, comme si une guerre pouvait être grande. Enrôlement d'hommes crédules, dignes des siècles précédents, auxquels l'on fit miroiter médailles, habits neufs, nourriture à volonté et…..nationalité française. Besson n'était pas encore né. Certains racolages donnèrent lieux à des révoltes près de Bamako.

130 000 africains furent envoyés au front durant la première guerre, 30 000 furent tués, autant estropiés, 15 ooo tirailleurs sénégalais furent massacrés au chemin des dames. La plupart des combattants africains a été utilisée comme de la chair à canon. Un Général, passant en revue une compagnie de chasseurs africains, dira : <<Ceux-là il faut que je les utilise avant l'hiver>> Le général Mangin, surnommé le “boucher” au Maroc, après ses “exploits pacificateurs” contre la révolte berbère, conduisit sa “force noire” au massacre lors de l'offensive Nivelle en 1917.

Ces hommes noirs, rieurs, qui ne connaissaient que le sable du désert et la brûlure du soleil pataugeaient tout à coup, dans la boue et les excréments, subissaient la morsure de l'hiver des plaines du nord, sous une pluie fine, interminable…….

Après ces deux conflits, les rescapés furent reconduits vers leurs pays d'origines, certains avec une médaille, d'autres arborant seulement les stigmates des massacres auxquels ils furent confrontés. Beaucoup attendent leurs pensions, ou du moins un peu de reconnaissance.

 

Le 22, 23, juillet,

 

Sous peu la dramatique de l'été, épisode N°2 :

L'argent de la vieille. (Voir l'épisode 1 en date du 19 juin.)

Des révélations, des coups bas, des baisers de Judas, des aveux, des fourberies….pas de morts pour l'instant, mais cela ne saurait tarder…… ne ratez pas le prochain épisode……

Le Procureur servile ne sait plus où donner du glaive, Thémis le renie, ses enquêtes poudre aux yeux ne trompent plus la plèbe, laquelle réclame que le couperet tombe. Malgré le contre-feu allumé par le Monarque face à un échotier complaisant, atteint d'impéritie chronique, l'incendie allumé par quelques téméraires inconscients prend des proportions telles, qu'il dépasse nos frontières et réjouit les despotes du monde entier, las de recevoir des leçons d'équité de ce parangon de vertu dont les poches regorgent de pourboires pour services rendus à l'oligarchie qui dirige le royaume. D'aucuns annoncent une fin de règne sombre, où le peuple exaspéré réclamera que les têtes tombent dans le panier de la vertu. Ce n'est tout de même pas trop demander rageait ma concierge devant un rappel d'impôt, pour avoir omis de déclarer ses étrennes.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

 

L'ombre du vent de Carlos Ruiz ZAFON

J'aurai dû me méfier, le résumé annonçait un récit à rebondissements et quelques millions de lecteurs de par le monde. Malheureusement l'intrigue est prévisible et convenue. Le style, certainement dû à une traduction aléatoire, est puérile, les métaphores hasardeuses. A lire sur la plage, sous un soleil brûlant, éventuellement; à l'ombre d'un parasol.

N.B. Renoncez aux romans dont le titre se réfère à l'ombre, surtout en été.

La citation du jour et d'actualité :

 

Si tu dois faire pencher la balance de la justice, que ce ne soit jamais sous le poids de l'imposture, mais sous celui de la probité. E.D.

 

Le 29 juillet, 1 an de blog

 

C'est un présent que je vous offre à l'occasion de cet anniversaire. Il s'adresse à tous ceux qui subissent encore l'addiction de celui que d'aucuns considéraient comme un phare, un soleil, une étoile, qui leur indiquerait la direction, le chemin de la félicité, du nirvana. Ce ne fut que la lueur tremblotante d'une bougie dont le halo incertain ne dépassa pas le bout de leurs chaussures.

S'il restait encore dans notre beau pays, quelques laudateurs, prosélytes ou autres zélateurs de ce thaumaturge de pacotille, ce texte est pour eux. Il ne les blâme pas, se contente juste d'analyser les symptômes de leur mal et comme thérapie suggère un simple claquement des doigts comme lorsque l'on sort d'une séance hypnotique.

 

Le syndrome de Neuilly-sur-Seine

 

Quels sont les individus qui adulent et supportent envers et contre tout, les oligarques qui se sont emparés du pouvoir ? L'on pourrait penser qu'il s'agit de personnes appartenant à la même catégorie sociale, et, que dans un élan de solidarité bien légitime, elles soutiennent ceux qui défendent leurs intérêts.

La réalité est tout autre. Les partisans les plus farouches de la ploutocratie sont des pauvres. Cette affirmation péremptoire a de quoi surprendre, elle me fut révélée par mon ami, Parménide d'Elée. Si l'on élimine les anciens qui leur accordent leur suffrage pour des raisons sécuritaires et hélas, d'exclusion, il fallait bien que la caste des nantis trouvât un soutien au-delà de son propre camp pour emporter la majorité et tenir les rênes de notre beau pays. Le petit peuple y pourvoira.

Car ce peuple, abusé le plus souvent par une propagande grossière, diffusée à son intention, fait un transfert. Il s'immerge dans la vie luxueuse qu'il découvre à travers les médias, et s'invite inconsciemment sur le yacht des festivités.

Les pauvres éprouvent de l'empathie pour ceux qui les oppressent car il vivent dans leur monde par procuration, ils imaginent et partagent la vie des gens aisés comme ils s'identifient au héros de leur programme de téléréalité préféré. Ils font partie de leur monde.

Dans d'autres circonstances, des otages exprimeront de la compassion pour leurs tortionnaires, c'est ce que l'on définira par le syndrome de Stockholm. Quel est l'étrange mécanisme du cerveau humain qui conduit un être sain d'esprit à éprouver de la pitié pour celui qui l'a terrorisé ?

Chacun a eu l'occasion de côtoyer une ou plusieurs victimes de ce syndrome, un ami, un collègue, un parent, qui fait preuve d'un zèle excessif, voire exubérant, envers un “puissant” un, qui a réussi, qu'importe si le procédé utilisé pour parvenir à la célébrité ou la richesse a consisté le plus souvent à nuire aux intérêts du pauvre hère; celui-ci ne lui en tiendra pas rigueur, c'est la règle inéluctable du jeu, croit-il. Il supportera avec ardeur, celui qui est arrivé au firmament en le dépouillant, car il a fait sienne sa réussite.

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

 

Le seigneur de Bombay de Vikram Chandra

Monumental, et monstrueux. Ce roman de plus de mille pages est effrayant et captivant, car l'on bascule dans l'univers tentaculaire de Bombay/Munbai, avec ses ruelles crasseuses, ses rickshaws pétaradants, la pollution, l'extrême pauvreté et puis l'autre Bombay, celui des stars de Bollywood, des paillettes, du champagne, de la corruption, des dollars. Ganesh issue des ruelles  nauséabondes où la mort guette à chaque encoignure de porte, deviendra l'un des hommes les plus puissants de la mégapole. Face à lui un flic honnête, peut-être le seul de Bombay, enquête sur fond de conflit indo-pakistanais et de terrorisme nucléaire. Passionnant. 24 Euros.

 

Le 4 août,

 

Sur la déchéance de la nationalité et ses conséquences inattendues,

Notre Démiurge, le phare de nos pensées vient d'avoir une idée qui ne pouvait germer que dans un cerveau en ébullition permanente, au point que ses courtisans craignent que le couvercle ne saute.

Il a en effet inventé l'être humain qui est de nulle part, d'aucun pays de cette planète. Il fallait, afin de détourner l'attention de la plèbe, occupée à lorgner par le trou de la serrure ce qui se passe chez la riche délinquante de Neuilly, provoquer un séisme tel, que le scandale se liquéfie comme un sorbet à la fraise resté en plein soleil, quitte à proférer un anathème envers une population déjà meurtrie. Excommunier des individus du monde des vivants.

Même si des gens raisonnables révèlent que cette loi est contraire aux principes fondamentaux de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la cour caquette comme aux plus beaux jours et chacun d'y aller de sa surenchère afin d'obtenir une caresse de son maître.

Ma concierge, d'origine espagnole, comme je l'ai indiqué le 24 juin dans d'autres circonstances, tremble d'effroi. Elle imagine la scène effroyable, où ayant rendu le trottoir glissant par l'eau savonneuse qu'elle y répand pour nettoyer les déjections canines, un pandore dérape et se fracasse le crane sur le pavé, et par ce simple geste détergeant devenir une apatride, une femme de nulle part, un fantôme errant sans identité dans le royaume d'Hadès entre le Styx et le Léthé. Soudainement, elle saisit balais, serpillière, et seau, qu'elle remisa dans un placard, bien décidée à laisser la race canine souiller les trottoirs sans intervenir; ses collègues l'imitèrent et la ville devint un cloaque. Les conséquences d'une loi inique sont quelquefois déconcertantes.

 

Le 11 août,

 

Alors que l'eau et le feu dévastent une partie de la planète et que la sécheresse sévit au Sahel sans que cela n'émeuve plus personne, tant l'information est devenue banale, le bon peuple a la tête tournée vers un quartier d'une ville de Province où l'on embastille à tour de bras. La méthode est classique, les pandores caparaçonnés comme pour les joutes, investissent les lieux suspects en défonçant les portes à coups de bélier, puis après avoir saccagé le repaire des délinquants, ou supposés tels, ils ramènent leurs trophées en pleine lumière pour le plus grand plaisir des échotiers qui battent le macadam depuis l'aube et laissent échapper quelques ovations.

C'est que le Vizir de l'intérieur, l'albinos dégoulinant, est puni. Ses résultats ayant été jugés calamiteux par son Maître, il est astreint aux devoirs de vacances s'il ne veut pas tomber en disgrâce, et être chassé de la cour à la rentrée. Alors la racaille, ou supposée telle, puisqu'elle vit dans des tours insalubres, est la proie des foudres du Vizir, devenu pour la circonstance cramoisi, lequel espère  l'absolution de son maître, quitte à en faire un peu trop et engeôler des innocents. Mais selon un aphorisme célèbre de ma concierge : L'on ne peut être totalement innocent lorsque l'on est basané.

Pendant ce temps là, à Neuilly, tout est calme, les avenues ombragées sont désertes, la Seine coule langoureusement  autour de l'île de la Jatte, les protégés de notre timonier ont investi les plages de Saint-Tropez, Capri, ou d'ailleurs……

 

La citation du jour :

La vraie fortune des riches n'est pas ce qu'ils possèdent, mais ce qu'ils convoitent. E.D.

 

Le 16 Août,

 

Sur la persécution d'une population maudite: Les Roms. Notons au passage que Rom veut dire : Être humain, en romani.

Un conseiller de notre potentat eut, un matin triste, une inspiration diabolique, qu'il s'empressa d'aller révéler à son maître: Puisque la traque des noirs et des arabes commence à lasser, voire à courroucer le bon peuple, attaquons nous à une population exécrée par la plèbe: les romanichels, lui glissa-t-il dans le creux de l'oreille, en ricanant sinistrement. Aussitôt le Potentat, entrevoyant de reconquérir l'estime de son peuple, du moins une partie de celui-ci, fit appeler son Vizir de l'intérieur, l'Albinos luisant, pour lui confier la mission de lancer la curée sur ces asociaux irréductibles, qui ne peuvent tenir en place et colportent depuis la nuit des temps une image néfaste, qui leur colle aux galoches comme un chewing-gum. Accusés de sorcellerie, d'hérésie, de chapardage de volatiles, notamment, ils sont dans l'imaginaire du bon peuple des suppôts de Satan, ce que le Machiavel de l'Elysée comprit instantanément car en matière de fourberie il est passé  maître, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il emporta les suffrages de ses sujets, sans coup férir.

Ainsi, le Torquemada en devenir, mit la maréchaussée en ordre de bataille et les lança sur les villages de carton, pour le plus grand plaisir de ma concierge qui n'en perdit pas une image à la télévision, car elle aussi, avait eu à souffrir de cette population, du moins le croyait-elle, et se signait trois fois,  chaque fois qu'elle se retrouvait face à l'un de ces misérables.

N.B : Notons le remarquable sens de la terminologie de nos édiles qui emploient le nom Rom, alors que celui-ci est un nom générique désignant les bohémiens, les gitans ou les tsiganes. Ces derniers ayant une connotation  folklorique et artistique dans la réminiscence populaire c'est le nom Rom qui fut retenu.

Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour ce formidable musicien Rom qu'était Django Reinarth, qui vécut dans sa jeunesse dans une roulotte, et, jouait du jazz manouche au marché aux voleurs de Saint-Ouen. Voit-il ce qu'est devenu le pays qui l'accueillit jadis, au temps où les artistes opprimés venaient chercher du réconfort chez nous ?

 

Dans la rubrique les livres que j'ai lus ou presque :

 

Révolutions de J.M.G. Le Clézio

C'est la pauvreté ou l'injustice qui pousse les hommes à accomplir des actes dont ils ignoraient qu'ils en étaient capables. L'auteur retrace le parcours de ses ancêtres, de la Bretagne, dans une France révolutionnaire, à l'île de France (Maurice). Fuir vers d'autres horizons comme Jean, pour échapper à une guerre injuste. Il émane de ce roman, comme dans les autres d'ailleurs, une nostalgie tranquille, comme si l'auteur observait ses personnages avec un sourire triste et bienveillant, mais avec la conviction que le bonheur n'est pas pour les hommes.

 

Le 24 août,

 

Lapidation, indignation, hypocrisie, et fourberie.

Ce qui surprend dans les actes de nos édiles c'est l'hypocrisie à peine voilée de chacune de leurs démarches dont l'objectif prosaïque est de rameuter des partisans, sous couvert de magnanimité, à la cause perdue de notre Monarque, afin qu'il conserve le pouvoir. Les vies brisées ne servent que l'intérêt particulier de quelques uns.

Une femme va subir la lapidation. Ce supplice abominable, d'un autre âge diront certains, quoique notre ère en matière de barbarie n'a rien à envier aux précédentes, indigna notre Monarque qui poussa la Diva du Palais à exprimer sa révolte par une missive enflammée dont toute la presse se fit l'écho.

Quelques esprits chagrins, des atrabilaires en mal de notoriété, soulignèrent que les protestations indignées de notre Monarque risquaient fort de produire l'effet contraire au but recherché, car les rapports entre le Khalïfa de Téhéran et notre Monarque se sont particulièrement détériorés ces deniers temps, notamment à cause de déclarations intempestives du Vizir des intrigues extérieures. Mais qu'importe, il fallait que le bon peuple sache que son souverain pouvait faire preuve, de temps à autre, de compassion, même si celle-ci n'était qu'un artifice.

La Diva du Palais exprima sa stupéfaction lorsqu'elle apprit que la faute de la lapidée en sursis n'était qu'une relation amoureuse hors mariage, et pour cause, le mari étant décédé. Elle dont les amants furent pléthore avant de succomber aux charmes irrésistibles de notre Monarque, un beau soir d'été, sous la véranda d'un vendeur de réclames.

Les esprits chagrins dont je vous entretenais à l'instant, eurent l'impudence de suggérer que le soudain intérêt de notre Démiurge pour la suppliciée n'était que de façade, et n'aurait pour motivation que faire oublier les turpitudes qu'endurent les gens du voyage. Turpitudes que même  l'église catholique, pourtant  experte en persécution, condamna.

 

Le 31 août,

 

Sur les déchets de l'humanité et la jouissance de la persécution.

 

Depuis la nuit des temps, des peuples, des ethnies, des communautés, ont été rejetés par leurs congénères pour des motifs divers, dont la différence est le leitmotiv. Différence d'aspect, de mode de vie, de religion…..Ces hommes et ces femmes, déracinés ont été proscrits, condamnés à l'errance perpétuelle. Peuples maudits, dont le vagabondage les conduira à la persécution. Ce sont les arméniens, les kurdes, les kosovars, les tchéchènes, les touaregs, les bohémiens, les juifs, les tutsies, les tsiganes…..

En 1682 Louis XIV ordonna que tous les bohémiens, romanichels, tsiganes, soient condamnés aux galères à perpétuité, sans procès, les femmes rasées, les enfants enfermés dans des hospices. Le Vizir des déportations de notre beau pays, a encore de la marge dans l'abjection.

Ces “déplacements” aboutiront aux persécutions, voire aux génocides, car l'errant est potentiellement dangereux, vecteur d'idées subversives, de sortilèges, et chapardeurs. L'inquisition ne les épargnera pas, les nazis non plus, la tradition se perpétue.

La jouissance de la persécution est ancrée en chaque être humain, comme une tumeur, certains surmontent cette pulsion malsaine d'autres non. Les barbares  sont (toujours) parmi nous.

 Un exemple :

Un fait divers, bouleversant, a retenu mon attention : Six personnes réputées comme associables, marginaux, ont torturé pendant plusieurs jours un homme qui se considérait comme leur ami. Cet homme, simple, était différent, il était obèse. Il a subi les pires sévices qu'un être humain puisse endurer : Sodomisation à l'aide d'un manche de pelle, brûlures, émasculation, arrachage des dents à vif, pour être, finalement, au bout de l'horreur, achevé à coups de pierres. S'ils vivaient en marge de la société, rien ne laissait entrevoir le comportement bestial  (bien qu'aucun animal ne se livrerait à de telles atrocités) de ces êtres humains. La jouissance de la persécution revêt plusieurs degrés dans l'abject, suivant que le persécuteur soit rustre ou raffiné,  mais elle a toujours le même dessein : martyriser celui qui est différent.

 

Le 4 septembre 2010,

 

Sur Julien Coupat, labellisé par la Vizir des intrigues intérieures, terroriste de l'ultra gauche.

Relire l'article du 19 septembre 2009.

Un an a passé, et les charges retenues contre ce dangereux terroriste se sont évaporées. La machination orchestrée pour assouvir une tendance perverse à désigner un bouc émissaire a échoué. Les procès verbaux établis par les pandores étaient falsifiés. Six mois de prison pour rien, si ce n'est la jubilation d'une autorité machiavélique.

La citation du jour : Inspirée de l'argent de la vieille (voir l'article du 19 juin). Cette citation pourrait émaner de notre grand timonier, elle n'est que de votre serviteur, lui, se contente prosaïquement de l'appliquer.

 

La politique, c'est l'art d'obtenir l'argent des riches pour acheter les suffrages des pauvres. E.D.

 

Le 8 septembre,

 

Ma concierge est rentrée de vacances, qu'elle a passées dans le sud de l'Espagne dans sa famille, car celle-ci, bien que française, née en France, mais de parents espagnols républicains chassés par le régime franquiste, a la nostalgie du pays de Cervantès. Je la mis aussitôt en garde, car avec son teint bronzé, son opulente poitrine maintenue par la ceinture de son tablier, et son foulard bariolé sur la tête, elle risquait fort de passer pour une gitane et tomber dans les rets de la maréchaussée et ainsi imiter sans le vouloir, la vie tumultueuse de l'auteur de Don Quichotte, lequel fut, comme chacun sait, mutilé, excommunié, emprisonné. Elle me jeta alors un regard où se lisait l'incompréhension, ignorant  la traque aux roms de l'été, dont je lui donnais le récit. Epouvantée, elle arracha son foulard qu'elle enfouit précipitamment dans la poche de son tablier, et courut vers sa loge en poussant des cris d'orfraie, en espagnol, évidemment. Je remontais vers ma modeste demeure en sifflotant, persuadé qu'à l'instar d'Orphée j'avais amadoué le cerbère de ces lieux.

La citation du jour :

Les lois sont faites par des gens qui ne sont pas concernés par celles-ci. E.D.

 

Le 12 septembre,

 

Sur les noces du traitre.

Et voilà que l'apostat, le sycophante, le transfuge refait parler de lui, un de ceux dont je vous parlais le 19 mars, passé maître dans l'art de la traîtrise, et de la fourberie, après son seigneur, évidemment. Malgré son physique ingrat, et sa mauvaise haleine, inconvénient dont souffre tous les traîtres, à l'exemple de Talleyrand qui était affligé de ce travers, en plus de son pied bot, le perfide a réussi, on ne sait par quelle rouerie, à attirer dans sa couche une jeune oie blanche. Celle-ci, dont la beauté n'a d'égale que la laideur de son soupirant, éblouie par les dorures de l'antre où il réside et les pouvoirs que le Potentat lui a octroyés en récompense de sa désertion, surmontant la répulsion qu'inspire cet homoncule, a décidé de lui donner sa main en toute vénalité comme il sied, hélas, a de nombreux hymens.

Voici donc le félon juché  en compagnie de son trophée, singeant ainsi son Maître, sur la caravane de la honte parcourant le royaume nettoyé de ses parias par des califes terrifiés de perdre leur gagne-pain, arborant un sourire caustique, savourant une gloire éphémère, devant une populace dépitée.

 

Le 18 septembre,

 

Gros mensonges et petites chamailleries entre amis.

Platon disait : La plupart des hommes qui accèdent au pouvoir deviennent des méchants. J'ajouterai, si le Maître me le permet, des mythomanes aussi. La propension à mentir peut dans certains cas être altruiste : Cacher à ce bon peuple les périls qu'il encoure, afin de ne pas l'inquiéter, relève de la délicatesse. Mais le plus souvent le mensonge est plus mesquin et ne contribue qu'à servir l'ambition personnelle. La mythomanie est comme chacun sait, même ma concierge, une maladie qui pousse le sujet atteint, à un besoin compulsif de mentir, de travestir la vérité.

Examinons le cas de notre Potentat lors du dernier symposium tenu dans cette ville qui porte le nom d'un chou. Il n'a pas menti, il a exprimé ce dont il était convaincu, la vérité. Sa vérité. Le comportement est classique chez le mythomane, bâtir une fable, dont le plus souvent il est le héros, et y croire dur comme fer. Malheureusement, cette pathologie que d'aucuns pourraient penser bénigne, est souvent liée à l'hystérie, voire à d'autres névroses ou perversions. Outre le fait qu'il entendit, à l'instar de Bernadette, une voix à l'accent guttural cautionner la traque faite aux gens du voyage, il crut entendre également ce brave Lula, qui n'osa le contrarier, consentir à l'achat d'une trentaine d'aéronefs dont personne ne voulait. Les fabulateurs vivent dans un monde merveilleux.

En supplément gratuit : Conte de la folie ordinaire.

Je remercie les esprits de Marco Ferreri et Charles bukowski qui m'ont habités lors de la rédaction de cet article.

Un vieillard cacochyme vivant en de lointaines contrées, sur une île caribéenne, averti du sort cruel réservé aux errants du vieux continent, s'inquiéta de la santé mentale de son confrère, Prince du royaume de France. Ce vieillard ayant lui-même perdu une partie de ses esprits lors d'une chute mémorable, qui lui ébranla le cerveau, crut discerner chez son homologue, les mêmes symptômes qui l'accablèrent : Perte de mémoire, tremblements, irascibilité, paranoïa. Conscient de la solidarité qui anime les grands de ce monde, il dépêcha son exorciste personnel auprès de notre grand timonier afin de remédier à ses troubles;  pour le moins importuns pour qui a le dessein de devenir le maître de l'univers. Traitement dont l'efficacité est indéniable puisque le noble vieillard n'arbore plus une tenue vestimentaire ridicule, mais une veste de treillis qui sied mieux à un révolutionnaire reconverti dans le despotisme. C'est ainsi que l'exorciste arriva au palais de notre souverain et pratiqua ses incantations muni dans la main droite de pattes de poulet de chez Bourgoin et dans la gauche, d'osselets magiques issus du corps de feu Bongo, autre expert en sorcellerie. Désenvoûtement exécuté sous le regard de la diva qui entonna une ritournelle afin d'accompagner la danse du charlatan. Le résultat fut prodigieux. On vit, sous les yeux stupéfaits des courtisans, le crâne de notre timonier revêtir une épaisse toison blanche, symbole de la sagesse, son corps prendre des proportions harmonieuses, symbole de la vertu, et son élocution, autrefois saccadée et absconse, prendre des accents de rhéteur romain, dont le timbre n'était pas sans rappeler un certain Galouseau. La Diva n'y tenant plus l'entraîna vers les alcôves obscures du palais.

Merci Marco, merci Charles.

 

Le 23 septembre :

 

Apocalypse now ou comment semer la terreur dans les chaumières. 

La fin justifie les moyens disait Machiavel,  le Vizir des intrigues intérieures et son Maître ont remis cet aphorisme au goût du jour.

Juanita Conception Hernandez, la concierge de l'immeuble qui abrite mon humble demeure est dans tous ses états. La menace terroriste propagée, par les hérauts du pouvoir, est sur toutes les lèvres. Plus rapide qu'un incendie de pinède, elle a enflammé les rédactions, lesquelles enchaînent alerte sur alerte. Les pyromanes hilares se tapent sur les cuisses.

L'accès de notre gîte, pour le moins surveillé auparavant, est devenu aussi compliqué que d'entrer dans le royaume d'Hadès sans passeport. Notre cerbère veille, inutile de jouer d'un instrument de musique pour l'amadouer. Les locataires, dont certains vivent sous ce toit depuis plusieurs décennies, sont soumis à une fouille systématique dès leur apparition sous le porche. J'ai ainsi, sous le regard salace de la matrone, subi la palpation d'une partie de mon anatomie que la décence m'interdit de nommer. Les cabas sont inspectés, et tout ce qui pourrait entrer dans la confection d'un engin explosif confisqué. Chaque pétarade de motocyclettes provoque chez la commère une ruée vers son antre dans laquelle elle a conçu un abri susceptible de résister à une déflagration nucléaire. Le facteur qui avait pour habitude de partager quelques libations avec notre gardienne, est maintenu en dehors d'une zone de sécurité matérialisée par une double rangée de barbelé. Le quartier, autrefois si joyeux est devenu un lieu désertique où des ombres se croisent furtivement en se regardant en chien de faïence. Les femmes enceintes sont invitées à ne plus circuler depuis que la rumeur parle d'une fanatique bardée de bâtons d'explosif. La terreur règne.

Pendant ce temps, le Machiavel du royaume des crédules, un sourire  sarcastique sur les lèvres, confectionne les boites qui serviront au prochain plébiscite.

 

La citation du jour :

La peur est l'arme suprême des tyrans, en dernier ressort, lorsque le mensonge n'a plus d'effet. E.D.

 

Le 1er Octobre 2010,

 

L'automne est là.

Tout suffocant et blême quand sonne l'heure, je me souviens des jours heureux et je pleure.

Je demande pardon à Verlaine pour avoir détourné ses vers sublimes, mais ils témoignent avec tant d'acuité l'état dans lequel se trouve notre thaumaturge, qu'ils semblent avoir été écrits pour lui.

En effet notre timonier, celui qui était le phare de nos pensées, est au plus bas dans l'estime de son peuple bien aimé. Pire il est abandonné, voire humilié par son premier Vizir qui le renie, l'écarte d'un coup de savate bien senti, avec cette phrase terrible et définitive : Tu n'as jamais été mon mentor. Alors quand arrive l'heure des comptes, le soir dans les bras de sa Diva, il pleure et se souvient des jours heureux où son peuple l'adulait, où il conduisait le char de la gloire  comme Phaéton, et que les hérauts agenouillés chantaient ses louanges. Mais à l'instar du fils d'Hélios, il a perdu le contrôle du char et se retrouve dans l'enfer, après un ultime dérapage, entre le Cocyte, torrent des lamentations et le Léthé, ruisseau de l'oubli. Le Vizir félon, jubile de la déconvenue de son maître. Sa complice, la fille du borgne vociférant, lui indique que le palais des dieux sera bientôt à sa portée.

 

Le 9 octobre 2010

 

La rédemption.

Ainsi donc notre Monarque est allé au Vatican, consulter le chef de l'église catholique, pour y recevoir l'absolution de toutes ses turpitudes. Certains mauvais esprits prévoyaient un séjour d'une durée au moins équivalente au ramadan où durant cette période nos amis musulmans purifient leur corps et leur âme par l'abstinence. Il n'en fut rien, la confession ne dura que quelques heures et il reçut l'absolution du très Saint Père qui avait d'autres mécréants à fouetter, ou bien dans son extrême  sagesse avait-il perçu la fourberie de la démarche du pénitent, ce qui paraît le plus probable. Toujours est-il que jouant son rôle d'homme affligé à la perfection, notre cabot n'eut de cesse de psalmodier des "pater noster" devant toutes les saintes reliques qu'il trouvât, d'invoquer à genoux Sainte Pétronille, de réclamer tous les colifichets qui siéent à ce culte, et s'en parer, et lorsque cameramen et preneurs de son eurent la preuve évidente que notre Monarque était un bon chrétien, sauter dans sa limousine où l'attendait le Vizir félon qui s'était vu interdire l'entrée des lieux saints; il ne faut tout de même pas prendre les enfants du bon Dieu que pour des bécasses. Lesquelles sont, comme chacun sait, les animaux les plus stupides de notre univers, et non pas les canards sauvages qui ont la clairvoyance, lorsque les cieux deviennent vert de gris, de migrer vers des contrées plus accueillantes, dans l’attente de jours meilleurs.

 

Le 17 octobre,

 

Juanita Conception Hernandez, la gardienne de l'immeuble où j'habite, et dont vous connaissez les  commentaires sans concessions, souvent acerbes mais jamais dénués de bon sens me disait, alors qu'elle m'avait coincé dans l'escalier entre son opulente poitrine et le mur : « Les lois sont faites par des gens qui ne sont pas concernés par celles-ci ». Je tombai des nues, pourquoi n'y avais-je pas pensé ? En effet, avez vous déjà entendu parler d'un Ministre métallurgiste, mineur, maçon, déménageur....ou concierge. Non. Parce qu'il n'y en a jamais eu et qu'il y en aura probablement jamais, sauf sursaut populaire dont je commence à désespérer. Pourtant les oligarques qui tiennent d'une main ferme, les rênes de la destinée de notre beau royaume,  s'arrogent le droit de réglementer la vie des autres sans vergogne comme s'il s'agissait de la leur. Manifestations, cris, protestations, grèves, rien n'y fait. Suivant l'exemple de leur chef ils répondent que c'est pour le bien du peuple, comme une amputation est bonne pour le malade afin d'éviter la gangrène. Omettant de s'appliquer à eux même la mutilation car ils ne sont pas concernés, puisque nantis jusqu'à la fin de leurs jours, grâce justement au labeur du peuple dont  la bonté tourne souvent à la crédulité.

 

La citation du jour :

La retraite délivre de l'asservissement, la mort de la vacuité de la retraite. E.D.

 

Le 25 octobre 2010,

 

 Les grèves ne sont que l'expression populaire de l'impéritie du pouvoir.

La colère gronde, des hommes et des femmes campent malgré le froid sur leur lieu de travail pour exprimer leur amertume contre les années de labeur supplémentaires que le Monarque a décidé de leur infliger, pour leur bien. Car, fait-il savoir, les hommes vivent plus longtemps et selon une logique implacable et sommaire doivent travailler jusqu'à épuisement de leur force; qu'en auraient-ils fait de ces forces, durant les quelques années qu'ils leur restaient à vivre, alors qu'ils ne sont plus d'aucune utilité si ce n'est à toucher leurs misérables pensions ?

L'élite du royaume, ceux dont les mains sont soigneusement manucurées et ne connaîtront jamais le contact glacé de la ferraille l'hiver, peuvent goûter des vacances réparatrices après les heures exténuantes passées à se quereller sous  les lambris dorés des assemblées des élus du peuple, qu'ils viennent une nouvelle fois de trahir.

La mort d'un baron.

Un des barons de notre royaume est mort, foudroyé comme un chêne par le feu du ciel, à moins que ce ne fût par la vindicte de ses ennemis, lui, que l'on pensait indestructible. Homme tonitruant, érudit, tribun, visionnaire, bâtisseur, il donnait libre cours à sa mégalomanie de génie. Comme Prométhée, il voulait transmettre la connaissance aux hommes, aussi les livres étaient gratuits pour les enfants de cette douce province de "Septimanie" où son peuple l'adulait. Il lançait ses apophtegmes comme un sage même si celles-ci de temps à autres tournaient, à cause de son tempérament emporté, à l'invective que les hérauts s’empressaient d’amplifier.

 

 Le 28 octobre 2010,

 

Les barbares.

En Somalie deux jeunes filles ont été exécutées pour espionnage. Elles étaient assises par terre, dans la poussière, les mains ligotées derrière le dos, les yeux bandés pour qu'elles ne voient pas la mort en face, ou bien peut-être, pour que leurs bourreaux ne rencontrent pas leurs regards désespérés. Mais les chabab, ces guerriers courageux, leur tireront une balle...dans le dos, devant une assistance honteuse qui se dispersera le cœur au bord des lèvres. Le commandant pérorant sur son hammer, tirera quelques coups de feu en l'air pour célébrer ces meurtres.

Ce pays que l'on nomme la corne de l'Afrique, fut durant l'antiquité une des contrées les plus riches du continent, où se croisait romains, grecs, égyptiens, pour le commerce de l'ébène et de l'or. Par quelle malédiction  est-il devenu au fil du temps, une région de désolation où les humains s'entretuent comme des bêtes enragées. L'horreur à quelques kilomètres d'un territoire où sont stationnées les troupes des armées françaises, indifférentes.

 

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Le 31 octobre 2010,

 

Ce sont les heures d'hiver, où l'on dort un peu plus, où le jour s'effrite plus tôt, où le temps est plus propice à la lecture.

 

La rubrique les livres que j'ai lus ou presque revient.

Bel-Ami  de Guy de Maupassant.

D'aucuns pensaient que cette rubrique littéraire était mort-née, il n'en est rien, juste que je me complaisais dans les métamorphoses et que je n'avais pas envie de partager. Mais entre deux contes didactiques où l'horreur succède au fantastique, l'amour le plus pure à l'inceste le plus rebutant, j'ai relu avec le même immense plaisir Bel-Ami. Que ce roman est d'une actualité criante ! Comme il est aisé de mettre des noms sur les visages de Georges Duroy ou de Forestier ! Tout ce qui dégouline de ces deux personnages : La vanité, la couardise, la flagornerie, la cupidité sont les vertus de nos chroniqueurs d'aujourd'hui.

Je sais qu'il est dans l'air du temps de taper sur cette profession laquelle comporte sûrement quelque pisse-copies intègres, voire talentueux, mais n'a-t-elle pas donné le bâton pour se faire battre. Je pense plus particulièrement à ce gros journaliste visqueux, portant la raie sur le coté (droit) les cheveux plaqués par de la gomina comme au temps de Maupassant, qui minaude sur les plateaux en tortillant son gros derrière, et qui dans un livre mémorable sur les prétendants au trône de notre petit timonier omit tout bonnement celle qui deviendra sa principale rivale. Mais qu'importe la balourdise, la pédanterie reprend vite le dessus, et on le voit pérorer devant la caméra accusant l'autre d'un mal dont il est lui-même atteint : La servilité. (toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé n'est pas fortuite)

 

Le 7 novembre,

 

Un pays dont la justice est régie par l'arbitraire n'est pas une démocratie.

Cet apophtegme dont Caton pourrait être l'auteur, n'est que la réflexion de votre serviteur devant l'iniquité dont vient de se rendre coupable le parquet au sujet de l'affaire dite "des sondages de l'Elysée" (voir l'article du 7 novembre 2009) : L'immunité dont bénéficie par la grâce infernale notre Potentat est étendue à ses conseillers en tripatouillage. Juanita Conception Hernandez, ma concierge dont vous appréciez la sagacité des jugements me disait : «Maintenant je comprends pourquoi on appelle ça le Parquet, c'est parce qu'on peut le fouler aux pieds comme  n'importe quel paillasson.» La métaphore était osée mais ne manquait pas d'à-propos. Ainsi l'enquête diligentée par quelques hurluberlus utopistes sur ces fameux sondages facturés et surfacturés par un certain Buisson, lequel se consumait il y a peu encore pour l'extrême droite (1), était mort-née puisqu'elle vise désormais des "intouchables". C'est ce qui s'appelle de l'efficacité dans la roublardise dont notre Monarque est un expert, à défaut d'intégrité.

C'est que les lourds nuages noirs des affaires s'amoncellent au-dessus de la tête de notre timonier, comme les mouches sur un membre en putréfaction, lequel membre pourrait bien être le bras de la justice.

 

La citation du jour : Les lois sont comme les toiles d'araignées, à travers passent les grosses mouches, et, restent les petites. Honoré de Balzac. 

 

 C’est bien la première fois que l’on me compare à une mouche ! S’indigna, Juanita Conception Hernandez en me fusillant du regard. Je regagnais prestement mes pénates.

 

(1)     Resucée de l’article du 28 juillet 2009 dont je ne me lasse pas.

 

 Le 11 novembre,

 

Les laissés-pour-compte. Le 24 novembre,

Commémoration de la fin de la "grande guerre" ou de la "grande boucherie" du début du XXème siècle, au choix : 10 millions de morts. 20 millions d'invalides. Sans commentaires.

Mais ce n'est pas de ce carnage dont je vous entretiendrais en ce jour pluvieux de novembre mais de l'étripage qui se profile et aura pour décor la Corée du sud. Guerre de tranchée, dont l'enjeu est la suprématie du monde économique, c'est à dire du monde tout court. Le pays de l'idole noire vacille sous les coups insidieux du postulant à la couronne, dont le milliard et demi de petits robots faméliques trime sans relâche pour conquérir le trophée. 

Vingt pays: 80 % du commerce mondial, 2/3 de la population de notre planète, 90 % de la richesse du globe. Je ne suis pas un féru d'économie mais ces chiffres bruts, sans concessions, démontrent l'absurdité dans laquelle se complaisent les nations riches. Un continent entier, est oublié, laissé-pour-compte, l'Afrique. Alors, nous allons assister à une discussion de boutiquiers, chacun accusant l'autre de le payer en monnaie de singes, de ne pas respecter les règles du mercantilisme, de polluer la planète, ou d'affamer ceux qui sont déjà exclus du banquet. Mais à la fin, dans un communiqué laconique exprimant en termes choisis, que faute d'accord les choses resteront en l'état, les leaders du monde se congratuleront et prendront rendez-vous pour l'année suivante, mettant à profit ces douze mois pour saper l'économie de l'autre. Notre petit timonier tout frétillant de se trouver en pareille compagnie reprendra son avion flambant neuf, que son peuple lui a généreusement offert, afin de préparer le prochain sommet qui se tiendra sur ses terres et montrer ainsi à ce bon peuple qu'il est l'égal, voire supérieur, aux plus grands. A ce moment,  Juanita Conception Hernandez, poussa des cris d'orfraie, sortit de sa loge, la "Gazette des concierges" à la main, et me montra la une  où s'étalait ce titre effarant, révélant que notre royaume venait de passer le seuil des huit millions de pauvres. Me venait alors à l'esprit, allez savoir pourquoi, ce mot : Laissés-pour-compte.

 

 Le 19 novembre,

 

Karachi. Un nom qui claque comme une bombe. Qui sème l'émoi voire la terreur dans l'entourage de notre guide. Hier encore, il parlait à ce bon peuple, le rassurait, promettait la reprise économique, la fin du chômage, pérorait, parce qu'il avait terrassé les empêcheurs de régner en paix, et les yeux dans le vague glorifiait sa Diva, devant des échotiers bouche bée. Et puis la bombe éclate, pas la même que celle qui réduisit en charpie nos compatriotes, une bombe plus insidieuse, plus sournoise, celle qui explose des années plus tard, celle que la mèche lente de l'oubli n'a pu désamorcer, celle qui détruit non pas des vies, mais anéantie des années d'une carrière de trahison et de fourberie. Alors que le sommet était atteint, la bombe le renvoi au pied de la montagne qu'il faut gravir à nouveau tout comme Sisyphe. Mais le rocher est sanglant, il glisse des mains, et puis il y a l'argent de la vieille qui alourdit les poches, et les anciens amis, jetés en pâture aux chiens, qui s'accrochent aux basques.

 

 Le 24 novembre 2010,

 

Poursuite de la joute épique entre le paladin au casque d'argent et le Prince fourbe, sous les yeux du premier Vizir au  visage de clown triste affligé d'un sourire caustique,  qui n'attend que la chute de son maître pour enfin connaître l'ivresse du pouvoir. Dans la foule, deux jeunes femmes en deuil réclament avec véhémence la vérité sur la mort de leurs pères, à une justice asservie.

 

 

 

 

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:02

 

Le 10 novembre 2009,



Que s'est-il passé le 9 novembre 1989 ? un débat agite nos concitoyens car le thaumaturge de notre bon pays, en plus de ses dons surnaturels dont chacun peut se louer depuis qu'il a ravi le pouvoir aux rois fainéants, possède également le don d'ubiquité. Ainsi donc nous devons réécrire nos livres d'histoire : c'est lui qui a détruit le mur de Berlin avec son petit piolet en ce jour béni du 9 novembre 1989. Inutile de décrire la fierté qui habite notre bon peuple, qui du coup en oublie les tracas que lui causent la grève des transports, et la grippe A.

Demain, 11 novembre, commémoration de la signature de l'armistice qui mit fin à la boucherie de ce que d'aucuns nomment la Grande guerre. Mais qui a signé cet armistice à l'aube du 11 novembre 1918  dans un wagon de la forêt de Rethondes ? Ne serait-ce pas……..non, je n'ose y croire.



Le 17 novembre,



Un milliard. C'est le nombre de nos semblables qui sont victimes de malnutrition dans ce monde alors que nos greniers regorgent de blé à ne savoir qu'en faire et que le lait de nos vaches se répand sur les routes. Et Dieu dans tout cela ? Car c'est de ce grand absent ou plutôt de ses représentants dont je souhaiterai vous entretenir si vous avez quelques minutes à me consacrer. Pape, évêques, archevêques, etc…assis sur des trônes dorés, au milieu de richesses (terrestres) inestimables, font part de temps à autre de leur indignation dérisoire devant tant d'iniquité.

Savez- vous que le Mexique est un des pays le plus pauvre au monde et également le plus pieux. Je me souviens d'un voyage mémorable qu'entreprit le Saint en devenir, Jean-Paul II et la ferveur de la populace massée dans le stade mythique Azteca. Le pape était sur une estrade entouré des élites du pays, quand j'écris élites entendez, riches. Quel fut le discours de ce dieu vivant ? Ce phare de l'occident, qui déclara un jour que Pinochet était le digne représentant de la chrétienté en Amérique du sud. Il se leva majestueux la crosse à la main et tint en quelque sorte ces propos, s'adressant au bon peuple, humblement agenouillé “Sur cette terre il n'y a rien pour vous, que misère et souffrance, mais si vous obéissez à ceux qui m'entourent sur cette estrade, le ciel vous est promis.” En tout temps la religion a été aux cotés des puissants. Si tu ne crains pas la colère de ton maître, crains celle de dieu !

Ce qu'il y a de paradoxal et inquiétant c'est qu'il s'agit d'un pays où la criminalité est un fléau malgré la dévotion ambiante. Trafic de drogue, assassinats, prostitution, enlèvements, corruption, alors que le peuple pousse la croyance jusqu'au mysticisme. Est-ce que la religion ne serait pas un “pousse aux crimes” ? c'est la question qu'il serait bon de se poser lorsque l'on voit les mafieux, et autres criminels, arborer avec ostentation les colifichets de la chrétienté, invoquer la Vierge, se signer à tout va, pour en fin de compte s'absoudre eux mêmes de leurs crimes. Dieu est miséricordieux.

 

Le 20 novembre 2009,

 

L'on peut gagner en trichant, en ne respectant pas les règles du jeu. Il y a des tricheries flagrantes où le tricheur est démasqué et voué aux gémonies de la communauté, l'acte honteux restera à jamais accroché à ses basques, c'est un homme perdu, marqué à vie du sceau de l'ignominie comme le furent autrefois les prostituées. Puis il y a les tricheries plus insidieuses, celles des professionnels de la magouilles, des princes de la rouerie, lesquels en général ne se font jamais prendre et se sortent toujours des situations les plus compromettantes, même pris la main dans l'urne.

La manipulation des esprits n'est-elle pas une des formes de la tricherie ? jouer de l'instinct grégaire d'une population crédule en livrant des sondages frelatés, des chiffres invérifiables, des informations tronquées n'est-ce pas le comble de la malhonnêteté ? Faire appel au plus bas instinct d'une population désespérée, en incitant au rejet de l'autre parce qu'il est différent, ne constitue t-il pas une fourberie digne de Machiavel ? Je laisse ces questions à votre perspicacité.

 

Le 25 novembre,

 

Il existe un pays où les gens sont en proie à l'effroi. Ils se calfeutrent chez eux dès la nuit venue, rasent les murs lorsqu'ils se déplacent, n'empruntent que les artères sous caméras de surveillance. Leurs habitations disposent d'alarmes sophistiquées, leurs automobiles également. Ils serrent dans leur poche le dernier modèle du pistolet électrique qui les protégera et élèvent un molosse aux dents aiguisées prêt à bondir sur tout individu suspect. Des hommes en uniforme, fusils mitrailleurs à l'épaule, circulent dans les aéroports où chaque voyageur apparaît nu sur les écrans de contrôle. Des présumés terroristes qui projetaient l'attaque d'un train sont arrêtés et jetés en prison, des hordes de jeunes cagoulés déferlent sur les quartiers huppés.

La télévision délivre tous les quarts d'heure un message de mise en garde contre toutes sortes de péril et la conduite à tenir au cas où….Le guide suprême, que quelques ingrats accusent de mythomanie,  la mine sombre, le visage crispé,  envisage les pires scénarios, dénoncent les tentatives d'attentats déjoués à l'ultime minute, énumère les mesures prises pour sauvegarder la vie des honnêtes citoyens, ajoute loi sur loi pour contrecarrer les manigances des criminels de tout poil, prédit l'apocalypse.

 

Des élections sont à l'horizon.

Rassurez-vous braves gens, ceci n'est qu'une fiction qui a germé dans l'esprit malade d'un auteur atteint de psychose délirante. Ce pays n'existe pas……et tout amalgame avec une démocratie ayant existée ne serait que le fruit de votre imagination.

 

Le 26 novembre 2009,

 

Une société pyramidale. Qui n'a pas rêvé de faire partie de l'élite, celle qui régit nos vies misérables, accéder au sommet de la pyramide comme les pharaons au sommet de ces constructions tétraédriques et tutoyer les dieux. Monuments fascinants bâtis avec le sang et la sueur de milliers d'hommes, parmi lesquels des esclaves immigrés de Nubie et d'ailleurs. Nos civilisations ont-elles évoluées depuis ces temps lointains ? Ne suivent-elles pas les mêmes travers? Le peuple ne transpirent-ils pas pour que quelques privilégiés accèdent au sommet de la pyramide ? Comme ce “capitaine d'industrie” autoproclamé qui exige une somme extravagante pour conduire un troupeau d'ignorants vers la lumière. Nos pyramides modernes, tours de verre sans âme, ne sont-elles pas érigées sur la misère de travailleurs  venus de pays lointains où règnent quelques sybarites amis du monarque de ce pays ?

 

Le 28 novembre,

 

La campagne permanente. A peine une élection terminée, qu'il faut penser à la suivante. Les heureux élus sont en promotion permanente à l'instar de la lessive machin ou du dentifrice untel.  Plus le temps de s'occuper des administrés, chacun doit soigner son image et occuper le devant de la scène avec comme cheval de bataille de prédilection, celle qui est l'objet de tous les fantasmes je veux nommer la sécurité. Le guide suprême  a lancé lui même la campagne au cours d'une de ses diatribes éculées, mais qui fait se lever les foules, où tous les clichés sont réunis,  contre la délinquance dans les quartiers défavorisés. Il est vrai que les pauvres ont le droit de vivre leur misère en paix. Et les courtisans de surenchérir, celui-ci veut instaurer un couvre-feu, celui-là préconise la réouverture des maisons de correction, l'autre est partisan de milice privé armée, la bourgeoisie salive, la victoire se dessine, les électeurs sont convaincus, une nouvelle bataille est gagnée. La mystification a une nouvelle fois fonctionné.

Je relisais toujours avec le même plaisir juvénile, les mystères de Paris de l'immense romancier, feuilletoniste, Eugène Sue. Ce Paris du 19ème siècle et ses quartiers sinistres où la misère prospérait, où ceux que l'on nomme de nos jours les grands frères s'appelaient le chourineur, Bras rouges, la Chouette, l'ogresse….l'auteur décrit avec un rare réalisme la vie misérable de créatures prêtes à toutes les bassesses pour survivre, prostitution, trafics, crimes, viols. La loi du plus fort régnait dans un univers sordide déserté par la république et ses représentants. Deux siècles plus tard c'est le même constat accablant et… troublant dans nos cités où la pauvreté, mère de tous les vices, engendre les mêmes maux, crée les mêmes malheurs, sous le regard bienveillant d'habiles politiciens qui utiliseront à bon escient, le moment venu,  la fureur de ces laissés-pour-compte pour asseoir et conforter leur pouvoir.

 

Le 2 décembre 2009,

 

Alors que pointe la fin de l'année, des nuages gris, presque vert de gris défilent dans le ciel de notre beau pays. Ils viennent d'un tout petit pays voisin, que d'aucuns pensaient inoffensif, dont les habitants avaient la sagesse de recourir à la votation pour résoudre leurs petits problèmes quotidiens, à l'inverse du grand voisin où un monarque décide de tout et régit la vie de ses concitoyens sans se préoccuper des inclinations du plus grand nombre d'entre eux. Mais revenons à ces helvètes qui ont stupéfait le reste du monde en interdisant la construction de signes ostentatoires de culte d'une population déjà stigmatisée dans de nombreuses contrées dont la notre. Va t’on vers de nouvelles guerres de religions où chacun défendra ce en quoi il croit ? pas de minarets ici, de clochers là-bas, de coupoles ailleurs, de dômes, de croix grecques, de David….chacun aura compris l'absurdité de cette décision dont les fanatiques de tout bord se sont déjà emparés, exacerbant les instincts les plus bas d'une population décontenancée, prête à laisser exploser sa fureur contre n'importe quel bouc émissaire… justement, comme au temps où le vert de gris était en vogue.

 

Le 6 décembre,

 

L'indépendance de la justice est le reflet d'une démocratie authentique. La justice ne peut souffrir de pression d'aucune sorte et émane de lois dictées par le peuple ou ses représentants. C'est la théorie, mais les faits que nous vivons mettent bien souvent ce postulat à mal.

L'intervention de dirigeants dans le cours de la justice par des pressions, et la corruption, entraîne des dérives graves, lesquelles vont jusqu'à saper les fondements de nos démocraties, et par réaction crée des désordres, tels que manifestations, émeutes, et attentats, lorsque le sentiment d'injustice devient trop évident.

La corruption, et l'affairisme gangrènent les régimes plus ou moins démocratiques des pays africains, sous l'indulgence coupable des élus de notre pays, voire la complicité.

Denis Sassou NGuesso, Président du Congo possède vingt deux biens immobiliers en France et cent douze comptes bancaires, Omar Bongo et fils (Gabon)  trente neuf biens luxueux et soixante dix comptes, Theodore Obiang de la Guinée Equatoriale quelques dizaines de véhicules de luxe. Le PIB par habitant en Guinée est de vingt dollars, neuf cents au Congo, six mille au Gabon, en comparaison celui de notre beau pays est de trente mille dollars et n'arrive qu'au quarantième rang mondial. L'énumération fastidieuse de ces chiffres, je vous le concède, permet de mesurer l'extrême pauvreté de la population de ces pays. Une association a demandé à la justice de notre pays d'enquêter sur l'origine pour le moins suspecte de ces biens, une juge d'instruction courageuse  a validé la demande. La procédure a été rejetée par le parquet, c'est à dire par notre bon Monarque, au prétexte que ces collègues et amis Présidents bénéficient (comme lui) de l'immunité politique. Ainsi au nom de la fraternité entre Présidents intouchables, des millions d'africains pourrissent dans une misère infernale. Les experts estiment que plus de cent milliards de dollars, sont détournés chaque année sur le continent africain à des fins personnelles.

Notre brave dirigeant et sa cour,  en fermant pudiquement les yeux sur cette infamie, entretient ainsi la misère de la population africaine et par là même provoque l'immigration vers nos pays et leurs douceurs de vivre. Et comble de l'hypocrisie mène la croisade contre cette immigration qu'il a lui même générée.

Cette analyse dont je vous laisse seuls juges de la pertinence, rejoint celle que je vous laissais entrevoir sur la situation explosive de nos banlieues, état récurrent, savamment entretenu à des fins électoralistes.

 

Le 11 décembre 2009,

 

“La justice n'est pas juste” me lançait ma concierge, martyrisant à coups de balai rageurs le pavé de la courette de l'immeuble. D'où venait cette indignation qui enluminait d'un rouge vif ses joues mafflues ? Elle venait d'apprendre en parcourant une gazette, distribuée dans toutes les bonnes loges de Paris, et alimentant en ragots de toutes sortes, l'imaginaire de cette noble profession, la disparition annoncée du Juge d'instruction. ”A cause, poursuivait-elle avec véhémence, qu'un olibrius s'était lourdement fourvoyé dans une affaire de pédophilie dans le nord de notre beau pays. Est-ce que l'on doit supprimer tous les chirurgiens sous prétexte que l'un d'eux envoie, d'un malheureux coup de scalpel, un patient de vie à trépas ? Je restais coi devant cet argument massue, venu tout droit de l'esprit pragmatique de cette femme du peuple, que je considérai tout à coup d'un oeil nouveau. Même son coup de balai me paraissait à présent, salvateur.

Je cheminais, pensif, sur le trottoir qui me mène vers mon bureau et tentais de tordre le cou à la rhétorique, qui m'avait laissé pantois quelques minutes auparavant. Je misais sur l'intégrité de ces hommes dont la noble tache consisterai à rendre la même justice pour tous, pauvre ou riche, anonyme ou célèbre, indifférents à la corruption même passive et que l'attrait de l'avancement dans la hiérarchie ne saurait aguicher, comme cette femme vénale par la nouvelle opulence d'un hérésiarque devenu ministre. Puis je me rendais tristement à l'évidence, l'homme est corruptible, et notre guide suprême aura tout loisir de satisfaire les appétits de chacun en semant par ci par là les gratifications. Ma concierge avait raison ! Hélas.

 

Le 14 décembre,

 

N'ayant aucun sujet digne d'intérêt à vous proposer et ne voulant pas m'immiscer dans une controverse malsaine concernant l'immigration, ou la question sous-jacente est : faut-il tous les rejeter à la mer, je vous propose de méditer sur cette réflexion recueillie je ne sais où et qui a le mérite d'être d'actualité : ” La bêtise est infiniment plus réjouissante que l'intelligence. L'intelligence a ses limites, la bêtise, non.”

J'eusse de loin préféré que l'on se querelle sur l'homme en général, dans son environnement, sa relation avec le monde qui l'entoure, et son évolution. Car l'être est unique, il n'existe pas de sous espèce, du moins à ma connaissance, et si l'on réfléchit bien chacun devrait avoir la possibilité de vivre où il le désire. Personne ne peut demander à naître dans un lieu qu'il aura choisi à l'avance et par conséquent c'est le hasard qui décide de ce lieu, avec tout ce que cela comporte comme injustice pour les uns et chance pour les autres.

Mais je m'égare et vous entraîne dans des considérations où pêle-mêle, surgissent anthropologie, philosophie et métaphysique alors que je ne souhaitais que parler de tolérance.

 

Le 19 décembre 2009,

 

La fascination du pire. Vous avez le sentiment qu'une catastrophe irrémédiable va se produire et vous ne faites rien pour l'empêcher. C'est ce qui vient de se passer dans ce pays nordique où les responsables de la planète, qui devaient avoir le cerveau gelé, ont condamné celle-ci à une mort programmée. La rapacité a prévalu sur le discernement, l'égoïsme sur l'intelligence. Nous sommes gouvernés par des irresponsables et chacun de reporter la faute du crime sur l'autre. Car il s'agit d'un crime, pire d'un génocide contre l'homo sapiens vivant sur cette planète. Aurons-nous un jour le courage de juger ces criminels ?

 

Le 21 décembre,

 

De la sérénité d'être athée.

L'église catholique ouvre la voie aux béatifications de deux papes dont  la pensée et les actes sont pour le moins sujet à débat. Le premier Eugénio Pacelli, plus connu sous le nom de Pie XII eut une attitude plus qu'équivoque pendant l'époque fasciste du nazisme, fermant ostensiblement les yeux sur la déportation de milliers de juifs et recevant en son palais les plénipotentiaires du triste sire Hitler. Mais c'est le cas de ce bon Karol Wojtyla, que ma concierge vénère, et dont le portrait trône sur l'étagère Ikéa de la loge, qui interpelle. Jean-Paul II puisqu'il s'agit de lui, commence sa carrière en Pologne, alors sous le joug d'une dictature se prétendant communiste, il se fait remarquer en apportant un soutient sans faille au syndicat Solidarnosc et à son dirigeant Lech Walesa. Cette louable attitude lui vaudra d'être remarqué par les membres de l'Opus dei dont l'influence au sein de l'église de Rome va grandissante. Karol Wojtyla est élu Pape à la surprise générale à la suite du décès prématuré de Jean-Paul I. Notons au passage qu'il fût nommé en 1958 évêque de Cracovie par….. Pie XII. Comme le dit souvent ma concierge:<<Les chiens ne font pas des chats>>

Ce qui caractérise Jean-Paul II c'est son anticommunisme viscéral, peut-être trop viscéral, ainsi que ses liaisons dangereuses avec les traditionalistes de l'Opus Dei, et les…dictateurs. L'église de Rome est redevable à l'Opus Dei pour l'avoir sauvé de la banqueroute, lors du scandale de la banque Ambrosiano. Jean-Paul II béatifiera le fondateur de l'Opus Dei, l'illuminé, José Maria Escriva de Balaguer en 2002. Ce même Balaguer qui fut le directeur de conscience de Franco dont les états de service au bénéfice du fascisme ne sont plus à rappeler (c'est un euphémisme). L'Opus Dei est rappelons le, une Prélature personnelle, c'est à dire qu'elle dépend directement du Pape et échappe à toute autre autorité , depuis…. 1982, autre curieuse décision de Jean-Paul II en faveur de l'Œuvre (autre nom de l'Opus Dei) qui est considérée comme une secte en Belgique. La Belgique serait-elle plus clairvoyante que la France, fille aînée de l'église romaine ? Ceci sans tomber dans l'outrance  d'un roman à la mode, qui n'est qu'une fable. (Da vinci code) 

La mansuétude dont fit preuve Jean-Paul II à l'égard de Pinochet trouvera son apogée lors de la visite qu'il fit au Chili en 1987 et se présentera à la foule en compagnie du dictateur, au balcon de la Moneda, palais où fut assassiné Salvatore Allende. Le Vatican interviendra également en 1999 lors de l'arrestation, sur mandat du Juge Garcon, de ce même Pinochet à Londres, auprès des autorités de la Grande Bretagne. Le dictateur poursuivi pour crime contre l'humanité, regagnera le Chili sans être inquiété. Notons également, pour compléter ce tableau idyllique, l'envoi aux époux Pinochet, à l'occasion de leurs noces d'or, de la bénédiction apostolique spéciale…. du Pape Jean Paul II.

Un Saint qui côtoya le diable de près….. beaucoup trop près.

 

Le 29 décembre 2009,

 

Bientôt la fin de l'année, ma concierge me cajole, ses bonjours s'accompagnent de révérences obséquieuses, c'est la période des étrennes. Ainsi donc il n'y a pas qu'à la cour de ce petit roi que la flagornerie suinte comme un furoncle mal placé. Loin de moi accabler cette pauvre femme dont les services sont inestimables, mais j'ai en horreur la servilité, elle me met mal à l'aise car elle déshonore l'individu qui s'y adonne. Je plains ces pauvres hères qui vivent de courbettes tout au long de l'année pour quelques postes dérisoires, dont l'histoire ne retiendra que leur compromission. L'année qui s'achève aura été l'apothéose de la médiocrité d'une triste république dont les principes partent en lambeaux. Oligarchie, népotisme, autocratie, sont les mots qui ont remplacé liberté, égalité, fraternité. Et l'instinct grégaire de notre bon petit peuple me glace d'effroi devant la perfidie de ces édiles dont les lois puniques me font penser a un étau dont les mâchoires se resserrent inexorablement.

Ainsi le pays des lumières est devenu le royaume des ténèbres et  sa presse  est classée au quarante troisième rangs mondial pour la liberté d'expression coincée entre deux dictatures. Ca donne à réfléchir me disait ma concierge en me tendant mon courrier, la gazette d'un ami du guide suprême sous le bras, heureusement qu'il y a la télé! Je la quittai, tête basse.

A l'année prochaine……peut être…..

 

Le 01 janvier 2010.

 

Bien que je ne sois pas un fervent partisan de toutes ces fêtes plus ou moins commerciales je vous souhaite tout de même l'année la moins mauvaise possible.

J'écoutais le discours de circonstance de notre bonimenteur vénéré, et ne pouvait m'empêcher de rester admiratif, oui, admiratif devant tant d'outrecuidance. Le message consiste, selon la méthode éprouvée, de dire le contraire de ce qu'il a savamment ou plutôt perfidement entrepris. Par exemple, il prend la posture du chef rassembleur, alors que tout au long de l'année écoulée, il n'a eu cesse de diviser ce bon peuple, voire à  monter les uns contre les autres, notamment en leur donnant en pâture ce pseudo débat, qui n'a eu que pour seul mérite d'exacerber les communautarismes ou d'opposer les usagers des transports en commun et les travailleurs des entreprises de transport, ou encore lors de la pseudo réforme des retraites, exciter la convoitise des travailleurs du privé envers ceux du public, les exemples sont légions. Evidemment vous m'avez vu venir, diviser pour régner, c'est aussi vieux que le plus vieux métier du monde, lequel est je vous le rappelle, la prostitution, et ça fonctionne toujours! mais est-ce que la politique est si éloignée que cela du plus vieux métier du monde ? Je vois vos têtes se tourner dans à l'unisson vers cet hérésiarque, servile serviteur, et exécuteur des basses œuvres de notre guide suprême. Le peuple est quelque fois pétri de bon sens !

 

Le 4 janvier,

 

Que reste t-il de notre démocratie ? Est-ce celle que nos ancêtres nous ont léguée au prix de leur vie ou bien un ersatz de celle-ci ?

Ma concierge me toise avec des yeux ronds, dodeline du chef, exprimant par cette mimique son désappointement, voire son indignation, et arbore fièrement sa carte d'électeur. Lorsque je lui demandais ce qui avait conduit son choix elle me répondit sans hésiter « la télévision, bien sûr »

C'est là que le bât blesse, ce scrutin était-il juste ? Et y avait-il égalité des chances ?

Chacun se souvient des déclarations à l'emporte-pièce lors de visites guidées (comme au zoo) chez les déshérités des banlieues, suivies par des dizaines de caméras et une meute de journaliste, flairant la piste du bon reportage,  de celui qui triomphera quelques mois plus tard. Avec le recul tout observateur impartial comprendra que les dés étaient pipés au départ et que la propagande orchestrée durant des mois a eu raison de justement ….la raison. Comme un lavage de cerveau cette propagande récurrente s'est insinuée petit à petit dans l'esprit des plus réceptifs aux bruits de bottes : nos aînés. La compétition était jouée à l'avance, car ce sont ceux-là même qui se précipitent vers les urnes à la moindre consultation. Dans notre bonne ville, réputée pour y accueillir tout ce que compte notre beau pays de vieillards fortunés, l'illusionniste à talonnettes a emporté 80 pour cent des suffrages, mieux que dans la ville où il fut élu Maire, par traîtrise, cette fois.

Une question cruciale, morale, se pose : la légitimité de l'accession au pouvoir suprême de cet individu.

 

Le 5 janvier,

 

C'est l'époque des bilans, où les spécialistes analysent l'année qui vient de se dérouler et dressent un état…de notre état. Que penserait nos grands hommes : Zola, Hugo, Jaurès, de la dérive autocratique de la démocratie qu'ils ont servie avec tant d'énergie et de courage. C'était au temps où sur les bancs de l'assemblée du peuple, l'on s'empoignait, se querellait pour le triomphe de ses idées où le « J'accuse » résonne encore.

Désormais, c'est le ridicule qui prévaut, une chorégraphie grotesque sur des paroles dégoulinantes de débilité reprises en chœur par des courtisans bossus à force de courbettes.

Que reste t-il de notre démocratie en proie à l'hystérie sécuritaire, où l'on envoie pour des raisons de propagande politicienne quelques jeunes en détention qui ont eu le tort de ce trouver au mauvais endroit au mauvais moment, que l'on jette en pâture à des journalistes qui ont oublié les fondements de leur profession, l'investigation, le recoupement de l'information, la fiabilité des sources. Tout ce qu'ils ont appris à l'école du journalisme et qu'ils ne mettent pas en œuvre, par lâcheté.

La politique du chiffre est devenue le maître mot, qu'importe le flacon pourvu que l'on ait l'ivresse ! L’ivresse du pouvoir ! 600 000 gardes à vue dans des conditions indignes, 29 000 expulsions, noirs, jaunes, bronzés, pêle-mêle, 65 000 embastillés alors que nos prisons infâmes ne compte que 54 000 places. Par chance la peine de mort n'a plus court ! Imaginez un quota de raccourcis et le ministre brandissant triomphalement à bout de bras une tête devant les caméras ! Quel pied !

 

Le 7 janvier,

 

L'art des échecs. Placé ses pions aux endroits stratégiques, et attendre patiemment le moment où la tactique mise en place amènera à mat, sans coup férir, et sans risque. Les pions prennent les coups, mais le roi lâchement caché derrière la reine, jubile. Ainsi donc les pions sont mis un à un en place, à la direction de la chaîne de télévision en tête des audiences, prochainement à la tête des chaînes du service public, et puis un pion en mars au sein du conseil des (dits) sages. Le chevalier de la cour des compte vient de tomber, il sera remplacer par un pion moins belliqueux, plus servile, comme doit l'être tout bon pion. La reine peut chanter, le roi est couvert, le tournoi de 2012 s'annonce sous les meilleurs auspices. Les noirs ont la main.

 

Le 11 janvier,

 

Il subsiste, dans ce qui reste de notre démocratie, des coutumes anachroniques, dérisoires, archaïques, auxquelles pourtant le sybarite de l'Elysée se livre avec délectation, voire une certaine extase enfantine, c'est la remise de décorations. Il faut voir avec quel entrain il accroche médailles, rubans, rosettes, aux revers des vestons de personnalités émus jusqu'aux larmes qui en bafouillent leurs remerciements, leur gratitude. Récemment ce fut le tour d'une jeune femme dont le fait d'arme fut de produire et présenter des émissions de télévision, dont je ne garde aucun souvenir, mais suffisamment remarquables pour que son action fût saluée comme “un service inestimable rendu à la nation” il y avait également dans la même promotion un présentateur de journal télévisé, et un directeur général, fraîchement nommé à la tête de la radio dite publique, intronisé par….le commandant en chef des médias de notre beau pays. Mais vous l'aviez deviné.

Certains ne verront là que le fruit du hasard, d'autres une entreprise perverse destinée à maintenir les rouages de la propagande, bien huilés, et entretenir, à moindre frais, une complaisante reconnaissance, laquelle pourrait rapidement se transformer en servilité. Car ce petit homme a l'art de toucher  la corde sensible de ses semblables, pardon de ses sujets. Comment refuser un petit service à celui qui  a accroché au revers de votre veston la breloque de la vanité ?

Il n'est pas inutile de rappeler ce proverbe : Un chien ne mord pas la main qui le nourrit.

Le 17 janvier,

Je lisais une chronique captivante d'une jeune femme appelée Louise Gaggini, sur le Monde, concernant la mort inattendue d'un homme qui dirigeait une institution appelée la Cour des comptes. Cette chronique était bouleversante car j'ai ressenti la tristesse de cette femme devant cette disparition, et aussi sa colère devant la tentative indigne  de récupération politique entreprise par notre potentat, un pied sur la dépouille encore fumante de cet homme pour lequel il n'avait aucune sympathie particulière. Son article s'intitulait :

« Quand Sarkozy tutoie les morts, les hyènes ricanent sur les dunes tunisiennes »

Il est vrai que cet opportuniste s'est arrogé le droit de prononcer l'éloge funèbre du disparu, lequel avait des qualités que notre sybarite eût aimé posséder. Je veux parler de l'honnêteté, la loyauté, la dignité, trois qualités qui font cruellement défaut à l'illusionniste qui dirige ce pays. Mais pour l'occasion ses nègres avaient rédigé un discours empreint de l'émotion qui sied en cette circonstance dramatique, et, surfant sur le désarroi ambiant, il ne put s'empêcher d'endosser les habits du défunt. Habits beaucoup trop grands pour lui, qui le firent paraître encore plus petit.

Gageons que notre petit homme jettera un regard attentif sur la courbe des sondages afin de vérifier si les larmes versées auront eu une influence salutaire sur l'opinion  du peuple dont la crédulité semble tout de même connaître des limites.

 

Le 21 janvier,

 

Terrorisée par les mises en garde de la ministre de la santé, soucieuse d'écouler des stocks de vaccins commandés dans la précipitation, ma concierge fit le siège d'un entrepôt où l'on piquait à tour de bras ce bon petit peuple solidaire de la ministre, désireux de lui épargner les lazzis de fouteurs de merde que sont les journalistes.

Si j'emploie un vocabulaire que vous n'avez pas l'habitude de lire dans mes élucubrations plus ou moins philosophiques, voire ontologiques, c'est que l'exemple vient de haut, de notre guide suprême lui même, qui devant un parterre médusé, à l'Elysée,  lança à un animateur de télévision : « Si je n'étais pas Président je t'aurais démonté la gueule ! » qu'en termes choisis ces choses là furent dites !

En effet cet animateur, souvent accompagné d'une hyène, eut l'outrecuidance de demander à la Diva, l'inspiratrice de notre guide, devant les caméras « Si elle aurait tout de même épousé ce petit homme s'il n'avait pas été Président ? » D'où la colère, que dis-je, la fureur, de notre potentat, atteint dans sa dignité d'homme, de mâle, car comment peut-on imaginer qu'une femme puisse ne l'aimer autrement que pour sa beauté et la magnificence de son corps d'Apollon, le tout accompagné d'une élévation de l'âme, que souligne chaque jour un journaliste obséquieux dont le nom rappelle une boisson anisée. Est-ce que notre Diva n'aurait pu être attirée que par la fonction et le pouvoir sans limites de cet homme? Cela dépasse l'entendement ! Maugréait ma concierge sur le seuil de sa loge, la mine courroucée.

 

Le 26 janvier,

 

Comme l'incandescente clarté d'un réverbère attire des myriades de papillons de nuit qui viennent, aveuglés, se brûler les ailes, notre bon peuple alléché par une grossière propagande de bateleurs de foire,  s'est retrouvé  devant  la télévision pour y entendre les imprécations de celui qu'il a élu pour le conduire vers des horizons moins sombres. Quelques échantillons timides de la population avaient été invité pour la circonstance afin de mettre en valeur les incontestables qualités de bonimenteurs de notre sybarite, dont les réparties sur la rémunération des élites de notre pays ont ridiculisé les meilleures répliques de Jojo, pourtant pilier incontournable du café du commerce. Même ma concierge qui ne ménage  pas ses louanges pour notre illusionniste  en avait le souffle coupé tant l'allusion aux salaires de nos footballeurs lui allait droit au cœur, elle qui les dénonce (ces salaires) avec véhémence chaque fois que l'équipe de la capitale rentre défaite au vestiaire. C'est à dire tous les week-ends. Elle me fusilla du regard lorsque timidement, du bout des lèvres, j'évoquais des propos populistes, dignes justement de ce cher Jojo, me jetant avec dédain mon courrier à la face. Je montais, tête basse, les escaliers qui mènent à mon modeste appartement, où les effluves parfumés de choux farci s'insinuaient avec obstination, et me remémorais un aphorisme célèbre du cerbère qui régit les allers et venus de cette vénérable bâtisse : « On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre ! »

 

Le 2 février,

 

Je faisais allusion le 5 janvier aux gardés à vue et évoquais le chiffre de 600 000 pauvres bougres pris dans les mailles des filets, plutôt élastiques, de nos valeureux pandores. J'étais à cent lieues de la triste réalité puisque l'on proclame ce chiffre aberrant de 900 000 énergumènes, terroristes en devenir, arrêtés manu militari et envoyés au bon plaisir de la maréchaussée derrière les barreaux d'une cellule abjecte pour une période aléatoire, fonction de l'humeur du fonctionnaire de service, de ses problèmes digestifs, ou de la conduite plus ou moins frivole de son épouse; au choix, pour une période, disais-je, oscillant entre 12 et 48 heures. Le temps et la motivation de cette séquestration n'étant régit par aucune loi, sauf celle, comme je l'exposais plus haut, de la misanthropie plus ou moins marquée d'un individu dont ce n'est pas la fonction.

Comment est-il possible, avoir omis quelques 300 000 délinquants ? C'est qu'il s'agit de dangereux individus qui se baguenaudent sur nos belles routes et autoroutes. Car non content de polluer, ces énergumènes se livreraient à des actes que la morale du Vizir, albinos, auvergnat de surcroît, homme lige de notre Potentat, réprouve. Il est question, mais vous l'aviez deviné, des automobilistes, cette engeance pourtant déjà sévèrement réprimée, à l'instar des “Ouighours” au royaume de Chine : radar, coût du carburant, des autoroutes, des assurances, contraventions pour stationnement etc…cette engeance, donc, continue, malgré tout, à sévir. Il fallait donc y mettre un terme définitif : incarcération, immobilisation du véhicule, inscription sur les fichiers des délinquants.

Certains mauvais esprits argueront que ces incarcérations sont contraires aux règles élémentaires qui régissent notre démocratie, qu'une personne ne peut être mise sous les verrous que lorsque la faute est dûment sanctionnée par un magistrat.

Mais qui vous a parlé de démocratie ?

Demain, c'est décidé, je vous parlerai de la querelle, que dis-je la querelle ! L'échauffourée, l'empoignade, la guerre, la haine, qui oppose notre ex grand Vizir, dont l'aura n'a cessé d'éblouir le bon petit peuple, et le vilain petit monarque et son armée de séides qui veulent l'envoyer dans les geôles putrides du royaume. Je vous avais prédit du sang et des larmes à l'issue de ce procès, c'est pire, une bataille de rue, de champ de foire, où même la Diva s'en mêle et crêpe le chignon d'un journaliste noir, pourtant chauve, ressortant une phrase qui eut son heure de gloire lors du salon de l'agriculture (entre un stand de saucissons et un enclos contenant une truie et ses petits) : Je me casse !  Montrant par là que nos édiles pouvaient employer le vocabulaire de la plèbe, enfin de certains d'entre eux, car même ma concierge dont le pedigree n'est pas des plus prestigieux opte pour un jargon, certes populaire, mais toujours correct.

 

Le 2 février 2010,

 

Dans cette ténébreuse affaire au relents putrides de règlement de compte politique, digne des plus sombres périodes de notre démocratie, le Potentat qui régit les affaires de ce pays, dédaignant toute grandeur d'âme, préférant se vautrer dans la médiocrité de la vengeance a sommé un Marin, que la tempête médiatique ne semble pas émouvoir outre mesure, d'acculer le renégat contre vents et marées, et le pendre pieds et poings liés au mât de misaine.

Tout les personnages sont rassemblés pour une tragi-comédie digne d'un Almodovar au firmament de son immense talent : Le bellâtre outragé, le fourbe haineux et sa courtisane languide, l'affidé cupide, quelques boucs émissaires sacrifiés, et la basse-cour l'écume aux lèvres prête à se dresser pour clamer sa vénération envers son démiurge.

C'est le spectacle funeste que nous offrent, sans pudeur, les saltimbanques qui régissent notre démocratie. Consternant !

A Très bientôt, rassurez-vous l'hallali n'est prévu que pour la fin de l'année…..d'ici là….

 

Le 5 février,

 

Trois jours sans rien écrire, manquerai-je d'inspiration, serai-je devenu stérile, aboulique devant mon clavier dont les touches hurlent de désespoir. C'est qu'il n'y a rien à se mettre sous la dent, trois jours pendant lesquels il ne se passe rien. Quelques sondages viennent pourtant assombrir l'horizon politique du maître de notre beau pays, sans que cela ne déclenche les foudres de ses séides, dont le moral semble au plus bas. Juste un voyage en catimini dans l'île de beauté, histoire de s'assurer du soutien de quelques parrains, et  prononcer un discours où les logomachies habituelles ne provoquent que des réactions polies, tandis que quelques centaines de perturbateurs hurlent leur colère derrière un cordon de CRS, mais à distance de sorte que cela ne soit pas filmé. C'est-il passé un évènement qui aurait échappé à notre sagacité ? ou est-ce que le verdict de ce procès en sorcellerie aurait sonné notre mentor au point de le laisser groggy comme le boxeur qui vient de prendre un uppercut fatidique ?

L'enquête est en cours je ne manquerai pas de vous en donner les conclusions?

 

Le 8 février 2010,

 

J'ai reçu, la semaine dernière un courrier d'une personne qui a juste signé de ses initiales : F. R. que je vous livre in extenso tant je le trouve intéressant :

 

Lettre ouverte au Président de la République,

 

Monsieur le Président,

Lors de votre dernière intervention télévisée vous avez stigmatisé les rémunérations des sportifs, de certains d'entre eux, que vous trouvez exagérées. Pour appuyer votre affirmation vous avez évoqué sournoisement le salaire de la présentatrice, qui n'a pas osé répliquer, ayant encore en mémoire le funeste destin de son prédécesseur.

Il est de mon devoir de rétablir une vérité essentielle, les sportifs ne peuvent prétendre à des salaires élevés que si leurs performances sont en conséquence. Un sportif médiocre ne peut accéder à une rémunération importante, contrairement aux politiques, qui ne sont pas astreints à la performance, car dans ce cas, la plupart d'entre eux serait smicards. Il n' y a qu' à se pencher sur les résultats économiques de notre pays pour en être convaincu.

Je n'insisterai pas sur la brièveté de notre carrière à un haut niveau, ni sur les blessures éventuelles qui peuvent la stopper net, à tous moments. Je n'insisterai pas sur l'influence que nous avons sur la population, les jeunes notamment qui par un effet de mimétisme, fréquentent les clubs sportifs plutôt que les bistrots.

Connaissez vous une profession qui draine dans les stades des centaines de milliers de spectateurs et divertit des dizaines de millions de téléspectateurs tous les week-end. Est-il anormal que nous profitions de la manne que nous générons ? Connaissez-vous des politiques susceptibles de provoquer tels engouements?

Nous sommes les représentants de nos nations lors des compétitions internationales et avons l'écrasante responsabilité de défendre les couleurs de notre pays. Adulés si nous vainquons, vilipendés si nous échouons. Nous participons à notre façon au bon moral de la population, il n'y qu'à se souvenir de la victoire de 98.

Pour ces raisons, je suis en désaccord avec votre observation déplacée concernant nos salaires, que pour la plupart d'entre nous, méritons, sauf quelques tricheurs que vous connaissez bien, mais que vous vous garderez bien de vouer aux gémonies.

Veuillez accepter, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.

F.R.

Mais qui est ce F.R. ?

 

Le 12 février,

 

Une jeune femme s'est levée, dans une assemblée d'hommes, de barbus, de corrompus, de courtisans, de chefs de guerre, elle a crié son désespoir de voir son pays martyrisé depuis des dizaines d'année, sans qu'aucune embellie ne se profile à l'horizon, au contraire. Elle accuse les chefs de guerre, de pillage, les politiques, de corruption, les armées d'occupation de soutenir les pilleurs et les corrompus sans se soucier du destin du peuple qui souffre depuis….. depuis si longtemps que l'on a oublié quand cela a commencé.

Cette jeune femme s'appelle Malalai Joya, elle est la seule député femme de ce pays maudit, de la province de Fara, elle vit sous une burqa, non par conviction, mais pour se protéger, car sa vie est mise à prix. Elle a été suspendue de ses fonctions au parlement pour avoir pris la parole et réclamé que les chefs de guerre soient traduits en justice et accusé Massoud, ce héros pour les occidentaux, de pillage de kaboul lors de la fuite de l'armée soviétique. Elle demande que les armées d'occupation se retirent, et laisse son peuple maître de son destin.

Elle a écrit un livre : Au nom de mon peuple - Malalai JOYA -

 

 

Le 13 février,

 

33 milliards. C'est le budget de la défense nationale. Car notre beau pays est menacé d'invasion, en effet quelques milliers d'affamés, faméliques,  le couteau entre les dents l'envahissent chaque année sans vergogne, et nos armes, si sophistiquées soient-elles, n'y peuvent rien. Rassurez-vous braves gens ces envahisseurs n'ont aucune velléité de massacre, ils ne veulent que vivre tout simplement.

Non, ces milliards sont destinés aux fleurons de la technologie de pointe de notre beaux pays : Le Rafale et le char Leclerc. Des milliards engloutis pour un fer à repasser et une boite de conserve sur chenilles en aluminium qui craint l'humidité, qui n'a jamais tiré un obus et n'en tirera jamais, car obsolète avant d'avoir servi. L'avion personne n'en veut, même ce pays du Maghreb, prêt à tout pour rendre service à notre bouillonnant VRP. Il y a des limites à la solidarité, qui n'a rien à voir avec la crédulité !

Ce qui inquiète cependant ma concierge, dont la témérité n'est pas la qualité première, ce sont les propos belliqueux de notre Généralissime et son Vizir, humanitaire à ses heures creuses, envers ce royaume gouverné par un Shah il y a encore peu, dont les coups de griffes peuvent atteindre sans coup férir les rives de notre beau pays. Les petits sont hargneux, cela vient d'un complexe dû aux vexations qu'ils ont subies durant leur puberté, soit! Quelques effets de menton à la Duce (du latin dux signifiant guide…tiens, tiens…) pourquoi pas, ou quelques propos homériques comme : « Le pire, c'est la guerre… »à la limite ! Mais bon à l'instar du cerbère de cette vénérable bâtisse, je ne tiens, sous aucun prétexte, à faire les frais des fantasmes de gloriole d'un mégalomane.

 

Le 18 février,

 

Il y a une polémique qui agite la sphère très austère de l'église chrétienne, ce sont les cas de pédophilie avérés commis par ses membres et plus grave encore étouffés par sa hiérarchie. Comment ne pas s'offusquer devant de telles ignominies commises sur de jeunes enfants confiés à cette confession pour leur…. éducation.

Malgré les convictions que j'étale sans vergogne sur ce blog, à savoir un nihilisme sans faille, et une profession de foi que vous êtes censés ne pas ignorer, basée sur l'hédonisme, l'épicurisme et la culture rabelaisienne, je ne suis pas un de ces contempteurs des religions pour le plaisir diabolique de les dénigrer. Évidemment je n'accorde aucune circonstance atténuante à ces dépravés, d'autant, que jusqu'à preuve du contraire la sodomie est condamnée par l'église en question, au même titre d'ailleurs que l'homosexualité et vice versa. D'ailleurs l'homosexualité ne serait-elle pas le remède? Je m'inquiète cependant de la déréliction dans laquelle se trouve ces hommes auxquels l'on interdit tous les plaisirs de la vie et que l'on confine dans une misère sexuelle abominable; tout cela pour servir une entité sur laquelle il est raisonnable de se poser la question de l'existence.

Par extrapolation l'on peut s'interroger surs les bienfaits des religions dans ce monde cruel, où les trois quarts de la population est confrontée à la misère, la guerre, aux calamités dites naturelles dans le seul espoir de la rédemption. La belle affaire. Pardonnez-moi de poursuivre, sans vergogne, ma vie de sybarite.

 

Le 20 février,

 

Pauvre Afrique ! Pillée par ses potentats, dépouillée de ses ressources naturelles, ravagée par les maladies, saccagée par des industriels sans scrupules depuis des siècles sans espoir de quelque éclaircie dans le pot au noir de ses cieux.

Les démocraties européennes avaient mis à la tête des pays africains des petits roitelets emplumés et ridicules, mais qui ont vite appris à se servir sans vergogne dans la caisse; caisses alimentées par la manne des matières premières pillées par nos démocraties.

C'est au tour du Niger de faire la une de l'actualité, un militaire à lunettes de soleil, chef d'escadron, s'empare du pouvoir et relègue l'apprenti dictateur Mamadou Tandja dans les geôles d'une caserne, pour rétablir…..la démocratie. Promis. Pendant ce temps là, nos dirigeants intègres, poussent un grand soupir de soulagement. Nos intérêts sont préservés. Areva le fleuron national de notre industrie nucléaire pourra, comme si de rien n'était, continuer à exploiter, c'est un euphémisme, les mines d'uranium du pays. Ouf ! Bien entendu les nouvelles autorités percevront comme par le passé leur petite commission. La morale est sauve ! Le peuple me direz-vous ? Tout le monde s'en fiche !

Après la guinée et l'épisode ubuesque, s'il n'était tragique, du coup d'état d'un autre militaire à lunette de soleil, mégalomane, nommé Moussa Dadis Camara, client potentiel d'un asile psychiatrique plutôt que d'un palais présidentiel, voici un autre pays en proie au chaos. Et ce feuilleton tragique est sans fin, puisque l'on entend au loin, le bruit du canon en Côte d'Ivoire, pays du Potentat Ghagbo qui ne peut se résoudre à quitter son trône. Pauvre Afrique !

 

Le 25 février,

 

Décidément l'Afrique est à l'honneur, et vous n'êtes pas sans savoir que ce continent ne me laisse pas indifférent. Voici que notre globe-trotter impénitent, se présente pour la troisième fois devant les portes généreusement ouvertes du Gabon où se bon Ali, fils de feu Omar, élu à la Présidence par filiation, le reçoit avec la déférence due à un bienfaiteur.

Bien que le Gabon est pris l'engagement de ne plus exporter de bois, après une période de déforestation intensive, la première visite va à l'entreprise (française) Rougié principal exploitant de cet or vert dans le pays. Il s'agit d'après ce bon Ali de resserrer les liens entre la France et son pays. Tout le monde aura compris que l'addition risque d'être salée.

Hypocritement chacun s'essuie les pieds sur la France Afrique, instaurée par un général qui n'eut de cesse que de porter au pouvoir des collègues à lui,  sans pour autant la remettre en question; syndrome du Fouquet's oblige. Pascaline fille de feu Omar est membre du conseil d'administration du groupe ….Bolloré, très actif dans la région. Hors de question d'évoquer les “biens mal acquis” du papa, de liberté de la presse et de liberté tout court. Il ne faudrait pas prendre ce brave Ali Bongo pour Jocrisse. Il compte bien battre le record de longévité au pouvoir de son géniteur….trente ans. La vie continue…..

 

Le 1er mars,

 

Il y aurait comme un parfum de printemps dans l'air, allons nous vers un nouveau mois de mai aux relents de gaz lacrymogène et de cocktails molotov, ou comme à l'accoutumée ce peuple si indulgent, si débonnaire, si stoïque même, vit-il déjà les phantasmes d'ébats joyeux sur le sable blanc d'une lointaine contrée. C'est à dire le camping de La Baule les pins. Ce n'est pas que j'appelle à la révolte, à l'insurrection qui ne vient toujours pas, mais tout de même la complaisance a ses limites. Je ne ferai pas l'inventaire, pour le moment, des avatars subis ces derniers mois par la masse dite laborieuse, dus à l'impéritie ou à la mégalomanie des édiles  de ce pays, mais cette indulgence confine à l'héroïsme et provoque mon admiration. Certains mauvais esprits parleraient de résignation, d'abandon, de désespoir, là où je ne vois que stoïcisme. Pourquoi ce sourire narquois ?

A très bientôt…..le pire est à venir. Puisqu'il s'agit d'un crime….contre notre démocratie. la disparition programmée du Juge d'instruction. Dernier acte à la mise sous tutelle de la Justice, et un pas de plus vers une République autocratique, dans l'indifférence générale.

 

Le 5 mars 2010,

 

Il y a des moments où je souhaiterais hurler, non pas qu'une subite crise de démence m'ait submergé, mais comme lorsque dans un film d'horreur, l'assassin se glisse subrepticement derrière la victime pour l'occire. Sauf que là, la victime c'est vous, et vous ne vous en doutez pas, parce que vous êtes confortablement assis sur votre divan devant une émission dite de téléréalité pour justement vous détourner de la réalité. Pour évoquer une métaphore susceptible d'heurter vos neurones endoloris: c'est comme la mouche qu'agite le pêcheur à la surface de l'eau pour ferrer son poisson. Un leurre.

Ce leurre s'appelle la réforme de la Justice. Le justiciable c'est vous. Sous couvert de réforme, dont le vocable apparaît sans discontinuer dans les discours du condottiere qui régit ce pays, notre démocratie voit un de ses piliers et non des moindres, vaciller. L'indépendance de notre Justice est menacée, ébranlée. Paranoïa, s'écrieront certains laudateurs de notre apprenti potentat, non, car l'ensemble de la magistrature indépendante se rebelle contre la mainmise annoncée du pouvoir sur la Justice.

Prochainement  je dresserai une liste des affaires dites sensibles, actuellement instruites par des Juges d'instruction indépendants, dont l'intégrité ne peut être mise en doute, qui risquent fort de tomber dans les oubliettes de la République. Ou ce qui en reste.

 

Le 10 mars,

 

Un Président noir, déclarait lors d'un voyage en Afrique, fustigeant les roitelets de ce continent, que la séparation entre le pouvoir et la Justice était le fondement même d'une démocratie. Pensait-il à notre pauvre pays et l'assimilait-il déjà à ces autocraties où le népotisme est une institution?

Voilà comment l'on gangrène les institutions d'un pays et que l'on installe au grand jour la corruption comme principe de gouvernance, comme dans ces pays d'Afrique où le clientélisme est roi et les dictateurs….dictateurs.

Désormais  les nominations des magistrats dépendront d'un seul homme. L'on imagine déjà l'empressement des candidats à se prosterner devant celui qui détient leur fortune entre ses mains. Combien de flagorneurs, oubliant leur serment, vont l'échine courbée, quémander le poste dont ils rêvent, et jusqu'à quelle extrémité dégradante peut aller leur soumission pour l'obtenir ? C'est le principe même de la corruption.

Le 11 mars,

Quel homme n'a pas rêvé d'être le Juge suprême, après dieu, pour ceux qui souscrive à cette chimère ? De détenir le pouvoir de faire disparaître d'un coup de sceptre magique, les affaires que d'aucuns appellent sensibles… par pudeur, et détournent les yeux pour ne pas voir leurs fautes et échapper à leurs responsabilités. Car ces affaires s'amoncellent sur les plateaux de la balance, comme les immondices sur les trottoirs, et pourrissent.

Quelles sont les dites affaires qui embarrassent à tel point notre homoncule qu'il envisage, par une loi pernicieuse, les escamoter : L'attentat de Karachi (8 mai 2002) 14 morts, une sombre affaire de commissions sur la vente de sous-marins, non versées. L'assassinat du Juge Borel octobre 1996 où comment rester en bonnes relations avec le Potentat djiboutien. La fondation Hamon où un vizir de notre République est salement impliqué. Le casino de Gujan-Mestras, l'affaire des faux électeurs du Vème arrondissement de Paris, ''Biens mal acquis” ou la spoliation des peuples africains par les amis de notre guide suprême, l'affaire des faux terroristes de l'Ultra gauche, l'opération turquoise du Rwanda, le massacre des moines de Tibérine en Algérie, l'affaire des neveux du dictateur Ben ali, les frères Trabelsi, Clairsteam…et cetera, et cetera, la liste est si longue qu'elle en deviendrait fastidieuse pour le lecteur.

Mais combien attendent que la Justice passe, et enfin reconnaisse que leur acharnement à faire éclater la vérité, n'était pas vain, alors que des magistrats serviles le pied sur le couvercle de la marmite, attendent que les députés au faîte de la veulerie valident l'iniquité.

 

Le 16 Mars,

 

Le mois de mars est un mois qui remplit les coeurs d'espoir, pas autant que le mois de mai, plus chaud, mais plus subtilement, comme le printemps, ses senteurs subtiles, le parfum de la terre qui se réchauffe. Même ma concierge, plus guillerette, ne me jette plus le courrier à la figure. Pour les amabilités il faudra attendre la fin de l'année, car comme tout être humain cupide elle sait se montrer, à l'instar de nos édiles, flatteuse pour obtenir, sans vergogne, la récompense de mois d'animosité.

Pour quelles raisons insidieuses, est-ce que je vous entretiens de l'hypocrisie du cerbère qui régit les règles de cette vénérable bâtisse. Vous avez compris qu'inexorablement je vous menais vers les avatars survenus à notre petit timonier, qui apparemment à perdu le cap, entraînant dans son naufrage l'ensemble de son servile équipage. Ici et là parmi les laudateurs d'hier l'on entend des récriminations envers le petit félon, coureur de jupon, dont les basses besognes auraient précipité la perte du navire. Et l'on voit au loin, le corsaire borgne, se taper sur les cuisses en s'esclaffant.

 

Le 19 mars,

 

Ce n'est pas que je manque d'imagination, d'autant qu'en période électorale où l'on demande à ce bon peuple de se prononcer sur l'avenir de sa région, les motifs de rire ou de s'emporter ne manquent pas, mais je ressens comme une aboulie s'incruster chez le citoyen; absence de volonté qui le dissuaderait de se rendre aux urnes. Faut-il  rappeler à la plèbe que le vote est la seule façon d'exprimer son opinion dans une démocratie et se taire ravale l'homme au rang de l'animal : celui qui ne compte pas.

Pourtant cette campagne nous a apporté son lot d'indignités, la dernière émanant du premier Vizir annonçant la mort d'un pandore qui ne demandait qu'à vivre, alors que notre Machiavel en chef versait une larme électorale sur la dépouille d'un gardien de la paix ; bien mort celui-là. Le bal des hypocrites….

Alors je vous ressert le plat du 13 septembre que vous réclamiez avec insistance et vous conjure d'aller remplir votre devoir de citoyen.

L'ère des apostats.

Quelles sont les motivations qui poussent ces hommes et ces femmes à trahir leur camp, abandonner leurs amis, pour rejoindre leurs ennemis d'hier, dont les idéaux sont à l'opposé des principes qu'ils défendaient quelques jours auparavant. Les privilèges, l'argent, ou l'absence de conviction, parce que la politique est un métier et qu'ils  soient dans un camp ou dans l'autre ne leur posent aucun cas de conscience, car leur conscience ils l'ont reléguée au vestiaire des oubliettes. Ils renient leur passé, leurs écrits, leurs critiques avec la morgue du poivrot qui promet de ne plus trinquer et se roulent dans l'apostasie et la servilité comme ces ivrognes dans leurs vomissures. Ces nouveaux prosélytes, haïs par les amis qu'ils délaissent et détestés par ceux qui les accueillent sont dans l'obligation de faire assaut de flagornerie pour convaincre. Ainsi l'on voit le zélateur, s'abaisser au pied de son nouveau monarque au point de lui lécher les pieds, et remplir sa mission avec une ardeur digne du plus servile des courtisans, et à l'occasion s'accaparer le rôle du  sycophante.

Vous l'avez peut être compris je ne porte pas dans mon coeur ces traîtres, lesquels pour un plat de lentilles, retournent leur veste et enfile la défroque de la trahison. Or notre république en a fait une spécialité, qui n'honore pas ces individus, mais qu'est-ce l'honneur de nos temps, lorsqu'un ministre tient des propos raciste, qu'un autre profite de la notoriété de son nom pour accéder au poste de ministre, que celui-ci expulse à tout va pour obtenir une caresse de son nouveau maître, que celui-là, licencié par un podestat africain, s'accroche à son maroquin plutôt que démissionner, et celui-ci qui avoue manger son chapeau à la réception d'un dictateur aux mains ensanglantées. La république des hommes sans honneur.

 

Le 23 mars,

 

Il régnait au soir du vingt et un mars comme un parfum de cerise, il est vrai que quelques cerisiers, arbre symbole de la résistance à la tyrannie, sont en fleurs, mais de là à en sentir le parfum il y a un fossé, pire un abîme, car le malin qui règne sur les champs n'est pas disposé à en laisser les clés.

Dédaignant le message clair que lui envoie son bon peuple, notre démiurge feint l'indifférence, et remplace quelques têtes à claques par d'autres têtes à claques voulant prouver par là qu'il est un fin stratège aux yeux de ses serviles courtisans, dans les rangs desquels l'on en entendait tout de même quelques uns ronchonner, mais mollement. L'on est un bon zélateur ou on ne l'est pas. Et puis les prises ne sont pas si mauvaises que ça puisque faute de félons disponibles, deux séides du rival au casque d'argent se laissent prendre, sans trop lutter dans les mailles du filet doré. Les hommes sont cupides et n'hésitent pas, pour la plupart, à laisser leurs convictions au vestiaire de la honte où les pourboires ne sont pas négligeables.

Ma concierge ce matin, m'épiait du coin de l'oeil, d'un oeil égrillard où je lisais le sarcasme: « C'était pas la peine de s'déranger » persifla-t-elle en me balançant le courrier à travers la figure. Souhaitons qu'elle se trompe!

 

Le 26 mars,

 

Avez-vous remarqué comme le paysage a changé ces dernières années, comme ces panneaux publicitaires géants aux couleurs agressives viennent pollués sans vergogne, l'horizon de nos vertes campagnes. Ils agressent la vue pour rabattre le chaland étourdi vers la zone commerciale la plus proche. Zone bâtie avec la bénédiction toute désintéressée de nos édiles.

Outre le fait que cet univers concentrationnaire de commerces, qui n'ont rien d'équitables, a détruit notre environnement, ces centres commerciaux  sont également des pièges à consommateurs compulsifs que nous sommes devenus, pour la plupart d'entre nous.

L'obsession des maîtres à penser de ces grandes surfaces, est simple il se résume en un mot : Le profit. Et ce profit provient de : La marge. Pour caricaturer il s'agit de l'espace Euro qui existe entre le prix d'achat d'un produit et le prix de vente de ce même produit à vous, consommateur crédule. Qu'importe le procédé, il s'agit d'acheter au meilleur tarif et revendre le plus cher possible tout en étant meilleur marché que les enseignes concurrentes. L'équation n'est pas simple à résoudre, aussi ces enseignes ont-elles fait appel à des experts en tromperie, issus des grandes écoles de commerce.

La première victime est le producteur que l'on menace d'aller vers des contrées lointaines où les lois ne sont pas les mêmes, où la santé, la vieillesse, l'enfance, n'entrent pas en ligne de compte dans le grand livre comptable de ces enseignes. Alors il capitule, et fournit un produit de moins bonne qualité qu'il cédera en deçà de son prix de revient, ce qui le mènera inexorablement à la ruine.

La seconde victime c'est vous, qui garez  votre automobile sur le parking géant, de la surface géante, le samedi, où vous avez l'illusion de “faire des affaires”  où vous succomberez sous le charme d'un produit mal étiqueté, dont la provenance ou la composition est incertaine, mais dont le prix emportera l'adhésion du consommateur avisé que vous êtes. Alors mû par un tropisme irrationnel vous emplirez votre chariot à roulettes jusqu'à ras bord, attendrez de longues minutes pour régler ces achats déraisonnés à la caisse, sous le regard sarcastique d'une employée blasée. Revenu de l'état hypnotique dans lequel vous vous êtes complu, dans votre salon, vous observerez avec effroi l'amoncellement de marchandises dont vous n'avez que faire.

Vous avez sans doute remarqué que depuis peu notre apôtre du libéralisme avait ouvert la voix des ondes à la publicité pour ces enseignes, et avec quel entrain elles s'y sont engouffrées, mais vous êtes vous posez la question : Avec quel argent ?

 

Le 31 mars,

 

Il y est! Cela faisait des semaines que notre petit monarque trépignait devant les portes de la maison blanche, et frappait rageusement à la porte afin que le grand chef noir le fasse entrer dans sa case. Il venait chercher sa rédemption auprès de l'idole du monde, qu'il aurait souhaité avant la consultation de son peuple qui avait mal tournée et l'avait ridiculisé. C'est que le grand chef noir était occupé à tenir ses promesses de campagne en faveur du peuple noir, des défavorisés, qui étaient dépourvus de protection sociale, ce malgré l'opposition haineuse des nantis dont la compassion n'est pas la qualité première malgré leur croyance en un dieu de miséricorde. Cette détermination à vouloir protéger les démunis, les chômeurs, les laissés pour compte avait de quoi déconcerter notre petit monarque dont la première décision, après son élection royale, juché sur le yacht de la gratitude, avait été de décréter une loi favorisant les plus aisés d'entre nous, ses amis.

 

Le 5 avril,

 

Revenu aux affaires notre démiurge a aussitôt repris sa gesticulation, requinqué par son voyage aux Amérique, oubliant les affres de la défaite, les rumeurs de discordes avec sa Diva, la fronde de certains de ses courtisans prêts à quitter le navire, et le mépris, affiché dans les sondages, par ce bon peuple dont la crédulité a atteint ses limites.

Reportant aux calendes grecques quelques dispositions impopulaires, comme la taxe carbone et la mise sous tutelle de la justice, en souhaitant que ces calendes soient grecques et non  romaines, notre timonier, du haut de son pupitre rapatrié par DHL de la case de l'idole noire, s'attaque cette fois à un ennemi à la dimension de son aura recouvré : Les banques, qu'il prévoit de taxer pour sauver…les banques au cas où celles-ci se retrouveraient à nouveau dans la détresse, du fait de l'impéritie de ses dirigeants, et que ceux-ci ne puissent empocher sereinement leurs bonus. La tache paraît insurmontable.

Pendant ce temps l'on recherche toujours 10 milliards pour boucler le budget des retraites, 30 milliards pour combler le trou de la sécurité sociale, et 1500 milliards pour rembourser votre dette, mais là, même au royaume de l'utopie, personne n'y croit.

 

Le 8 avril,

 

Presque en catimini, la vaillante et servile Ministre de la Justice a épinglé au revers de l'armure de ce Marin, Procureur et pourfendeur des ennemis de notre Timonier, le ruban de la reconnaissance, bien que, malgré sa verve légendaire, il ne soit pas parvenu à faire chuter le chevalier blanc. Mais la joute n'en est qu'au premier assaut, et le Marin remis de son terrible naufrage, prêt à reconquérir le coeur de son maître, un tantinet déçu, s'est remis en selle pour un ultime assaut, sous l'oeil aigri de son seigneur, affligé par la rumeur de l'infidélité de sa noble dame; lequel ne permettra pas un nouvel échec. Pendant ce temps la beurette déchue, ressasse son infortune, et ourdit un plan machiavélique qui la ramènera parmi la cour d'où elle fut bannie par sa rivale.

La citation du moment :

 

Si la rumeur enfle, c'est qu'elle véhicule un peu de vérité et beaucoup de fantasmes. E.D.

 

Le 15 avril,

 

Il y a un aspect de nos civilisations, dites modernes, qui ne cesse de me glacer d'effroi, c'est l'idolâtrie post mortem. Ce qui se passe dans le pays qui a vu naître Frédéric Chopin a de quoi alerter le fervent démocrate que je suis. En effet un homme dont les idées et les actes politiques révulsaient tout citoyen épris de liberté, et de tolérance, est subitement décédé dans un accident d'avion. Bien que je n'aie pas pour penchant morbide de tirer sur les corbillards, la ferveur hystérique qui accompagne la dépouille de ce petit homme me stupéfie, car les visions rétrogrades de ce personnage étaient méprisables et relevaient du temps où les ténèbres régnaient sur cette terre. Catholique intégriste, partisan de la peine de mort, ennemi farouche de l'avortement, homophobe, xénophobe, autoritaire, dogmatique, hostile à l'Europe, thuriféraire de G.W. Bush….Il était l'archétype de l'obscurantisme.

Cependant, ce peuple qui a tant souffert de la dictature idéologique, s'apprête à conduire la dépouille de cet homme méprisable auprès de ses héros. Imaginez Le Pen reposant auprès de Victor Hugo au panthéon !

 

Citation du jour : La laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une.

 

Le 16 avril,

 

L'église face à ses démons.

Les façades des cathédrales se lézardent, un séisme de forte magnitude touche l'église catholique au point que la voûte de la chapelle Sixtine s'effrite et que quelques pigments de la peinture divine de Michel Ange viennent souiller la mosette pourpre d'un Pape inconséquent.

Car l'affaire est grave, et l'image des représentants du dieu des catholiques est à jamais salie. Sur les cinq continents ces hommes astreints au devoir hypocrite de chasteté ont commis un crime irréparable, celui de toucher à l'intégrité physique d'un enfant. Il n'existe pas pire infamie. Du coup les langues se délient, et chaque jour apporte son lot de révélations abjectes.

La hiérarchie est débordée, accablée, complice. La chape de plomb, l'omerta, qui couvrait ce qu'on l'on nomme abus, par pudeur, est transgressée par ceux-là même qui ont subit ces viols.

Le Pape admet des excuses, les cardinaux tentent de justifier par des arguments dérisoires les tentations coupables, faisant l'amalgame entre homosexualité et pédophilie afin de dédouaner la curie, et esquiver la véritable question du célibat des prêtres. Car la véritable interrogation est là, ou certains impétrants entrent en religion dans le but funeste d'assouvir leurs fantasmes, spéculant sur l'immunité de leur condition, ou, en mal de vie affective et sexuelle, ces hommes succomberaient, de guerre lasse, à l'appel de la chair, et se tourneraient vers ceux dont ils ont l'éducation en charge, les enfants.

La citation du jour :

 

La religion tolérait bien des faiblesses, quand on gardait les convenances. E. Zola (1840-1902)

 

Le 24 Avril,

 

Plus fort que les cendres du volcan islandais qui ont cloué nos avions au sol, démontrant si cela était nécessaire,  l'impuissance de l'homme devant les caprices de la nature, la burqa a une nouvelle fois alimentée les passions et les haines. Fort à propos, une jeune femme revêtue de cet uniforme pour le moins contraignant, se fait prendre au volant de sa voiture. La polémique rebondit à la grande satisfaction de notre petit coureur de fond, qui accusait une baisse de régime inquiétante.

Le voilà relancé sur son sujet de prédilection, que certaines langues vipérines accusent de ressasser, la SÉCURITÉ. Le vocabulaire, sorti tout chaud de la plume de son nègre préféré, est affûté, et les coups de menton et de moulinets, tels ceux du héros de Cervantès, accompagnent sur les rostres républicaines, la logomachie mille fois entendue, dont les courtisans revigorés, la larme à l'oeil, ne se lassent pas.

De quoi parle-t-on en vérité ? De 0,000033 % de la population de notre beau pays, alors que les chômeurs, dont la tenue vestimentaire il est vrai reste traditionnelle, atteignent tout de même 10% de la masse laborieuse.

Oserai-je conseiller à nos amis chômeurs de revêtir la burqa pour se rendre au pôle emploi afin que nos édiles prennent en considération l'extrême précarité de leurs situations ! et que les serviles courtisans qui régissent la vie de nos concitoyens leur accordent leur temps si précieux, dans les mêmes proportions, avec la même sollicitude, qu'aux  porteuses de niqab !

 

Le 27 Avril,

 

Une sale affaire : Tous les ingrédients sont réunis comme dans un film de Michael Mann. L'intrigue : un pays vend des sous-marins à un autre, des commissions sont versées ainsi que des rétro-commissions illégales, les versements de ces commissions sont suspendues unilatéralement, quatorze  innocents meurent dans un attentat.

Les personnages : Des politiques de premier plan, des intermédiaires porteurs de valises bourrées de billets de cinq cents Francs, des flics ripoux, des militaires dépités, un juge obstiné, un Procureur servile (toujours le même) aux ordres du pouvoir, chargé d'étouffer l'affaire, des familles en deuil qui réclament la vérité.

Une fiction ? Non la réalité. Cette ténébreuse affaire s'est déroulée dans notre beau pays, et notre Démiurge, lorsqu'il était au service d'un goitreux sournois, après avoir trahi son mentor, est lourdement compromis dans ce sordide scénario. Connaîtrons-nous un jour le dénouement de cette affaire ? Rien n'est moins sûr, d'autant que la plèbe semble plus préoccupée par les errances d'un supposé polygame que par le sort de quatorze malheureux qui ont payé de leur vie un règlement de compte entre candidats au fauteuil suprême.

La citation du moment (et d'actualité)

Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion. Paul Valéry.

 

Le 4 mai,

 

Il y a des moments où l'on à rien à dire, rien à écrire, parce que l'on reste pétrifié devant l'inconséquence des hommes. Méritent-ils de vivre sur cette planète ? c'est la question que devrait se  poser un éventuel et improbable Dieu. C'est l'évidence qui s'impose après ces quelques jours de cahots auxquels viennent s'ajouter les précédents et forment un formidable fatras d'intolérance, de bêtise, et d'avidité, ces trois maux régissent la vie des humains.

Un pays s'effondre, celui où l'intelligence est née, la philosophie, c'est à dire l'amour de la sagesse. Ce pays qui à engendrée Socrate, Platon, Aristote, Thalès, Démocrite, Diogène….tant d'hommes sages qui éclairèrent les pas de l'humanité dans les siècles à venir, s'effondre victime de l'avidité de quelques prédateurs sans scrupules et de la bêtise de ses édiles.

De l'autre coté de l'Atlantique c'est encore l'avidité qui est la cause d'une marée noire en passe de réduire le bayou en un vaste champ gluant de goudron, où les oiseaux s'empêtreront les ailes, pour quelques barils de pétrole inutiles arrachés aux profondeurs marines.

Moins grave, mais plus sournois, c'est l'éducation sectaire que des intégristes chrétiens inoculent à des cerveaux malléables adolescents dans les écoles de l'intolérance et du sectarisme de notre beau pays. Avez-vous entendu les cris d'effroi des édiles de ce pays pourtant si promptes à s'émouvoir lorsqu'une ombre voilée se déplace furtivement sur le trottoir. Non! L'indignation ne concerne pas les intégristes chrétiens car ce sont de bons électeurs, même s'ils dansent avec le diable.

 

La citation du jour :

 

Il y a assez de tout dans ce monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. Gandhi.

 

Le 10 mai,

 

La valse des milliards.

Le front soucieux, la tête basse, les chefs des états sont réunis pour lutter contre les spéculateurs, les faiseurs d'argent virtuel. Il n'est plus question de pleurer des larmes de crocodile sur un continent en perdition et soulever les bras dans un signe d'impuissance, mais bien de sauver nos économies du naufrage dans lequel un système injuste et périmé les a entrainées. L'on entend des hommes prononcer des discours de fraternité, et de solidarité, s'élever avec des trémolos dans la voix contre des politiques économiques qu'ils  ont eux même mis en oeuvre. Les pyromanes sont souvent ceux qui crient au feu le plus fort.

Ainsi donc la patrie des philosophes paraît sauvé, notre monnaie également, et chacun de s'essuyer le front avec le mouchoir de l'inconscience en pensant que le coup est passé très près mais que cette fois-ci les grands argentiers ont pris les mesures adéquates. Ainsi les spéculateurs seraient éradiqués, tout comme les petits voyous, ou les terroristes ? L'on peut rêver.

Citations du jour :

 

Mettre le couvercle sur la marmite lorsque l'eau bout, c'est bien, encore faut-il penser à baisser le feu. Ma concierge.

La solidarité c'est la somme de beaucoup d'égoïsmes. E.D.

 

Le 17 mai,

 

Peu d'évènements marquants à se mettre sous le clavier dans ces temps où l'on ressent comme un mauvais pressentiment, comme si une catastrophe était imminente. Est-ce la faillite financière des états qui s'annonce ? Non car notre grand timonier, le phare de l'occident, a encore une fois sauvé une Europe désemparée, du moins c'est lui qui l'affirme avec sa faconde habituelle, au point que l'on pourrait penser qu'il est issu de cette bonne ville de Marseille (que je salue et félicite au passage).

Non le malaise est plus insidieux, on le ressent sans en connaître l'origine, telle une peur irraisonnée comme lorsque le crépuscule se coule lentement dans le paysage et transforme les objets en ombres menaçantes. Est-ce ce volcan au nom imprononçable qui ne veut pas s'éteindre, dont les cendres enveloppent notre continent comme un linceul gris, parce qu'il est sur le point de périr ? Pourquoi à ce moment  La grande bouffe, le chef d'oeuvre de Marco Ferreri me vient-il à l'esprit ? Nous serions nous, nous aussi, trop goinfrés au point de succomber à une énorme indigestion ?

Je vous laisse répondre à ces interrogations et pourquoi pas, y méditer.

 

Le jeudi 20 mai 2010,

 

Rien de particulier, sauf que ce matin notre Thaumaturge m'a bien fait rire, figurez-vous qu'il souhaite modifier notre  constitution pour y inscrire, que la tâche prioritaire d'un (futur) gouvernement devra être de réduire les déficits publiques. C'est en quelque sorte le pyromane qui hurle au feu !

Avec quel aplomb et quel cynisme, ce petit homme demande à ses successeurs d'appliquer une règle qu'il a lui même ignorée!

 

Vous trouverez sous ces commentaires désopilants une nouvelle rubrique consacrée à la littérature que je vous engage à consulter.

 

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:38

 

 

Chronique satirique du peuple du royaume de France.

 

Journal d’un hédoniste: délires, humour…noir, et dérision.

 

29 juillet 2009,

    

 

 la michetonneuse

Avertissement :

Ces histoires extraordinaires relatent parfois, des scènes d'une cruauté insoutenable, aussi est-il préférable d'éloigner les âmes sensibles.

Elles décrivent un royaume autrefois appelé “Pays des droits de l'homme” où une caste d'oligarques s'est emparée du pouvoir. Ces hommes sans scrupules accablent une population résignée, de maux dont ils prétendent être les seuls à posséder les remèdes….

 

Cela commence le 26 juillet 2009,

 

Alors qu'une douce chaleur enveloppe notre beau pays et que quelques crétins s'évertuent à en faire le tour à vélo, ignorant que le moteur à explosion a supplanté ce mode de locomotion archaïque, je restais seul devant le clavier de mon ordinateur, et décidai subitement, sans raison, si ce n'est le soleil ou le pastis, de vous livrer mes réflexions sur ce qu'il se passe dans le monde.

Ca commence le 26 juillet, où comme je vous l'expliquais en préambule, quelques crétins tentent d'échapper à un peloton de furieux qui les rattrapera inexorablement à quelques kilomètres de l'arrivée, lorsque tout à coup apparait sur l'écran la tête d'un ponte de la chaine, la larme à l'œil, qui vient nous prévenir que notre grand timonier, notre guide suprême à nous, vient d'avoir un malaise qui l'a terrassé à la Lanterne à Versailles. Du coup me reviennent ces couplets révolutionnaires: Ah ça ira, ça ira, les aristocrates et cetera….mais restons sérieux.

Les journalistes sont consternés, l'on se demande si la course ne va pas être interrompue, et soulagement l'on apprend qu'il s'agit d'un simple évanouissement dû à une hyper activité.

Il est vrai que le Président n'est pas avare de son temps pour ce bon petit peuple qui l'adule. Il y a quelques jours il apparaissait sur ce même écran en direct sur une étape décisive où son ami américain avait accompli à trente sept ans un exploit sans précédent: courir avec une seule……. il est vrai que pour l'équilibre sur la selle ce n'est pas commode. Le Week-end suivant, défiant la couche d'ozone, il était allé à New York entendre sa diva chanter pour l'anniversaire de Mandela qui n'avait pu venir car il avait perdu son sonotone.

Vous comprendrez qu'après tout ce que fait notre timonier pour le bien être de son peuple il ya de quoi avoir un malaise…. à moins que ce malaise ce soit nous qui le ressentions. Je me demande pourquoi !

 

Le 27 juillet 2009,

 

L'effervescence est à son comble, l'incident cardiaque occulte toute autre information, dix minutes sur le JT de la une, six sur sur la deux, Pernot en bafouille, les grands reporters sont devant l'hôpital du Val de Grâce où l'on scrute le ciel pour épier la couleur de la fumée, blanche ça va, grise c'est stable, noire…… je n'ose même pas le dire. ouf c'est blanc !

Les télés passent l'information en boucle : il parle, il marche, il va sortir!

L'événement est inespéré en cette période estivale où les journalistes n'avaient rien d'autre à se mettre sous la plume que des feux de forêt dont le bon peuple commençait à se lasser.

Pendant ce temps là Opinion Way affute un sondage sur la cote de popularité de notre guide suprême que diffusera LCI, le Figaro et TF1, peaufiné et surfacturé par une officine dirigée par un certain Buisson, qui se consumait il y a encore peu, pour l'extrême droite.

 

Le 28 juillet 2009,

En ce jour morose sur la capitale, il n'y a pas d'information sur le rescapé, ce qui me glace d'effroi. Aurait-il rechuté, et puis des rumeurs circulent, surtout dans la presse anglo-saxonne, les félons. Cette presse prête à toutes les calomnies accuserait la première dame de France, notre Diva, d'avoir provoqué le malaise de notre grand timonier. Analysons sérieusement cette grave accusation : il est vrai qu'elle est, était, de gauche. Serait-elle la Poison de notre siècle commanditée par un Fabius dépité? L'enquête s'avère complexe et les éléments à charge peu convaincants.

Pendant ce temps là, alors que le bon peuple avait la tête tournée vers la Lanterne, sans penser à mal, 33 000 personnes disparaissaient, où, en France. C'est à dire toute la population d'une bonne ville comme Alençon! Incroyable!

Où sont passé les 33000 individus inscrits au pôle emploi en mai, disparus en juin alors qu'ils n'ont pas retrouvées de travail ? Personne n'a d'explication plausible. Ainsi donc notre ministre aux dents longues, par un savant tour de passe-passe nous explique que le chômage aurait connu par une opération que l'on peut qualifier d'Oudinesque une baisse en Juin.

 

Le 29 juillet 2009,

Vous avez remarqué que j'indique l'année, afin que certains ne s’imaginent que nous sommes en 1650.

Fait rarissime, selon les spécialistes des graviers de l'Elisée, des micros ont été installés sur le perron en ce jour béni de conseil des ministres. Chacun s'attend à une déclaration de la plus haute importance, voire une déclaration de guerre afin de libérer notre vaillante journaliste prisonnière de ces horribles barbus dont l'élection serait truquée car, on ose y croire, le Président de ce pays, que la presse libre de notre grand pays voue aux gémonies, contrôlerait la radio et la télévision. Ce n'est pas chez nous que ça arriverait ! me déclarait ma concierge, le balai brandi au-dessus de la tête. Je me voyais mal la contredire!

Mais revenons à ces micros insolites. Le Président s'avance sur le perron, il a le visage hâve. Chacun retient son souffle, l'instant est grave. Il commence son allocution la gorge serrée, le verbe court, et nous parle de……sa santé. Chacun se regarde abasourdi, puis, d'un manque d'essence, voilà, il va rebondir sur une pénurie de carburant dont notre bon peuple ne peut se passer. Mais non, du haut de sa mégalomanie et de ses cent soixante….six centimètres, talonnettes comprises, il nous entretient sur un ton grave de ce malaise qui a failli le terrasser et nous priver de sa lumière. Jean-Claude Bercy pleure à chaudes larmes.

Puis notre timonier se reprend, il nous déclare toujours sur le même ton shakespearien : désormais je vous dirai tout, je ne vous cacherai rien. Les micros se baissent comme pour une révérence, parce que c'en est trop, la vérité serait trop lourde à porter.

Alors un journaliste s'avance, plus téméraire ou plus obséquieux que les autres, allez savoir: « même pour vos flatulences ? » Osa-t-il, rouge de confusion. Le Président garda le silence un moment, prit une attitude digne, et répondit avec solennité : oui.

Un silence de cathédrale vint saluer ce dernier mot. Décidément ce règne n'avait rien de commun aux autres!

 

Le 30 juillet 2009,

Une nouvelle primordiale est tombée sur les écrans des rédactions: le FMI va prêter de l'argent aux pays pauvres. Que faisait-il auparavant? Le prêtait-il aux riches? J'ai toujours eu une aversion profonde pour ces institutions internationales dont la fonction première serait d'aider les pauvres, car les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Je sais, c'est un lieu commun, mais demandez à feu Bongo, ou Suesso ce qu'ils en pensent. Les seuls résultats tangibles obtenus pour aider les pauvres a été, et est, le mini-crédit, c'est à dire de petites sommes prêtées directement à ceux qui en ont besoin et l'investissent pour survivre.

Il ya un chiffre qui m'a fait dressé les poils sur le dos. En 2008, 1 français sur cent s'est retrouvé en garde à vue! Stupéfiant, non ! Tout le monde a entendu parler de la garde à vue de l'ex directeur de Libération et me vient cette question s'il s'était agit du directeur du Figaro ? Aurait-il subi le même traitement dégradant. Nos libertés si chèrement acquises, disparaîtraient-elle comme peau de chagrin? Je vais vous conter la terrifiante histoire arrivée à cet écrivain fantasque mais bourré… de talent qu'est Frédéric Beigbeder, par ailleurs excellent animateur d'émissions de télévision intelligentes ; oui ça existe!

L'extrait que je vous livre in Extenso de son dernier roman dont le titre est : Un roman français, commence ainsi :

Le 28 janvier 2008, au commissariat du VIIIème arrondissement, des fonctionnaires en uniforme bleu, revolver et matraque à la ceinture, me déshabillaient entièrement pour me fouiller, confisquaient mon téléphone, ma montre, ma carte de crédit, mon argent, mes clés, mon passeport, mon permis de conduire…..prélevaient ma salive et mes empreintes digitales, me soulevaient les couilles pour voir si je cachais quelque chose dans mon trou du cul……avant de me reconduire dans une cage de deux mètres carrés aux murs recouverts de graffitis, de sang séché et de morve.

 Dans le même temps, il venait d'apprendre que son frère était promu chevalier de la Légion d'honneur et recevrait cette haute distinction des mains du notre timonier, en personne.

Le crime de notre ami était d'avoir sniffé un peu de cok sur le capot d'une voiture, devant un établissement de nuit célèbre, bon, ça ne se fait pas, surtout lorsque l'on n'a pas que des amis ; Malraux était opiomane, et chacun le savait.

Si l'on reprend la statistique que je vous indiquais plus haut, cela fait 600 000 trous du cul à examiner par an! dégradant pour celui qui subit cette humiliation d'un autre temps, mais dégradant aussi pour celui qui la pratique. Dis-moi chéri qu'est-ce que tu as fait dans ta journée de travail ? hum……

Dans le même registre deux pauvres types prenaient 3 mois ferme pour avoir envoyé un sms à l'ex ministre de la Justice, contenant, paraît-il, des injures, alors qu'une plainte des magistrats contre cette même ministre était classée sans suite.

La Justice est elle juste? That is the question. Ne vaut-il pas mieux faire partie de cette oligarchie qui nous dirige? Demandez au jeune motard nommé Sarkozy ce qu'il en pense?

 

 

Le 31 juillet 2009,

 

Ce qu'il ya de pire dans la vie, c'est attendre la mort.

Aristote a dit : chaque fois qu'à des hommes sans valeur échoient des responsabilités. Ces derniers accordent plus de valeur aux possessions extérieures, qu'aux biens de l'âme. Or c'est pire que tout, car il se rend ridicule, celui qui se montre inférieur à ses propres serviteurs. Aristote est né 384 ans avant celui que vous appelez J.C.

Des hommes sont en colère, ils ont perdu leur travail, ils menacent, agitent des oriflammes rouges, des casquettes d'un syndicat corrompu, et partent la tête basse avec quelques picaillons dans la poche, pour qu'ils se taisent. Où est l'honneur dans tout ça.

Une photo m'a interpellé cette semaine, celle de la couverture de l'express le n° 3030 regardez bien! non pas l'ex-ministre de la Justice, qui pose dans une de ses attitudes favorites: comment, vous me photographiez alors que je ne m'y attendais pas! … non, cela n'a aucun intérêt, sauf pour les gogos, mais concentrez vous sur l'homme avec l'appareil photo à la main, derrière la portière de la voiture. Voyez l'air de mépris qu'il a sur le visage, presque de dégout. Tout un symbole!

Mais nous ne pouvions pas rester sans (bonnes) nouvelles de notre guide suprême. Nous apprenons qu'il est arrivé au cap Nègre, non ce n'est pas en Afrique, discours de Dakar oblige, mais à coté du Lavandou, là où une partie du bon peuple de France a posé sa toile. Mais bon, pour notre rescapé, pas question de camping, le séjour se passe dans une propriété estimée à plusieurs dizaines de millions d'Euros. Autre bonne nouvelle, décidemment je vous gâte, le fils de notre thaumaturge va être papa, l'héritière Darty va lui donner un rejeton, gageons que le contrat de traîtrise sera dans le berceau.

 

Le 1er août 2009,

C'est le premier jour de vacances pour notre président que l'on voit descendre prudemment les marches qui le mènent à son premier bain de mer, pourvu qu'il ne prenne pas froid et qu'il n'ait pas oublié sa bouée, sa diva le suit emmaillotée dans une serviette blanche immaculée; j'ai une pensée émue pour tous ces crétins accrochés à leurs appareils photos qui vont passer le mois d'août planqués dans les rochers afin de prendre la photo dont tout le monde se moque. Dérisoire.

Cette belle image est ternie par deux incidents dramatiques, venus assombrir ces journées idylliques; La fusion pérollienne est contrariée. Les caisses d'épargnes et la banques dite populaire, mais qui n'a de populaire que le nom, voient leur union annoncée, déboutée par le Tribunal, tout cela à cause d'un petit syndicat de rien du tout, même pas corrompu, qui s'y oppose. Un empêcheur de spéculer en rond, un terroriste du parachute doré. SUD.

L'autre incident est plus dramatique puisqu'il s'agit d'un môme de vingt ans mort au champ d'honneur, comme on dit, du 3ème régiment d'infanterie de Marine, le régiment où j'ai effectué mon service militaire dans cette bonne ville de Vannes. Mais qu'allait-il faire dans cette galère, dont une personne avisée a prononcé ces paroles sensées : on a jamais vu de forces d'occupation venir à bout d'un peuple occupé, les russes s'y sont cassé les dents. Cette personne sensée s'appelait Sarkozy, mais c'était il ya longtemps……

 

Le 3 août 2009,

 

Savez-vous ce qu'est un syllogisme? C'est un raisonnement qui contient trois propositions, la majeure, la mineure, la conclusion qui découle de la majeure à l'aide de la mineure. Je sais c'est compliqué, et moi même ai mis quelque temps à comprendre (c'est vous dire) un exemple :

Les chrétiens ne travaillent pas le dimanche, pourtant des hommes et des femmes travaillent le dimanche, donc ses hommes et ses femmes ne sont pas chrétiens. Maintenant vous savez ce qu'est un syllogisme et allez pouvoir épater vos amis.

Cette réflexion m'est venue lorsque je regardais ces gens aux regards hallucinés descendre les marches de l'église devant le bistrot où je prends mon pastis le dimanche matin. Ils donnent l'impression d'avoir vu le Christ en personne à tel point qu'ils en oublient la sébile du mendiant sur les marches, laquelle reste désespérément vide.

En ces temps calmes de presque canicule, du coup l'on va presque croire ce pauvre Allègre, qui ne doit plus tellement l'être, allègre, depuis qu'il a été recalé au concours de la traîtrise et du coup ne rentrera pas dans le gouvernement de notre guide suprême. Pour trouver de l'agitation l'on doit se rendre dans nos colonies, je veux parler de la Nouvelle Calédonie, où nos pandores se sont ramassés un sacrée branlée, puisque une trentaine d'entre eux sont restés sur le tapis. En cause le mécontentement du syndicat local dont l'action rappelle celle du LKP de Guadeloupe, que je salue au passage. Bataillé!

Outre cette nouvelle qui n'empêchera personne de dormir, on apprend que le comte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon (je vous jure que c'est son nom véritable) rejoindrait le parti de notre timonier. Voir Kouchner embrassé Monsieur le comte ça vaut son pesant d'or. Or, auquel notre petit ministre (de gauche) n'est pas insensible (dixit Bongo)

 

Le 4 août 2009,

Ne l'avais-je pas prédit dans mon billet du 27 juillet, un sondage allait sortir sur la cote de popularité de notre monarque après sa terrible défaillance vagale. CSA nous sort un sondage ad hoc : la cote de notre guide suprême explose. Les questions sont puériles, les sondés invisibles. Une petite mise au point :

CSA appartient à Bolloré ( Le fournisseur de yacht de luxe) IFOP à Parisot la patronne du MEDEF, Opinion Way à l'Elysée.

Vous avez dit manipulation ?

Le Monde, titrait censure au Maroc. En effet 2 titres dont l'excellent Tel Quel se voyaient retirés de la vente et passés au pilon pour avoir osé publier un sondage sur le roi, sondage plutôt favorable. C'est là que l'on mesure toute l'inexpérience de ce souverain et sa maladresse. Notre bon guide suprême a dépassé depuis belle lurette ce genre de conflit en distribuant les postes clés à ses amis. Plus de sondages défavorables, plus d'articles incendiaires : les médias télévisés sont sous contrôle, ce bon Vals en est la preuve et tout le monde tremble de peur de perdre sa place. Un exemple : une journaliste jolie et forte tête quitte la télé public dans des conditions que nous ne connaissons pas et entre sur une chaîne privée, I télé pour ne pas la nommer. Elle reçoit de la part d'un conseiller influent de l'Elisée des félicitations. Quels sont les sous-entendus de ces félicitations ? : Nous gardons un œil et une oreille attentifs sur toi. Voilà comment l'on obtient une presse dite libre. Ce n'est pas PPDA qui me contredira.

 

Le 5 août 2009,

En Nouvelle Calédonie les choses ne s'arrangent pas, l'état a envoyé le gros de la troupe mater ses canaques impudents qui osent défier l'ordre des blancs. Comme en Guadeloupe une image surréaliste retient l'attention ce sont ces hommes blancs caparaçonnés, casqués, boucliers déployés, matraques en l'air, et ces canaques presque en guenille, lance-pierre à la main, et même quelque sarbacanes dérisoires! On revit les conquistadors débarquant en Amérique pour pacifier les sauvages.

Mais en fin de compte qui sont les sauvages?

Pendant ce temps dans notre beau pays les bonus font à nouveau l'actualité. Chasser le naturel il revient au galop, comme disait ma concierge qui depuis qu'elle à vu l'élégance du hérisson me regarde d'une drôle de façon ; je n'ai pourtant pas les yeux bridés!

C'est la BNP qui a donné le top départ avec les 3 milliards qu'elle a engrangés ces premiers six mois. Monsieur Prout son patron expliquait que s'il ne le faisait pas ses concurrents lui piqueraient ses meilleurs traders. Mon banquier m'a pourtant sermonné en me disant quand on gagne de l'argent on commence par rembourser ses dettes. Or il me semble, si ma mémoire ne me joue pas de tour, que le thaumaturge de l'Elysée a prêté quelques milliards à cette banque, lesquels ne lui appartenaient pas à lui non plus, puisque c'est ce bon peuple, qui magnanime, a sauvé les banques avec l'argent durement gagné au travail. Rappelons, histoire de passer une mauvaise nuit, que la dette du pays est passée de mille cent milliards à plus de mille cinq cents milliards en l'espace de deux ans.

Vous voulez que je vide des caisses qui sont déjà vides ????

 

Le 6 août 2009,

Dans les revues humoristiques, lesquelles font des choux gras de notre grand timonier, je remarque les noms dont on l'affuble et ne manque pas d'originalité, passons sur les patronymes faisant référence à sa taille, c'est mesquin, mais des appellations comme Sarkodonozore ou sarkodanapale me font rire elles témoignent d'une érudition au-dessus de la moyenne car que je suis inquiet, je vous l'avoue devant la recrudescence de la bêtise. Oui notre peuple qui était un des plus brillant en Europe devient l'un des plus stupides et cela ma désole, pauvre Voltaire, Rousseau, Diderot, Montesquieu, D'alembert, ce siècle des lumières où notre beau pays rayonnait avec l'Italie, alors qu'aujourd'hui il n'est question que de télé réalité burlesque, d'émissions berlusconiennes, et d'abrutissement des masses pour mieux régner.

Plus drôle, notre chef suprême dans un grand élan de magnanimité a décidé de voler au secours de cette soudanaise qui risque quarante coups de fouet pour avoir porté un pantalon. Après Ingrid, Florence séquestrée au Mexique, Clotilde incarcéré en Iran c'est Loubna dont notre thaumaturge national et international, prend le destin en main. Cette fois dans un grand élan d'altruisme et après tous ses échecs, il a offert son corps devenu sculptural au supplice du fouet à la place de la journaliste; il n'y avait qu'un grand chef d'état pour se sacrifier ainsi.

Parce que le Président du Soudan, ce bon Omar al Bachir, est d'un autre niveau dans le despotisme, rien à voir avec ces petits roitelets européens, non, lui c'est le sublime dans l'horreur, condamné par la cour internationale de justice pour… (Prenez votre respiration) :

Meurtres, extermination, transfert forcé, tortures, et viols,

Ce qui n'empêche pas cette créature de se pavaner dans les réunions internationales et certains comme notre bon Omar Bongo, lui serrer la pince. Entre Omar vous me direz c'est normal. J'ai gardé Bongo en vie uniquement pour cette plaisanterie éculée, mais qui m'amuse toujours. Rassurez vous il est bien mort. Alors vous parlez! Quarante coups de fouet pour al Bachir ça équivaut à 1 heure de colle chez nous!

 

Le 7 août,

Willy de Ville nous a quitté, lui qui avait repris le fameux hey Joe sur un air de marriachi et dont les paroles disaient, “Hey joe t'en va pas comme ça” à cinquante cinq ans sans dire au revoir en plus!

Les génies meurent trop jeunes, vous avez remarquez ? Morrisson , Otis Redding, Jimmy Hendrix, Janis Jopling, john Lennon, et nos poètes Oscar Wilde, Edgar Poe, Arthur Rimbaud, Baschung…..que ceux que je ne cite pas me pardonne. Pourquoi le génie se termine t-il souvent par un destin tragique et nous laisse pantois devant un monde de bassesse et de médiocrité, qui se regarde le nombril ?

L'AFP, agence France presse, institution vénérable issue de la résistance, nous distillerait des informations tronquées, voire amputées. L'offensive du gouvernement, (quand on dit gouvernement il faut comprendre chef suprême, inutile de le rappeler à chaque fois) l'hiver dernier porterait-elle ses fruits? En effet le gouvernement (c'est qui?) avait demandé à son peu charismatique Président, Pierre Louette (qui craignait de se faire plumer) de réfléchir à un changement de statut afin de faire entrer quelques actionnaires (on devine lesquels). Maîtriser l'information de A à Z quel despote n'en a pas rêver, distiller dans les oreilles du bon peuple une information éviscérée, tamisée, dans laquelle il n'y aurait aucune note discordante. Le rêve. Vous en rêviez, notre guide suprême aussi !

 

Le 10 août 2009,

Le procès de Clotilde capte toutes les attentions, et l'on voit son visage grave enveloppé dans un foulard, frappé de stupeur devant ce qui lui arrive. Pendant ce temps là le petit ministre de l'extérieur, fulmine et ne tarit pas de déclarations outragées. Je lisais un rapport sur la répression dont ont été victimes les opposants à la démocratie iranienne dont Amaninedjad est le digne représentant. Cet homme de petite taille, et son aspect chétif, n'est pas sans rappeler de mauvais souvenir. Il faut regarder ses yeux, petits et mesquins, mais dans le fond desquels brille le fanatisme.

Certains manifestants opposés à la réélection de cet homme ont subi dans les geôles de la démocratie iranienne les pires sévices. De jeunes hommes et jeunes filles ont été violés dans les pires conditions, avec une barbarie digne d'un autre siècle. An nom de quel dieu peut-on se livrer à de tels actes de sauvagerie que même les animaux répugnent? Quelle religion permet ces crimes?

Je revoie sur scène leurs grands prêtres, au visage angélique, tendre la main pour qu'on leur baise les doigts, dégoulinant de sang et d'excréments.

J'exècre les religions et leurs serviteurs fanatiques, et me félicite d'être un nihiliste convaincu et lorsque je relis les quelques lignes d'horreur que je propose à votre réflexion d'hommes libres (pour l'instant) je psalmodie : Ni dieu, ni maître.

 

Le 11 août 2009,

 

Pas grand chose à mettre sous les touches de mon clavier. Sauf que notre dette s'est alourdie de 82 milliards le mois dernier et que le maire de Chantilly, et accessoirement ministre du budget, me semble-t-il, nous explique que c'est la faute à la crise. Il faudra bien pourtant que l'on trouve un moyen de colmater ce tonneau des Danaïdes à un moment. Ce ministre qui se targuait d'être un économiste averti céderait-il au chant des sirènes et nous mènerait-il vers une mort annoncée, comme ces marins de la mythologie. Est-il un adepte d'Oscar Wilde qui disait que le meilleur moyen de résister à la tentation…c'est d'y céder.

Cette nuit était la nuit des perséides (étoiles filantes pour les ignares) je suis resté un bon moment sur ma terrasse, sans en voir une seule, si les astronomes imitent nos politiques c'est vraiment à désespérer.

 

Le 12 août,

Savez vous ce qu'est le “dark tourism” ce sont des gens comme vous et moi, enfin presque, qui vont visiter pendant leurs congés, des sites où a eu lieu des catastrophes en tous genres, des cimetières, des prisons, des lieux de torture ou des camps de concentration. Si pour certains il est question d'un devoir de mémoire, pour beaucoup d'autres il s'agit d'un voyeurisme exacerbé. Par exemple, un des pèlerinages privilégiés en Chine est de se rendre dans la province du Sichuan où un séisme a frappé, entraînant la mort de dizaine de milliers d'individus. Eh bien c'est devenu un site où les cars de tourisme déversent chaque jour, des centaines de personnes venus photographier les décombres où sont encore enseveli des milliers de cadavres. L'on apprend que tchernobyl, ou les locaux de la STASI (police politique de l'ex Allemagne de l'est) font l'objet d'excursions de ces drôles de touristes. Morbide, non!

L'Aquila, le nom de cette ville en Italie me revient en mémoire et heurte mes neurones. Cette ville a été durement touchée par un tremblement de terre le six avril. Il y a plusieurs centaines de victimes et des milliers de sans abris. C'est dans cette ville dévastée que le G8 s'est tenu 3 mois plus tard sur une initiative pour le moins surprenante du non moins stupéfiant Berlusconi. Les sinistrés qui étaient installés dans des campements de fortune avaient inscrit en lettres hollywoodiennes sur la colline surplombant la ville : yes we camp. En référence à l'hilarant humour berlusconien et au slogan de ce bon Obama. Cependant les images de ce sommet inutile, m'ont particulièrement choqué, l'on y voit à maintes reprises les chefs d'état les plus puissants du monde, du moins le pensent-ils, se congratuler, se taper sur l'épaule, se tordre de rire et notamment notre petit monarque plié en deux, ça fait peu de centimètres, dans les bras du cavalière. Je m'interroge sur l'opportunité de cette rigolade, pas vous?

 

Le 14 août 2009,

Que ce passe t-il en Afghanistan ? Est-ce que le candidat à la magistrature suprême avait raison lorsqu'il déclarait qu'aucune force d'occupation ne viendrait à bout de la résistance afghane, qui avait bouté hors de son territoire les troupes de l'ex URSS. Car tous les observateurs sont pour une fois d'accord les forces de l'Otan sont sur le point de perdre la guerre dans ce pays face à des guerriers mal armés, peu disciplinés, mais pugnaces. Quel est la raison de ce cuisant échec? la corruption. Voilà ce qui ruine les moyens énormes mis en œuvre pour terrasser les Talibans et les chefs de guerre afghans.

Il faut voir les villas a un million de dollars qui ont poussé comme des champignons vénéneux dans le nouveau quartier huppé de Kaboul, les 4×4 flambant neuf qui y circulent sous l'oeil bienveillant de Hamid Karzaï, Président des corrompus. Il faut voir ces centaines d'ONG qui ne sont présentes que pour ramasser l'argent gaspillé par l'occident. Un reportage édifiant proposé par Canal + montrait les malversations de l'ensemble des dirigeants de ce pays. Une école devait être construite, les fonds était versés, le reporter trouva sur le terrain où celle-ci devait être élevée… un panneau publicitaire avec la photo de l'école. Alors le peuple las de se faire duper, spolier, n'a que ce choix : la peste ou le choléra.

 

Le 16 août,

Rassurez vous il n'ya pas eu de nouvel incident vagal, ni de noyade, tout va bien de ce côté là, du moins je le suppose, non c'est que définitivement je n'ai rien d'une crêpe et que me tourner et retourner sur des grains de sable n'est pas ma tasse de thé, selon l'expression favorite de ma concierge.

Je voulais revenir sur l'Afghanistan, vous pensez immédiatement : mais que vient-il nous les casser avec ce pays, n'a t-on pas suffisamment de problèmes dans le nôtre ! Certes ! Mais quelques réminiscences du passé sont venues me hanter lors de mon sommeil. Je m'interrogeais et subitement m'est revenu du fin fond des entrailles de mon cerveau embrumé, un roman : Les Cavaliers, dont l'auteur est le grand reporter, romancier, compositeur, académicien, résistant, homme de bien, je veux parler de, mais vous l'aviez deviné : Joseph Kessel.

C'est le souvenir de ce roman que j'ai lu dans ma jeunesse chaotique, qui m'a inspiré ces lignes précédentes, pleines de rancœur et de fiel, parce qu'il m'était resté dans l'esprit, ce peuple fier que décrivait Kessel, ces us et coutumes, ses jeux dont le Bouzkachi (ancêtre du polo) sa liberté et sa joie de vivre avant que ne s'abattent sur lui les ténèbres, plus ravageurs qu'un nuage de crickets géants sur un champ de blé. Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec les années 1520 lorsque Cortès, chef des conquistadors espagnols, débarqua au Mexique et anéantit le peuple aztèque, exterminant le peuple, le clergé, les scribes, les dignitaires, et, surtout la civilisation aztèque. Car ces conquistadores dont certains s'enorgueillissent encore, ont détruit des trésors inestimables, écrits, monuments, totems, ceci au nom du dieu des chrétiens. N'y a t-il pas une certaine similitude entre ces deux évènements? Et si l'on s'interrogeait sur la raison de ce déferlement de calamités qui s'abat sur ce pays depuis plus de trente ans ? Ne serait-ce pas le trésor des Afghans ? Celui dont le prix au kilo vaut plus que l'or : l'opium !

 

Lisez ou relisez : Les cavaliers de Joseph Kessel…même sur la plage.

 

Le 17 août 2009,

De nos jours les médias bien informés classent tout, les hommes les plus fortunés, les peuples qui font le mieux l'amour, les entreprises les plus entreprenantes, les hommes ou les femmes les plus appréciés par notre bon peuple. Le classement paru dans un journal à emballer le poisson, selon une expression favorite de ma concierge, donne Mimi mathy en troisième position. Tiens, me dis-je si c'est un classement par taille notre monarque à talonnettes devrait se trouver en bonne position, je furète vers les places suivantes…rien, je me dis alors que comme pour la justice, il est hors compétition, eh bien non! je le trouve misérablement installé à la quarante deuxième place. Ébahi je soupçonne qu'entre la troisième et la quarante et unième place il n'y a que que des comparses de grincheux. Mon ébahissement se transforme en stupéfaction lorsque je découvre l'ex-employeur fictif de la Mairie de Paris se pavanant à la vingt-neuvième place! Les bras m'en tombent! et jette de dépit ce canard, là où il devrait être, à la poubelle, car comme chacun le sait l'on n'emballe plus le poisson dans ces torchons… ce n'est pas hygiénique.

 

Le 18 août,

Woodstock a quarante ans, les organisateurs attendaient 65000 énergumènes ils vinrent à 600 000, tous plus délirants les uns que les autres. Ce fut un déchaînement d'impudence, d'impudeur, de libertinage, de liberté, de joie de vivre tout simplement. Les feuilles de choux bien pensantes se sont indignées, tout en regardant par le trou de la serrure, évidemment, et ont sorti tous les clichés que le bon peuple voulait entendre et voir: la boue, la drogue, le sexe. Le mouvement beatniks issus de la Beat Génération (mouvement littéraire et artistique) s'attiraient les foudres des politiciens tandis que ce bon Nixon déversait des tonnes de bombes au napalm sur les petits hommes jaunes en toute bonne conscience. Sur scène s'était du délire, mais du bon délire, tandis que Joe Cocker commençait à forger sa réputation, un guitariste de génie imitait les déflagrations des bombes sur l'hymne américain.

Passé ce moment de nostalgie, qui me submergeait, que chacun se rassure je suis bon nageur, une interrogation totalement inepte est venue traverser mon esprit. Combien d'années les Etats Unis d'Amérique ont-ils passé à guerroyer sur cette planète depuis le début du vingtième siècle ? Certes il y eut des guerres légitimes, où la liberté du monde était en jeu, puis d'autres totalement arbitraires, comme le Vietnam, l'Irak, l'Afghanistan. Près de trente ans! Sans compter les petits conflits locaux. Ça laisse rêveur! Combien de morts, de tonnes de bombes, de dollars? …..Mamadou arrête de regarder le ciel, il n'y a rien pour toi.

 

Le 23 août 2009,

Excusez moi, mais j'étais à Berlin pour contempler ce surhomme venu de la Jamaïque, c'est la raison pour laquelle je n'ai pu vous communiquer, ces derniers jours, mes dernières réflexions philosophiques sur le monde (en toute modestie).

Car de surhomme j'en avais laissé un au Cap Nègre, il est vrai qu'il courre moins vite et surtout est de santé plus aléatoire. Je lisais donc la presse spécialisée dans l'apologie de notre guide suprême, lorsque que je tombais sur un nouveau sondage accordant une cote de popularité plus que flatteuse à notre monarque. Je m'interrogeais sur l'identité de ces gens qui admire cet individu, qui s'effondre dès qu'il trottine sous le soleil, alors que qu'Ussain, lui, explose les records sous ce même soleil. Car dès que notre monarque a le moindre “pet de travers”, suivant une expression consacrée de ma concierge, sa cote atteint des sommets jamais égalés. Est-ce que ce bon peuple serait trop sensible? Mais qui sont-ils, ces sondés, que l'on affuble de cette formule ”échantillon représentatif de la population” personnellement, je n'apprécierai que moyennement faire partie du troupeau.

Contrairement à l'idée reçue ce ne sont pas les plus aisés qui forment le gros de la troupe des laudateurs, ce serait trop réducteur. Ce sont les pauvres les plus idolâtres, les plus exaltés, curieux non! Aviez vous remarqué que les plus mystiques sont également les plus pauvres, regardez ces foules en haillons s'empresser autour de la vigie de la chrétienté, édifiant. Curieuse propension à adorer un capitaine qui vous mène droit vers les écueils que sont le chômage, la pauvreté, l'exclusion. Je connaissais le syndrome de Stockolm, pas celui de Neuilly. Mais qu'importe ces signes extérieurs de richesse, notre “échantillon représentatif” se l'approprie avec ferveur, il est en vacances sur le même yacht, se promène main dans la main avec la Diva à la Lanterne, soupe au Fouquet's, part en week-end au Cap Nègre. Ces gens sont heureux, même s'ils ne reçoivent pas le chèque cadeau du fisc à la rentrée.

Le Fouquet's est devenu un monument que l'on vient photographier au même titre que le pont de l'Alma, mais évidemment pas question d'y entrer, la crédulité de ce bon peuple a des limites, un café à cinq Euros faut tout de même pas les prendre que pour des électeurs!

 

Le 25 août 2009,

Un prophète. Je n'ai jamais eu l'intention de me faire passer pour tel, je préfère messager, c'est moins présomptueux. Je voulais vous entretenir du FILM qu'il faut voir, car il y a une éternité que je souhaitais aborder ce scandale qu'est l'univers carcéral, mais trop sensible je n'osais pas. Notre guide suprême s'est même fendu d'un commentaire lors de la réunion ubuesque de Versailles en lançant avec des trémolos dans la voix “que nos prisons étaient une honte pour la république” je me pose la question : pourquoi a t-il envoyé autant de monde derrière les barreaux! Et que fait-il pour remédier à cette situation infamante, indigne, dégradante. Rien. Je suis de mauvaise foi, la ministre de la justice vient de décréter l'abolition des cordes, des draps indéchirables et des disques de Céline Dion en prison, afin d'éviter les suicides. Renversant. L'on tient à garder nos détenus en vie pour qu'ils se délectent jusqu'à la lie de cet univers poisseux. Surpopulation, drogue, racket, viols, vol, école du crime, fabrique de véritables délinquants…..vous n'êtes pas dans une dictature exotique, c'est l'univers de la population carcérale en France. Car lorsque vous vous appelez Mohamed et que sur votre casier il y a inscrit : deux mois de prison pour vol, que reste-t-il comme échappatoire : la récidive et le cercle infernal débute, inexorable.

Savez-vous où les prisons sont les plus accueillantes : L'Espagne, pourquoi ? Parce que du temps de la dictature de Franco une bonne partie de la classe politique ayant accédé au pouvoir après la mort de ce fasciste, a séjourné dans les geôles franquistes, et en souvenir des ces séjours malodorants a entrepris en toute urgence la construction de prisons modernes. Cela ne vous donne pas une idée ? Et si l'on incarcérait nos politiques!

Un prophète de Jacques AUDIARD.

 

Le 27 août 2009,

Nous sommes tous manipulés. Je n'arrive toujours pas à croire que notre pays, qui était un exemple aux regards du monde en matière de démocratie, de droits, de libertés, de pensées, soit devenu cet état amorphe, dirigé par une clique de manipulateurs qui a parfaitement analysé les strates de notre population. Comment en est-on arrivé là, comment certains démocrates ont-ils tourné casaque pour s'afficher la morve au nez dans le camp des illusionnistes?

L'argent, la soif du pouvoir, perdu pour certains, la couardise, la peur, la vengeance. Certainement un condensé de tous ces maux. Mais revenons à l'accession au trône de notre nouveau petit monarque. Comment cet homme ordinaire, sans talents particuliers, est-il arrivé au pouvoir suprême. Par une analyse poussée du corps électoral français. Ses collaborateurs ont remarqué qu'il était vieillissant. Toute la campagne et la précampagne (souvenez-vous ses déplacements médiatiques, ces journalistes dans la charrette de la honte en Camargue, ces karchers, ces racailles… ) ont ciblé cette couche de la population. Voilà que j'écris comme un publicitaire maintenant.

Les médias et en première ligne TF1 chaîne unanimement regardée par les anciens, (mimi mathy, une femme d'honneur, et J.P. Pernaud) sont depuis belle lurette sous contrôle.

Le leitmotiv de la propagande sera la sécurité (beaucoup de nos anciens ont les yeux de Chimène pour l'extrême droite) les sauvageons sont devenus des racailles, vecteurs d'armes de drogues, et ….d'insurrection (l'explosion des banlieues, vieux fantasme de droite) et les valeurs que l'on pensait d'un autre temps : travail, famille, patrie, ressurgissent. Ça fait froid dans le dos. Ajoutez à cela les cadeaux pour les entreprises (la pub pour TF1) le paquet fiscale pour les amis, les marchés d'état pour les copains (Bolloré) la collusion des officines de sondage et le tour est presque joué, d'autant que l'adversaire était affaibli. Une partie des couches populaires se laisse séduire, elle le regrettera amèrement. Mais le mal est fait, un retour en arrière semble impossible. Tous les rouages de la société sont sous contrôle :

Médias (les directeurs de chaînes des télévisions publiques sont nommés par l'Elysée) les journalistes sont sous pression : menaces, contrôles, départs. Il y a comme un relent d'ORTF en plus subtil, plus pervers, parce que la menace plane, mais elle n'est pas concrète, d'où l'autocensure. Il faut bien payer les traites à la fin du mois! Le journaliste ne peut être impartial à partir du moment où il doit rendre des comptes à sa hiérarchie, à l'audience, au pouvoir qui veille.

Justice : suppression annoncée du Juge d'instruction (plein pouvoir au parquet) Poursuites arbitraires : de Villepin et Mohamed qui n'a pas d'avocat, pris dans une manifestation, jugé à la va-vite, à la chaîne. lui ou un autre, de toute façon il se ressemble tous! Arrestations arbitraires : Julien Coupat, Philippi, les sans papiers et ceux qui leur viennent en aide.

Les assemblées : charcutage électoral (11 députés pour les français de l'étranger ! et 1 pour les réfugiés en Suisse.

Conseil d'État, Constitutionnel, CSA, académie française (je plaisante……quoique)

Nous avons tressé la corde pour nous pendre! Au secours!

 

Je reviens on sonne à la porte…….

 

Ouf ! ce n'était pas la police, juste ma concierge qui me demandait ce qu'était un leurre. Un leurre lui répondis-je, est un artifice, un moyen d'attirer et de tromper. Prenons un exemple, la burqa, qui n'est portée que par une centaine de femmes en France, et n'est donc pas une affaire d'état, a pourtant défrayé les chroniques de ces bons journalistes durant quinze jours, alimenté les conversations au café du commerce tout l'été. C'est le principe de gouvernance de notre guide suprême : jeter un sujet de société aux journalistes, comme l'on jette un os à une meute affamée, et pendant ce temps là quelques malins tripatouillent le découpage des circonscriptions ou sortent une nouvelle loi scélérate qui vient encore rogner nos libertés (pour le bien de tous évidemment) Mais c'est infâme me dit-elle en rajustant ses bas qui tombaient sur ses pantoufles. Elle tourna les talons et rejoignit sa loge en maugréant.

Qu'il est touchant ce bon petit peuple, touchant de crédulité, voilà qu'on leur donne en pâture 3000 contribuables indélicats, qui ont planqué leurs économies chez les Helvètes. 3000, pourtant du même camp que notre monarque, 3000 sacrifiés sur l'autel de l'indice de popularité. Ne serait-ce pas un leurre de plus ?

 

Le 4 septembre 2009,

Nos chères petites têtes blondes et têtes brunes aussi ont repris le chemin du savoir, je ne saurai que trop insister pour vous encourager à vous cultiver à tout âge. Regardez ce pauvre Chatel, tout le monde se moque de lui et de son orthographe plus qu'hésitante.

Quelques chiffres histoire de vous faire passer un mauvais week-end :

109 milliards : c'est le déficit du budget sur douze mois (à ne pas confondre avec la dette publique)

1250 milliards : dette publique : la votre, soit environ 20 000 Euros par français

2,6 millions c'est le nombre de chômeurs de catégorie A soit 9, 1 pour cent et 9, 5 avec nos amis d'outre mer, stupéfiant, l'on compte nos départements dans les statistiques lorsque ça arrange ! pour les médailles notamment. Les emplois précaires ne sont pas pris en compte évidemment.

17 350 : C'est le nombre d'expulsés depuis le début de l'année, et l'on voit le ministre félon parader sur les écrans pour exprimer son immense satisfaction d'expulseur en chef, avec son regard fureteur, et son menton fuyant tel cet apôtre dans la cène de Vinci, celui qui est à l'extrême droite…cherchez.

Je vais vous apprendre un nouveau mot : impéritie.

Deux noms barbares tintent à mes oreilles depuis quelques temps, ce sont Flash ball et Taser, au début je pensais qu'il s'agissait de jeux pour consoles japonaises. Pas du tout, ce sont des jeux pour adultes, des saloperies qui blessent et tuent que nos dirigeants inconscients confient à des novices, pour rassurer le bourgeois qui vote à droite. Droit, comme l'œil perdu par ce malheureux metteur en scène. Qu'importe les bavures, l'indice de popularité grimpe, ça vaut bien quelques organes.

 

Le 9/9/O9

Il paraîtrait que cette date porte bonheur, quelques chinois se marient à cette occasion, souhaitons longue vie à ces unions et rappelons leur que le divorce n'a pas cours dans ce pays, sauf rares exceptions réservées aux classes privilégiées. Car même sous une dictature qui se prétend communiste, il y a des privilégiés dont les membres ont droit à une ristourne fiscale en fin d'année. Ce n'est pas chez nous que ça arriverait!

J'en reviens à notre prédateur de la couche d'ozone qui courait ces jours ci vers le pays du foot. Je veux parler du Brésil. Qu'allait-il faire dans ce pays émergent, qui justement a quelques difficultés à sortir la tête de la misère. Vendre des rafales, non pas du vent, mais des avions de combat dont aucun pays ne voulait, pas même le Maroc. Qui, à ce jour en voudrait à ce beau pays au point de l'attaquer à part quelques clubs de foot de notre continent pour kidnapper leurs talentueux joueurs ? J'entends des voix s'élever et crier le PSG. Restons sérieux. Alors que plus des trois quart de la population vit dans des conditions misérables, voilà que ce Lula que l'on pensait sensé se lance dans la course aux armements et dépense une fortune pour des fers à repasser volants, alors que son peuple crie famine. Est-ce bien raisonnable!

Le délit de sale gueule ne touche pas que mes amis maghrébins, figurez vous qu'un rustre accusé du meurtre de deux jeunes femmes, se fait la malle dans une boite en carton au nez et à la barbe de matons sidérés. Il crie une innocence que personne n'entend, parce que c'est le coupable idéal et comme je le disais en préambule : il a une sale gueule.

Un, qui a une belle gueule c'est ce cher Galouseau de Villepin, qui pourtant est dans de sales draps, c'est qu'il a un roquet hargneux agrippé à ses basques qui ne le lâchera pour rien au monde. Mais je vous en reparlerai prochainement car le procès qui s'annonce ne manquera pas de nous divertir. Sauf ce pauvre Galouseau qui risque la geôle pour avoir mouillé un inconnu nommé Nagi Bocsa. Drôle de nom ! Espérons que nos valeureux pandores ne chartérisent pas tout ce qui ne s'appelle pas Dupont ou Durand!

 

Le 13 septembre,

L'ère des apostats.

Quelles sont les motivations qui poussent ces hommes et ces femmes à trahir leur camp, abandonner leurs amis, pour rejoindre leurs ennemis d'hier, dont les idéaux sont à l'opposé des principes qu'ils défendaient quelques jours auparavant. Les privilèges, l'argent, ou l'absence de conviction, parce que la politique est un métier et qu'ils soient dans un camp ou dans l'autre ne leur posent aucun cas de conscience, car leur conscience ils l'ont reléguée au vestiaire des oubliettes. Ils renient leur passé, leurs écrits, leurs critiques avec la morgue du poivrot qui promet de ne plus trinquer et se roulent dans l'apostasie et la servilité comme ces ivrognes dans leurs vomissures. Ces nouveaux prosélytes, haïs par les amis qu'ils délaissent et détestés par ceux qui les accueillent sont dans l'obligation de faire assaut de flagornerie pour convaincre. Ainsi l'on voit le zélateur, s'abaisser au pied de son nouveau monarque au point de lui lécher les pieds, et remplir sa mission avec une ardeur digne du plus servile des courtisans, et à l'occasion s'accaparer le rôle du sycophante.

Vous l'avez peut être compris je ne porte pas dans mon cœur ces traitres, lesquels pour un plat de lentilles, retournent leur veste et enfilent la défroque de la trahison. Or notre république en a fait une spécialité, qui n'honore pas ces individus, mais qu'est-ce l'honneur de nos temps, lorsqu'un ministre tient des propos raciste, qu'un autre profite de la notoriété de son nom pour accéder au poste de ministre, que celui-ci expulse à tout va pour obtenir une caresse de son nouveau maître, que celui-là, licencié par un podestat africain, s'accroche à son maroquin plutôt que démissionner, et celui-ci qui avoue manger son chapeau à la réception d'un dictateur aux mains ensanglantées. La république des hommes sans honneur.

ça soulage!

 

Le 19 septembre 2009,

Il y a eut ces derniers temps deux affaires pour le moins étrange, qui ont pour le moins, titiller mon sens de la justice et de l'équité. C'est tout d'abord cette affaire Julien Coupat et ce que les journalistes se sont empressés d'appeler “l'ultra gauche” singeant ainsi la ministre, comme ils en ont pris l'habitude depuis que le petit énervé est au pouvoir. Vous trouverez après ce paragraphe iconoclaste le début de l'interview de Coupat accordé au Monde alors qu'il est encore embastillé pour “atteinte à la sûreté du territoire et terrorisme” rien que cela. Ben Laden n'a plus qu'à bien se tenir, sa place de terroriste N° 1 ne tient plus qu'au fil ténu reliant la bêtise à l'impéritie. Mais je vous laisse lire et vous reprends après l'intervention de J. Coupat.

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ? (LE MONDE) Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs “prisons du peuple” en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène.

Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des “services”, là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

Je reprends le clavier……

C'est ainsi que l'on arrête les gens dans notre belle démocratie, pour faire bonne mesure l'on casse tout chez eux. Je vous conseille de lire dans son intégralité cet interview où Coupat fait étalage de sa culture et de ses convictions politiques, lesquelles ne manquent pas d'intérêt.

Ce qu'il faut retenir de cette malheureuse affaire c'est le fiasco de la Ministre, qui s'est couverte de ridicule en cette occasion, comme si elle en avait besoin….d'occasions. En effet J. Coupat a été relâché, et est devenu un héros, le livre (l'insurrection qui vient) objet de la détention, entre autres motifs, de Coupat est devenu un best seller.

Il convient tout de même de considérer le tort qui a été fait à cet homme (garde à vue, plusieurs dizaines de fouilles au corps, trou du cul compris, plusieurs mois de prison, assignation à résidence etc….) uniquement parce qu'il ne pense pas comme le troupeau, et qu'il a des lectures malsaines. Mais il fallait jeter en pâture un coupable (n'importe le quel, de préférence de gauche) à ce bon peuple qui réclamait une tête, pour avoir osé s'en prendre à ce qui représente notre fierté nationale: le train à grande vitesse.

 

Le 22 septembre 2009,

1er jour de l'automne, et les sanglots longs des violons blessent mon cœur d'une langueur monotone (Verlaine)

Le violon ce sont les présumés corbeaux qui ont manqué le connaître, si au bout de deux ans d'enquête acharnée nos fins limiers n'avaient démasqué le véritable pourvoyeur de lettres anonymes, celui qui faisait vaciller les fondements de la république, trembler les politiques qui avait doublé le nombre de leur gardes du corps à l'instar de l'apostat Besson, saliver les journalistes et peut être provoqué le malaise de notre grand timonier, va savoir! Ce corbeau n'est autre….qu'un pauvre handicapé au chômage affligé de troubles neurologiques ! Ce pauvre type aurait tenu la crème de notre vaillante maréchaussée en haleine durant deux ans ! Les bras m'en tombent me susurrait ma concierge en me tendant mon courrier.

Ainsi les aficionados du tir aux pigeons vont pouvoir reprendre leurs activités ludiques le coeur léger, la conscience apaisée, le vilain volatile est sous les verrous, pour faire bonne mesure nos vaillants policiers ont également appréhendé son épouse, des fois que…

J'ouvre une enveloppe provenant de l'Hérault, à mon grand étonnement, dont la forme est bizarre, avec un renflement dans le fond. Je scrute le visage livide de ma concierge, mes mains tremblent légèrement et stupeur je sors de l'enveloppe une plume noir de jais. Ce serait-on trompé de volatile, le vrai croasserait-il toujours en liberté, cette plume serait-elle un signe de ralliement?

Bientôt, comment l'occulter, je vous parlerai du fameux procès, le bellâtre contre le rachitique; pour le moment nous n'en sommes qu'aux rounds d'observation, rien de déterminant. Mais ça va saigner!

 

Le 25 septembre 2009,

Qu'avais-je prédit !

Coupable ! guilty ! colpevole ! schuldig !

Ce mot couperet, tranchant comme le fil de la lame de la guillotine est tombé et résonne encore dans la salle du palais de justice à l'ambiance pourtant feutrée. Il n'y a plus de procès, plus d'auditions de témoins, plus de plaidoiries, plus que le néant d'une justice vidée de son sens de sa substance même, le chef de toutes les instances de ce que l'on appelait dans les temps anciens une démocratie, a donné son verdict : coupable !

L'écume encore au bord des lèvres il s'en prit ensuite à la directrice de l'information, qui n'informe pas selon ses caprices, car il est le monarque absolu et règne sur les contrées obscures de l'omnipotence où nul ne peut relever la tête sauf les sycophantes.

Le croc de boucher est prêt qu'on y empale les coupables. Bon appétit messieurs les démocrates !

 

Le 30 septembre 2009,

Besson, le félon, a encore fait des siennes. L'équipe hilarante d'action discrète de Canal a été arrêtée par la maréchaussée pour avoir osé se moquer du transfuge. C'est bien connu les apostats n'ont pas d'humour, ou ils rient jaune couleur de la casaque qu'ils ont revêtue le jour de leur félonie.

Cependant cet hérésiarque nous révélait devant les micros la “délicatesse” avec laquelle les pandores avaient délogé ces malheureux migrants, de leurs taudis de cartons aux abords de Calais. Les images étaient convaincantes, la délicatesse n'était que de la tendresse, celle dont on se sert pour châtier, d'où l'aphorisme : qui aime bien , châtie bien. Appliqué à la lettre par ces policiers débordant de tendresse.

Quelques jours plus tard, patatra ! Cette très médiatique intervention, qui m'en rappelle une autre….du coté d'Argenteuil, souvenez-vous! N'aura servi à rien. Comme la marée ils sont revenus, aussi nombreux, plus désespérés, car ils n'ont plus de toits, les bulldozers sont passé par là pour faire bonne mesure, et pendant ce temps dans les lambris dorés de sa tanière ce bon ministre de l'expulsion leur fait un doigt et ricane sordidement.

Très bientôt je retourne au prétoire du procès politique qui nous passionne, procès que l'on pensait révolu depuis la fin de l'ère communiste….. Ah! Une bonne nouvelle nous apprenons ce jour que ce cher buveur de bière est lavé de tous soupçons de corruption…..vous en doutiez!

 

Le 5 octobre 2009,

Malgré l'ordalie du locataire de l'Elysée le procès se poursuit dans une morne ambiance, sans que quiconque ne revienne sur ses positions, le Président du Tribunal baille d'ennui, nous aussi. Ce jour, audition de l'épistolier, scribouilleur de carnets noirs dont le témoignage ne peut que prêter à sourire. Un sourire de commisération bien entendu.

Plus désopilante est cette histoire de clochette que le nouveau résident du ministère doré de la culture, qui porte le patronyme d'un personnage célèbre, mais qui a beaucoup moins de talent, sauf pour la flagornerie, a voulu remettre au goût du jour. Figurez-vous que ce parvenu désirait que l'on installât une sonnette pour convoquer la valetaille à son bureau, pour ses petits encas. Protestation de la domesticité qui rétorqua que l'époque était révolue, que même le droit de cuissage ne se pratiquait plus, au grand désappointement de ce sybarite qui avait confondu culture et luxure dans une mauvaise vie. Est-ce que l'élitisme autorise de telles dérives ? Peut-on s'offrir de jeunes éphèbes sous prétexte d'homosexualité comme l'on se paie une friandise ?

Pendant ce temps là, le petit peuple apprenait avec effroi que la taxe d'habitation avait augmenté dans des proportions qui dépassent l'entendement, plus d'un mois de salaire pour la majorité d'entre eux. Dring….dring fait la clochette de l'indécence.

 

Le 7 octobre 2009,

L'affaire se gâte pour ce ministre lubrique nommé par le monarque de l'Elysée qui aurait dû consulter son C.V. à deux fois. Ce qui devait être une bonne affaire tourne au fiasco, pire à la crise gouvernementale. Seul le grand Vizir se tord de rire, à vouloir faire des coups médiatiques, à épater la galerie, le boomerang est revenu en pleine tête du thaumaturge, qui semble sonné. Réunion à l'état major des spins doctors pour se débarrasser au plus vite de ce sybarite encombrant. L'un d'eux propose tout bonnement l'élimination physique, à défaut de castration, un accident de scooter. Manque de chance depuis qu'il est ministre, Monsieur ne se déplace qu'en limousine avec chauffeur et gardes du corps.

Tout à coup germa dans l'esprit du petit félon de gauche qui a tourné casaque, une idée, tellement énorme, tellement démente, qu'il se dandine sur sa chaise n'osant la révéler. Parle ! lui dit le Potentat au bord de la crise de nerf. “Et si on le mettait dans le charter au milieu des jeunes afghans, personne ne s'en apercevrait. On lui ferait croire que c'est un voyage culturel.” Silence. Le Monarque s'agenouille, lui baise les pieds, les mains, et lui déclare : tu es presque aussi machiavélique que moi, tu seras premier Ministre. C'est ainsi que disparut un ministre éphémère, trop affectueux, pour un pays trop cruel.

 

Le 9 octobre,

 

Après l'apparition du ministre sur la chaîne gouvernementale, je reste dubitatif quant à ses justifications emberlificotées, la présentatrice n'était pas très à l'aise dans son rôle de procureur. Attendons le dénouement de cette sombre affaire où il est question d'actes compulsifs accomplis dans des pays lointains avec pour partenaires, dans ces saturnales, des éphèbes de son âge.

Revenons aux détours du résident de l'Elysée qui passa par la lorraine en oubliant, par étourderie, de rendre visite à quelques métallos furibards d'avoir été bernés, et son chef lieu dont il a envoyé la soldatesque flemmarder ailleurs, au grand dam des commerçants qui voient s'envoler une manne, que le chômage galopant dans la région, ne pouvait tarir.

Pendant ce temps, un, que le fléau chômage n'effleurera même pas, voit son nom proposé pour devenir le seigneur des tours de la défense. C'est le fiston, déjà dartyriser, qui aurait cet insigne honneur, après une sélection d'une âpreté sans pareil, qu'il a emporté d'une boucle de cheveux, doré…..comme son avenir évidemment.

 

Samedi 10 octobre,

Je vous annonçais une histoire merveilleuse il ne s'agit que d'une réflexion sur une profession, que dis-je une profession, une institution, qu'est le métier d'éditeurs de littérature. Je n'incriminerai pas les petites maisons qui essaient de survivre parmi ce panier de crabes mais ces commerces qui ont pignon sur rue dirigés par des oligarques présomptueux et leurs courtisans. La plupart de ces maisons sont détenues par des industriels dont la priorité est faire de l'argent, aussi voyait-on il y a encore peu ce Baron de l'industrie anciennement chef du patronat détenir une dizaine de maisons d'édition.

Et l'on voit l'avènement d'une nouvelle race de scribouilleurs venir sur le devant de la scène, cornaquée par des nègres invisibles, se vanter de leurs “œuvres” pour exprimer leur mal de vivre, footballeurs, ex-chanteurs, politiques sur le déclin et en exercice, femmes de politiques bafouées, fausses stars de la télé, gosses de riches, etc….enfin tout ce qui peut rapporter du fric.

Pendant ce temps là de véritables œuvres finissent dans les poubelles de l'inconséquence.

Je reprenais récemment le catalogue d'une de ces maisons qui jouissait autrefois d'une certaine notoriété, nichée dans les hauteurs inaccessibles d'une tour parisienne, peut-être pour cacher sa honte, et découvrait les ”œuvres” de Vartan, la vie de Dion coincées entre les promesses de Sarkozy et les élucubrations de Ferry, philosophe autoproclamé, d'un Sardou désabusé, d'un ex Président qui s'attribue les faveurs d'une Princesse etc…..jusqu'où va se nicher la niaiserie, la peopolisation, la déchéance, et la stupidité.

Que font ces éditeurs pour la promotion de la vraie littérature, rien, car le problème c'est le nombre restreint de lecteurs. Avez-vous déjà vu une pub. à la télé pour inciter à la lecture? non, car les pontes de ces maisons se regardent le nombril, et louent leur génie. Pas question d'offrir à la plèbe des œuvres dont ils sont les gardiens du temple et pourraient détourner ce bon peuple de l'abrutissement programmé par les élites et rater ainsi un épisode de la star machin.

Les succès en librairie reposent aujourd'hui sur des noms, qu'importe si la trame du roman est d'un ennui mortel : le récit d'un gosse de riche prit par la patrouille, d'une fille fâchée contre sa mère, d'une femme bafouée par un mari volage, d'un Président ridicule de vanité, de fils et filles de…….

Du coup, face à l'impéritie de ces gens de lettres, est venue se greffer une foule d'escrocs, profitant du désarroi des vrais auteurs : éditeurs à compte d'auteur, agents littéraires, coach, écoles de littérature, éditeurs gratuits sur le net etc…..un fléau dont les éditeurs sont responsables et quelques fois comble de l'arnaque, les artisans.

 

Le 12 octobre 2009,

Il y a 44 ans, le 29 octobre 1965, j'étais confortablement installé à la terrasse du café de Flore, je ne me doutais pas que sur le trottoir d'en face, devant la basserie Lipp, se déroulait une tragédie qui me hante encore l'esprit. Deux individus portant feutres et gabardines noirs montraient une carte barrée de tricolore à un homme brun, d'allure sportive, et l'entraînait vers une traction noire. L'on ne reverra plus jamais Mehdi Ben Barka. Cet homme universellement connu, pourfendeur de l'injustice, défenseur acharné des pays du tiers monde, et pour son malheur, opposant à sa Majesté Hassan II, disparaissait dans le pays des droits de l'homme, enlevé par des barbouzes du SAC et des services secrets français, acoquinés pour l'occasion.

Un film, des documentaires, des livres ont relatés ce crime. La vérité n'a jamais été divulguée malgré l'acharnement de la famille pour que justice soit rendue. En vain.

L'affaire est relancée, mais notre monarque ne veut pas en offusquer un autre, diplomatie oblige. Il fait bloquer les mandats que s'apprêtaient à délivrer Interpol à l'encontre des présumés complices marocains, de l'enlèvement. Tous sont des dignitaires du régime chérifien.

Puis tout à coup apparaît un rapport de gendarmerie, qu'un gendarme étourdi, garderait sous le coude depuis 25 ans. L'espoir renaît même s'il est ténu, plaçant ainsi dans l'embarras nos instances dirigeantes, effarées de voir ressurgir un fantôme qu'elles souhaitaient ne pas voir sortir du placard de l'injustice.

 

Le 15 octobre2009,

Je ne vous entretiendrai pas sur l'ascension foudroyante du Prince Jean, je n'ai pas l'habitude de tirer sur l'ambulance, la situation est suffisamment cocasse comme cela pour ne pas en rajouter. Notons que le monde entier se gausse de l'affaire, jusqu'en Chine ce qui n'est pas banal.

Ce qui requiert mon attention c'est le bourbier nauséabond dans lequel s'enfonce notre potentat dont certains vantaient les qualités de fin stratège. Tout va à vau-l'eau, il y a d'abord les affaires : Les sondages de l'Elysée, truqués et surfacturés, Clearstream, ou la haine gangrène les débats, le charcutage des circonscriptions électorales, la rafle de la jungle de Calais, l'Epad, Ben Barka, le tourisme équivoque de Frédo, tout cela sur fond de chômage galopant, de dette publique abyssale, de bouclier fiscal injustifié, de taxe carbone inéquitable. Bref le vélo est trop grand et notre monarque ne touchent plus les pédales. Ma concierge affûte sa faucille, la révolte gronde dans la loge.

Mais quels sont ces avatars d'une population gangrenée par l'aboulie comparés à la désespérance d'un continent qui crève de l'indifférence générale et n'a pour tout remède que de beaux discours épisodiques. La corne est de l'Afrique subit une des pires sécheresse de sa misérable destinée sans que quiconque, sans doute par pudeur, n'évoque l'horreur de la condition inextricable de ces êtres faits de chair et de sang, comme nous.

Avez-vous remarqué comme les états, même ennemis, s'entendent lorsqu'il s'agit d'acheminer l'or noir d'un continent à l'autre, par de longs tuyaux, que l'on nomme pipe-lines auxquels l'on a donné un nom pour le pétrole, oléoduc, pour le gaz, gazoduc ? Et pour l'eau ?

A bientôt….rangez vos mouchoirs!

 

Le 18 octobre,

Notre beau pays est devenu, par je ne sais quel miracle, le pays le plus tolérant du monde. J'en suis arrivé à ce constat délirant, en écoutant médusé, les commentaires de nos valeureux journalistes, et en prenant connaissance de ces sondages venus de nulle part, commandés par on ne sait qui. Quoique “on ne sait qui” pourrait très bien mesurer un mètre soixante et….quelques centimètres de talonnettes. Cette mansuétude pour le moins surprenante a pour protagonistes, un ministre dont les turpitudes thaïlandaises heurtent pour le moins l'éthique, que notre bon peuple absout, le fils désœuvré de notre monarque auquel l'on offre le royaume des tours, et un ministre félon qui s'avère, malgré un physique ingrat, être un coureur de jupon.

Comment ce bouleversement est-il possible? Alors qu'il y a peu encore une bonne partie de notre bon peuple se tournait vers un borgne agressif et vociférant. Va-t-on vers la légalisation du cannabis ? la libéralisation totale des mœurs ? Une résurgence de Sodome et Gomorrhe à l'échelle d'un pays ? je n'ose y croire, mon regard lubrique se pose subrepticement sur une tenue en latex noir…….

 

Le 20 octobre 2009,

Alors que le couperet est suspendu au dessus de la tête d'un ex-premier ministre, que la sentence se précise et que le procureur a soudainement prit les traits de notre potentat dont les babines salivent à l'odeur du sang, certains, indifférents au spectacle de la curée qui s'annonce, se mettent en grève sous prétexte que leurs conditions de travail ne sont pas satisfaisantes. A quoi bon puisque la lumière de nos esprits pérorait il y peu de temps que personne ne s'apercevait de ces mouvements de contestation…..sauf les usagers peut-être.

C'est à partir du début de l'ère industrielle que les ouvriers commencent à se rebeller contre leurs conditions de travail et l'exploitation de celui-ci. Dans le même temps sont apparus ceux que Zola appelaient “les jaunes” lesquels par lâcheté et calculs mesquins laissaient leurs camarades seuls au front des luttes, sachant qu'ils en récolteraient le bénéfice et de surcroît la gratitude de leurs maîtres. C'est ainsi que ces fourbes jouissent au même titre que les autres, de la journée de huit heures, du repos hebdomadaire, des congés payés……

Nous sommes entrés dans l'ère de la pusillanimité, de la tête basse, du chacun pour soi, et ces fourbes qui ont laissés le bleu de travail pour un col blanc, par fanfaronnade, vont jusqu'à encenser l'oligarchie qui règne, dans l'espoir dérisoire de ramasser quelques miettes; ainsi l'on donne quelques strapontins à quelques niais (ex-gloires sportives) qui jubilent de plaisir. Mais au crépuscule de leur vie, à l'heure de l'inventaire, c'est la honte qui les accablera, car on ne peut mentir à sa conscience.

 

Le 26 octobre,

 

Et voilà que le petit félon, coureur de jupon, flagorneur en chef, fait reparler de lui. Se sentant morveux après l'expulsion de quelques pauvres bougres et devant l'indignation générale, cet avorton voudrait faire chanter la Marseillaise à nos chères têtes blondes et brunes. Diversion, me direz-vous, évidemment, mais comme à l'accoutumée nos corniauds (chiens mâtinés) de journalistes, ont foncé droit sur le réverbère comme des papillons de nuit attirés par le halo d'un phare perdu qui ne cache qu'un écriteau “pièges à cons”

Ainsi pour reconquérir la fange de la populace qui navigue entre extrême droite et les prosélytes du résident du château, passablement outrée après le récit des aventures thaïlandaises du ministre de la luxure et oniriques du prince Jean, le pompier de service, qu'aucune tache ne rebute, est chargé de caresser dans le sens du poil la bête immonde qui sommeille en chacun d'entre nous. Cette bête immonde s'appelle racisme, et sous couvert d'un regain de patriotisme désuet (amour-famille-patrie) que l'on ressert en plat froid à l'aube de chaque nouvelle élection, le potentat rameute son troupeau. Puisqu'il faut chanter et bien chantons en cœur. Je vous propose “le temps des cerises”!

 

Le 29 octobre,

Conte fantastique.

Il existe un pays merveilleux, fait de montagnes, de vallées, de plaines verdoyantes où coulent des rivières argentées, de côtes sauvages que la mer sans cesse vient caresser, dont les habitants, pourtant, grognent, se révoltent, se suicident de désespoir, mais le jour venu, celui où ils choisissent le maître qui va diriger leur vie, comme ensorcelés, le regard fixe, ils oublient les turpitudes de ceux qui les dirigent, leurs errements, les gâchis, les inégalités, le chômage, les injustices, la précarité, les libertés en sursis, la terre qui brûle. Ils pardonnent tout, un peu comme dans cette région de pêcheurs où les femmes vêtues de noir, célèbrent le grand pardon en cortège derrière une croix où agonise leur dieu crucifié.

Le soir, lorsqu'ils sortent de leur torpeur, qu'un messager aux dents blanches, souriant dans la petite lucarne, leur annonce que leur maître à encore triomphé, malgré qu'il ait dilapidé l'argent, si difficilement gagné, ils se remettent à grogner, à vitupérer, mais c'est trop tard, car le lendemain ils doivent se remettre au travail pour payer la douche à 240 000 Euros. Qu'ils se rassurent la savonnette est comprise.

 

Le 29 octobre2009,

J'ai connu une tribu heureuse, elle débarquait d'un pays d'Afrique que notre généreux pays avait prit sous son aile protectrice, il y a quelques dizaines d'années, par charité ou altruisme comme vous voulez. Ce pays regorgeait de pétrole, mais cela n'avait rien à voir, la philanthropie ne s'encombre pas de ces détails sordides. Alors sous le règne d'un général, notre bon pays intronisait un sergent chef, monarque de cette contrée déshéritée. Ce bon soldat, promu Président prospéra; pas son peuple, qui lui dépérit. Mais qu'importe le Général était content, le pétrole coulait dans les bons tuyaux.

Afin de montrer sa reconnaissance, ce potentat africain, investit dans notre belle capitale: quelques hôtels particuliers, et résidences de luxe pour y loger sa nombreuse famille, ex-épouses, ex- maîtresses, cousins, cousines et la marmaille qui va avec. L'argent coule à flot, comme l'or noir, et va enrichir quelques commerçants des beaux quartiers, à un point tel qu'ayant dépensé plus que de raison, ces nababs ignorant la valeur de l'argent puisqu'ils ne l'ont pas gagné, empruntent à leurs domestiques pour finir le mois, en attendant que le potentat alimente à nouveau leur compte en banque.

Certains scandalisés par cette injustice flagrante, ont demandé à nos juges de mettre fin à cette infamie, mais ceux-ci dont l'intégrité ne saurait être mise en doute, ont estimé que la situation n'avait rien de choquant, et même par certains cotés qu'il y avait quelques similitudes avec ce qui se passe dans notre beau pays. Du coup j'ai regardé la couleur de ma peau! stupéfaction! j'avais pris la couleur de l'ébène, je jetais un regard par la fenêtre : idem pour mes concitoyens. Et juché sur un trône doré, notre monarque un sceptre à la main droite, sa main gauche négligemment posée sur l'épaule de sa diva à ses genoux, me toisait un sourire figé au coin des lèvres. Je me réveillais en sursaut couvert de sueur.

 

Le 1er Novembre,

La république des damnés,

Corruption, détournement, blanchiment, vente illicite d'armes, arrestations arbitraires, ce n'est pas le triste bilan d'une quelconque autocratie, mais bien de notre pays dont il s'agit et les protagonistes de ces concussions sont des hommes qu'un peuple crédule a mis au pouvoir par le suffrage universel. Un Président, des premiers ministres, des ministres et leurs valets, détournent les espoirs que les électeurs ont placés en eux pour assouvir leur cupidité et asseoir leur autorité.

En ce jour de commémoration des morts faut-il aussi célébrer le trépas de notre démocratie, si chèrement acquise, que nous abandonnions entre les mains d'oligarques peu scrupuleux le pouvoir que nos ancêtres ont arraché au péril de leur vie.

Certains s'illusionnent, car disent-ils, les dirigeants proviennent de la volonté du peuple. Cette volonté n'est-elle pas programmée, dirigée, contrôlée par une propagande bien orchestrée ? Quelle différence entre une monarchie ou une dictature et un pouvoir dont tous les rouages se trouvent entre les mains d'un seul homme. Est-ce que certains autocrates ne sont pas parvenus à la tête de leur pays par les urnes, grâce à une propagande efficace et à la peur ? Cette peur qui habite les faibles qui craignent pour leur place ou leur avancement. Ainsi voit-on des journalistes donner des informations tronquées, des chiffres invérifiés et invérifiables, des procureurs serviles accablés des prévenus pour hâter leur promotion, des députés sans honneur voter contre leurs convictions, des ministres félons courber l'échine devant leur nouveau maître et faire du zèle pour lui plaire.

La république des illusions.

 

Le 6 novembre 2009,

Alors que des nuages sombres obscurcissent l'horizon politique de notre maître à penser, qu'il nous gratifie des mêmes discours emberlificotés, qu'il semble lui même ne pas comprendre puisqu'il les ressert une deuxième fois, au risque de passer pour un vieux radoteur, qu'une vizirette semble prendre un chemin de traverse, au grand dam des courtisans effarés par une telle impudence, le petit félon, coureur de jupon, se pavane au devant de la scène, où pourtant les flagorneurs ne manquent pas, et tente de promouvoir un débat qu'il veut national sur l'identité de notre bon peuple et ainsi faire oublier ses précédentes ignominies.

D'aucuns lui font remarquer que les principes de notre identité nationale sont inscrits aux frontons de nos édifices publics et qu'il suffit simplement de les respecter à commencer par l'oligarchie qui dirige la vie de notre bon peuple, c'est à dire liberté, égalité, fraternité et si ces préceptes étaient honorés il n'y aurait nul besoin de palabres absconses dont le seul dessein est de détourner l'attention de la plèbe et occulter les turpitudes de la cour, mais le félon fait le sourd et poursuit la mise en scène de la tartuferie dont chacun connaît l'auteur.

 

Le 7 novembre 2009,

Une affaire fait grand bruit dans les couloirs feutrés du palais, ce sont les sondages. En effet notre Monarque soucieux de s'informer de l'opinion du bon peuple à son égard se gave de sondages quitte à en avoir une indigestion. Qu'importe le coût, et que quelques aigrefins profitent de cette boulimie, il s'agit de prendre la température de ses sujets et leur administrer le traitement qui convient en cas de coup de chaleur ou de déprime. Le principe est simple et efficace : les courtisans lancent une idée en l'air, rattrapée au vol par d'aimables journalistes, laquelle va faire le tour des rédactions et atterrir dans votre assiette, toute chaude pour la grande messe du 20 heures. Un débat stérile est organisé, et le projet abandonné s'il ne rencontre pas l'adhésion du plus grand nombre. Pendant cet intermède dispendieux et inutile, les affidés du Monarque votent dans le dos du peuple quelques lois liberticides ou injustes comme la taxation des indemnités des accidentés du travail. Ni vu, ni connu, de la magie……noire.

 

 

 

 

 

 

 

 

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