Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:55

 

Le 28 novembre 2010,

 

Les liaisons dangereuses.

 

L'hypocrisie serait-elle la perversion de notre temps ? Des élections se tiennent dans un des plus anciens pays de notre planète, celui des pharaons. Le peuple est appelé aux urnes pour un scrutin dont le résultat est connu à l'avance. Le parti du Raïs l'emportera avec une majorité que seuls les despotes connaissent. Le Potentat de la plus ancienne civilisation du monde règne sur son peuple depuis 30 ans. Le mouvement qui le soutient s'appelle le Parti National Démocratique. Doux euphémisme.

 Avez-vous remarqué par quel stratagème les tyrans s'étaient approprié le pouvoir et s'y maintenaient en dehors de toute légalité ? En singeant les démocraties occidentales : Populaire, socialiste, démocratique, république sont les mots emblématiques des mouvements fantoches qu'ils ont créés. Ainsi le tyran élu par un peuple mystifié devient inamovible, et fréquentable par les dirigeants des pays libres. Messieurs Ben Ali 20 ans de pouvoir, Kadhafi 40 ans, Moubarak 30 ans, Bongo (la dynastie) 40 ans, El-Assad 40 ans et cetera, et cetera, les noms hélas ne manquent pas, peuvent fouler sans vergogne le sol de notre belle patrie et embrasser  nos dirigeants, lesquels ne sont pas dupes mais ferment pudiquement les yeux. J'en étais à ce stade de mes réflexions lorsque Juanita Conception Hernandez entreprit de pulvériser la porte de mon humble demeure afin de me donner le courrier quotidien; courrier qu'elle avait au préalable inspecté, comme à l’accoutumé. Sur le dessus trônait un tract du parti de notre guide suprême : L'Union des Mouvements Populaires. Je restai pétrifié d'effroi devant les perspectives d’avenir de notre bon peuple.

 

N.B. : Démocratie : du grec dêmos (peuple) krêpos (pouvoir) 

 

La citation du jour : conquérir la démocratie est le combat d’un moment, la préserver est le combat de chaque instant. E.D.

 

 Les livres que j'ai (hélas) lus :   

 

Cronos de Linda Lê.

 

J'avais été attiré par ce roman pour le sujet traité, la dictature, et parce qu'il avait obtenu un petit prix littéraire : Le prix Wepler. Brasserie célèbre où l'on sert des huitres mais hélas aussi des couleuvres. Car ce livre est mauvais pire épouvantable. C'est une succession de poncifs, de lieux communs, de brèves de comptoir dont je vous livre ici quelques exemplaires : Le gratin remue l'argent à la pelle et pète dans la soie....Ils ont le vent dans les voiles....C'est qu'un coup de Jarnac se trame....lui faire boire le bouillon d'onze heures.....la main de fer dans un gant de velours....tirer l'ivraie du bon grain...... et cetera, et cetera cela continue tout au long de la narration mais agrémenté de mots savants pêchés dans je ne sais quel dictionnaire, comme : Controuvé, morganatique, méphitique, et quelques références  à la mythologie grecque, cela ne mange pas de pain pour reprendre un aphorisme de l'auteur. Le style est emphatique, et l'on perd vite le fil du récit tellement c'est répétitif. Je me suis arrêté à la page 79, à bout de patience et d'indulgence.

 

Le camelot et la Diva, ou comment refourguer les Rafales de Lula, pas si crédule que ça, à l'énigmatique fakir indien. (Voir les articles des 9 septembre 09 et 13 février)

 

 

Le 9 décembre 2010,

 

Puis tout à coup il m'a semblé que je devais vous entretenir d'un sujet plus préoccupant, plus angoissant : Celui de cet homme qui a décidé de dévoiler aux peuples de la planète les curieuses recettes de la cuisine politicienne de nos édiles ! Haro sur cet homme, hurlent de concert nos échotiers car ce qui est caché doit resté caché pour le plus grand bien de l'humanité, et puis la bisbille entre la folle du Poitou et l'ogresse du nord est tout de même plus croustillante que les malheurs du monde non! Malheurs du monde dont je vais vous conter quelques épisodes pathétiques dans quelques instants....

Les armes,

C'est en Afrique que cela se passe, continent où la corruption prolifère au même rythme que la misère. C'est d'abord le parcours stupéfiant de ces chars T-72 ukrainiens commandés par le ministère de la défense kényan, lesquels seront livrés.... au Soudan du sud en sécession avec le nord du trop célèbre Omar el-Bachir, boucher de Khartoum, condamné pour crimes contre l'humanité.

 

La drogue,

 

Mais les révélations les plus "stupéfiantes" proviennent de la collusion  des potentats africains avec les trafiquants internationaux de drogue. Le Kénya, où ces trafiquants jouissent d'une impunité totale grâce aux bakchichs distribués à la police et aux fonctionnaires de l'état, est une plateforme où la cocaïne venue d'Amérique du sud transite à Mombassa pour arriver dans les délicates narines  de nos concitoyens.

Il y a pire, le Mozambique, dont le Président surnommé "Gué-business", homme le plus riche du pays, est devenu la seconde nation, après la Guinée Bissau (narco-état) la plus active dans le trafic lucratif de stupéfiants en provenance du Pakistan, d'Afghanistan et d'Inde. Ses principaux "clients" sont l'Afrique du Sud et l'Europe. Les narcotrafiquants dont la perspicacité ne peut être mise en doute, ont remarqué que le continent africain était situé entre les deux principaux pôles de production : L'Amérique du sud (Colombie) et le Moyen-Orient (Afghanistan, Pakistan, Inde) et que les échanges commerciaux entre l'Afrique et l'Europe favorisaient leur commerce, surtout lorsque l'on ferme les yeux; les relations diplomatiques pourraient en souffrir, et il y a tellement de richesses dans les sous-sols de ces pays.

 

Les diamants,

 

Les diamants sanglant du Zimbabwe enrichissent Mugabe et sa famille. Afin d'exploiter les mines de la région de Marange en toute quiétude, Mugabe a déporté 25000 personnes vers une autre province. Ces gens vivent aujourd'hui sous des tentes.

 

Le pétrole,

 

Les acheteurs de brut des exploitations du golfe de Guinée, doivent débourser des millions de dollars en pots de vins pour obtenir les autorisations nécessaires au départ des tankers. Les autorités sous la férule du  nouveau Président Goodluck Jonathan encaissent par l'intermédiaire de la compagnie nationale des pétroles fondée par l'ancien Président Yar'Adua, des sommes colossales sur le brut destiné principalement aux Etats-Unis. La fille de l'ancien Président, Zaïna, a acquis un immeuble de 10 millions de dollars à Londres. 

Alors fallait-il révéler ces informations cachées dans les cabinets obscurs des ambassades ? Faut-il vouer aux gémonies un homme qui soumet à la réflexion des peuples les turpitudes que nos dirigeants souhaiteraient par pudeur, sans doute, dissimuler ?

Une citation du Vizir des comptes truqués : Une société transparente est une société totalitaire. François Barouin

  julian-assange.png

 

 

 

 

    

Le 14 décembre,

 

La neige a fait couler beaucoup d'encre. Le Vizir des intrigues intérieures a incriminé les rues en pente pour s'exonérer du mal qui le ronge : L'impéritie. Les symptômes de cette maladie se traduisent par une rougeur de la face, une transpiration excessive, et une mauvaise foi chronique. C'est incurable, mais on n’en meurt pas, sauf de ridicule.

Notre petit timonier est revenu d'Inde. Il s'est vanté comme à son habitude des contrats faramineux arrachés de haute lutte au fakir énigmatique, premier Ministre d'un pays aux contrastes saisissants, où le paria côtoie le milliardaire; enfin pas de trop près tout de même. La Diva émerveillée devant les réalisations technologiques indiennes,  allait d'ébahissement en ébahissement, que le pire des cabotins de Bollywood n'aurait pas osé. Elle se laissa aller, sous le coup d'une émotion jouée à la perfection, à quelques confidences, qu'elle glissa à l'oreille de l'eunuque qui gardait les portes du Taj Mahal. Elle lui susurra son désir de donner un héritier mâle à notre Monarque au cas où les précédents (héritiers) s'avéreraient indignes d'assurer la succession; car avoua-t-elle, rouge de confusion, un rejeton conçu par un couple aussi harmonieux que le sien ne pouvait qu'engendrer un prodige. Aussitôt, Juanita Conception Hernandez se rua sur ses aiguilles à tricoter, et entama devant sa loge, avec l'ardeur que chacun lui reconnait, la confection d'une layette bleue. Le petit peuple est admirable!

 

 

Le 24 décembre,  

 

L'heure des bilans approche aussi ai-je imaginé un lexique des mots qui ont bercé l'année presque écoulée :

Affaire d'état, mensonge, malversation, concussion, corruption, forfaiture, fraude, trafic d'influence, conflit d'intérêts. Crise, délocalisation, licenciement, chômage, manifestation, impéritie. Fichier, garde à vue, expulsion, répression, vidéo surveillance. Courtisan, servilité, flagorneur, lèche-bottes, trahison, fourbe, apostat.

Une bien belle année en vérité, mais gageons que la suivante me réservera matière à emplir de nouvelles pages captivantes de la chronique du peuple du royaume de France.

Bonnes fêtes,

 

Une citation de Noël :

Le mensonge en politique c'est comme la petite vérole, on ne peut le cacher bien longtemps. E.D.

 

 

Le 28 décembre 2010,

 

Un conte de Noël :

Le voyage au royaume du Maroc où la procréation est à l'ordre du jour.

Lors de son voyage en Inde la Diva avait invoqué Shiva lors de la visite du Taj Mahal (voir l'article du 14/12) afin de la rendre féconde et donner un héritier mâle à notre Monarque. Shiva dont l'emblème est le phallus, est également, entre autres qualités, le dieu des illusions et de l'ignorance. Surpris par la sollicitation, qu'il trouva incongrue venant d'un couple aussi mal assorti, la Divinité leur conseilla le royaume du Maroc où les Marabouts, assura-t-il font des miracles. Ainsi le couple princier se rendit-il dans cette contrée merveilleuse dans le but de copuler et de donner au bon peuple de France un rejeton. Aussitôt le Roi du Maroc, averti du dessein de ses hôtes, mit-il à disposition du couple un palais à l’abri des regards, au milieu d'une palmeraie peuplée de quelques macaques venus de l'Atlas, tout proche, et d'un vieux Marabout aveugle chargé d’implorer Allah afin que le miracle s’accomplisse.

Subodorant que sa réélection était des plus aléatoires, tant son peuple est exaspéré par les turpitudes qu'il subit, notre Monarque, jamais à court d'une idée machiavélique, envisageait attendrir ce bon peuple en exhibant le ventre rond de sa Diva lors de sa tournée de propagande, puis le bambin, tel un trophée sur le perron du château, sur lequel les fidèles échotiers écriront des articles poignants à faire pleurer dans les chaumières. Ainsi va le destin de notre royaume.

 

 

 Le 31 décembre,

 

Je pensais terminer l'année sur une note pessimiste, un constat d'échec, un tableau noir de la corruption rampante  qui atteint les rouages de notre démocratie, la justice où des procureurs serviles sont vautrés et font pencher la balance du coté de l'arbitraire, les atteintes à la liberté d'expression dont sont victimes des échotiers apeurés. Je voulais dénoncer les chiffres truqués du chômage, les conditions indignes de détentions.....et puis comme un rayon de soleil sur un paysage d'hiver fait briller la neige de mille reflets d'argent (moment intense de poésie) apparaît un opuscule, un pamphlet de 30 pages  que le petit peuple s'arrache, qu'il offre comme un message d'espoir pour les fêtes à la place de la sempiternelle paire de chaussons ou du téléphone portable. Livret écrit par un homme de 93 ans, Stéphan Hessel, dont le titre est désarmant de bon sens : Indignez-vous!

 

30 pages 3 euros tiré à ce jour à 800 000 exemplaires. 

 

Et si le peuple s'indignait.

 

 

Le 7 janvier 2011, 

 

Quand le Maghreb s'enflamme.

Deux peuples s'indignent, en ce début d'année, et manifestent violemment leur désespoir devant l'injustice et la corruption des élites qui les maintiennent dans une pauvreté extrême et les privent des libertés fondamentales. Zine el-Abidine Ben Ali  et sa famille sont les maîtres de la douce Tunisie depuis 25 ans. Celui que notre Monarque considère comme un démocrate est réélu avec des scores que l'on n'enregistre qu'en démocratie : 99,27 %, autant dire un fantasme pour notre Démiurge. Des hommes sont emprisonnés sans jugement, des internautes enlevés, des journalistes torturés, des avocats ulcérés, des étudiants désespérés. Alors que notre valeureux guide s'indignait devant le refus d'un potentat africain d'abandonner son trône, les turpitudes que son ami impose à son peuple le laisse de marbre. On a les indignations que seule l'hypocrisie permet.

 

Citation du jour:

 

Il y a assez de tout pour satisfaire aux besoins des peuples, mais pas assez pour rassasiez la cupidité de ses dirigeants. Gandhi (revue et adaptée aux circonstances)

 

 

Le 14 janvier 2011,

 

Il y a un peu plus d'un an, le 21 décembre 2009 exactement je vous parlais de la possible béatification de Karol Wojtila, je décrivais le parcours atypique de celui qui allait devenir Jean-Paul II à la surprise générale; sauf de l'Opus Dei. Relisez cet article et laissez éventuellement vos commentaires.

 

 

Le 15 janvier 2011,

 

Carthage est tombée.

      

 Le Satrape Ben Ali s'est enfui vers une Monarchie amie où les droits de l'homme et surtout de la femme ne sont pas d'actualité. Une contrée bénite pour le Sybarite de Tunis dont les alliés d'antan n'écoutant que leur courage, lui ont tourné le dos. Ainsi notre timonier qui n'est plus à une fourberie près a t-il abandonné son ami démocrate, lui, qui était, il y a encore si peu de temps, le phare du Maghreb, et dans un grand élan de démagogie, la main sur le coeur, devant un parterre de courtisans ébahis, a appelé à se ranger aux cotés du peuple tunisien.

En réalité notre Guide suprême est inquiet. Lors de la réunion avec ses Vizirs pour parler de l'affaire de Tunis en présence de la Vizir des intrigues extérieures et du Vizir luisant, tout excité, car pensait-il, il y avait du maghrébin à occire,  notre Guide a  jeté furtivement, à plusieurs reprises, un regard angoissé vers la place de la Concorde, autrefois place de la révolution, en passant un doigt entre le col de sa chemise et son cou.

Juanita Conception Hernandez, campée sur le trottoir, bonnet phrygien sur la tête affutait la lame de sa faucille.....

 

salammbo.jpg

  Salammbô

 

La citation du jour, laquelle devrait interpeller votre réflexion :

 

Le despotisme d'une clique d'oligarques anonymes est plus compliqué à combattre que l'oppression d'un tyran. E.D.

 

Cette citation m'est venue à l'esprit en lisant cette phrase dans Salammbô (ci-dessous) que  l'immense Gustave Flaubert écrivit en 1852 :

 

La richesse ouvrait seule toutes les magistratures (pouvoirs); et bien que la puissance et l'argent se perpétuassent dans les mêmes familles, on tolérait l'oligarchie, parce qu'on avait l'espoir d'y atteindre.

 

Cette phrase résume à elle seule les maux de la société actuelle : L'obséquiosité de nos édiles, souvent issus des classes moyennes voire populaires, qui aspirent à entrer dans la cour fermée des ploutocrates, lesquels les accueilleront avec condescendance à condition que ces impétrants servent leurs desseins. Ainsi verra-t-on notre Guide suprême se prosterner devant une riche cacochyme afin d'obtenir quelque obole pour qu'il se maintienne au pouvoir et pérore; usant le temps d'un été, comme gages à ses loyaux services, d'une propriété sur la mer ou d'un Yacht somptueux..... l'instant éphémère que dure l'aveuglement du peuple.

 

 

Le 20 janvier 2011,

 

Tout à coup notre bon peuple découvre que nous sommes cernés par des dictatures, alors que je dénonce ces régimes depuis l'ouverture de cette chronique, et pour être honnête, je ne suis pas le seul. Mais depuis quelques jours c'est un déferlement d'indignations, des échotiers se rendent sur les rives du Nil, dans les méandres de la casbah d'Alger la blanche, sur les ruines de Syrte, ou encore sur les bords de l'Euphrate, et rendent comptent du désespoir de peuples opprimés. Quel scoop! Sous prétexte d'ériger une barrière à l'intégrisme islamique, lequel reste à démontrer, l'occident tolère, voire encourage, le despotisme depuis des lustres. Or, chacun sait que l'on ne dresse pas un animal à coups de Bâton.

C'est l'amertume qui prévaut aujourd'hui, dans le coeur de la belle Tunis envers l'occident, qui a fermé les yeux sur vingt ans d'asservissement au profit d'un homme et sa famille. Quel sera le comportement du peuple de la vallée du Nil, lorsque, inéluctablement il renversera le Raïs sénile ? Plus un peuple est maltraité plus sa révolte est sanguinaire, nous sommes bien placés pour le savoir. Et c'est le radicalisme qui triomphe, alors adieu croisières sur le Nil et mystérieuses pyramides.

 

La citation du jour :

 

Nous sommes tous les témoins passifs d’une barbarie sans cesse renouvelée. Günter Grass prix Nobel de littérature (1999)

 

Lundi 24 janvier 2O11

 

Juanita Conception Hernandez, le cerbère qui assure le maintient de l'ordre, la propreté, la distribution du courrier et autres activités plus ou moins avouables, dans notre immeuble, me demandait, alors qu'elle me tendait ma correspondance qu'elle avait au préalable inspectée, << Qu'est-ce que la non ingérence ? >> Elle faisait alors référence aux propos de notre timonier au sujet de l'affaire de la Tunisie. Je lui répondis, avec une pointe d'ironie, jetant un regard appuyé à mon courrier:<< C'est lorsque l'on ne s'occupe pas des affaires des autres.>> Elle braqua sur moi un oeil furibond, et rétorqua : <<Alors, selon vous, on doit laisser les gens se faire massacrer sans bouger le petit doigt!>> L'argument était imparable, et me laissa coi. Et de pousser son avantage, en énumérant les massacres dont elle avait été témoin et victime, sans que quiconque ne s'en préoccupe, en commençant par la guerre d'Espagne où sa famille avait subi les pires exactions de la part des fascistes. Sournoisement, effrayé par les tressaillements d'indignation de son opulente poitrine, j'abondai dans son sens et lui donnai raison et déclarai avec véhémence que la non ingérence était l'argument des lâches. Elle me pressa alors entre ses deux mamelles, les larmes aux yeux, et tourna les talons.

 

 

Lundi 31 janvier 2011,

 

Un article paru dans un quotidien populaire a consterné le petit peuple, notre Diva n'est plus de gauche, elle qui plaidait, à genoux, chaque jour, au bord de la piscine de sa somptueuse villa du Cap Nègre, la cause de la plèbe auprès du Monarque afin qu'il abrège nos souffrances, renonce; la tâche est trop immense. Le peuple est orphelin. Cette triste nouvelle vous a sans doute comme moi, et Juanita Conception Hernandez, laquelle collectionnait tous ses disques, mortifié. Pour parachever cette sinistre journée, un hebdomadaire dont les sources ne sont pas près d'être taries, révélait que le Monarque précédent notre timonier actuel, le petit père du peuple, était atteint d'Alzheimer et ne se souvenait plus des concussions dont il s'était rendu coupable lorsqu'il sévissait aux destinées de notre belle capitale. Malgré que dans son immense bonté la plèbe l'ait absous de ses pêchers, des inquisiteurs enragés s'accrochent à ses basques, tels des chiens après une charogne, et le trainent sur le banc de l'infamie. Les bajoues de Juanita Conception en tremblent d'indignation : << Si nos édiles doivent rendre des comptes maintenant, on est tout de même pas en Tunisie !>> S'écria-t-elle, et de jeter rageusement la feuille de chou dans le caniveau.

Cette réflexion me laissa rêveur, notre démocratie ne serait-elle pas sur le point de ressembler à ces autocraties, fardées comme de vieilles moukères, afin de se donner une apparence de saintes nitouches pour que des hypocrites qui savent exactement de quoi il retourne, continuent de les fréquenter et jouir de leurs prodigalités.

Bien que dans notre royaume les atteintes aux libertés soient plus subtiles que dans ces contrées orientales sous le joug de satrapes, elles sont pourtant bien réelles et présentées dans un emballage sophistiqué. La dernière en date concerne le permis de conduire que tout bon citoyen conserve précieusement sur son coeur, celui-ci sera remplacé par une carte à puce intégrant photo et....empreintes digitales, comme pour les délinquants!   

 

 

Lundi 7 février 2011,

 

Une jeune femme, est morte, assassinée, dans des conditions horribles, par un psychopathe, récidiviste. Ce fait divers a bouleversé et révolté ce bon peuple, prêt en de pareilles circonstances à renouer avec la barbarie de la peine de mort, comme si couper le cou d'un individu était le remède. Mais la colère est bien légitime. Juanita Conception Hernandez notre gardienne, dont les jugements me sont si précieux, écume de rage, et a le couteau entre les dents afin de venger la mort de cette douce sylphide.

Notre petit timonier dont la fonction de premier magistrat du royaume serait de faire respecter les institutions et la sérénité de la Justice, sentant monter la colère de la plèbe, désigne à la vindicte populaire les coupables. Et de brandir la bannière de l'hypocrisie, car il est le premier responsable de ce crime, et crier haro sur le corps judiciaire taxé de laxisme, suivi dans sa fureur feinte par Juanita Conception Hernandez et une meute de braillards, prêts à en découdre avec la magistrature et sa complice, la Police.

 

La citation du Jour : Les pyromanes sont toujours les premiers à crier au feu. 

 

 

le-chanteur-de-kyme.jpg

 

 

 

Les 13 et 21 février 2011,

 

Albert Camus confiait dans son "Mythe de Sisyphe" que la vie valait la peine d'être vécue, quelque soit son absurdité, Jean-Paul Sartre répondait que <<Plus la vie est absurde, moins la mort est supportable>>

D'un côté la résignation, de l'autre la révolte devant l'injustice d'une vie, sinon ratée, du moins insignifiante. Est-ce que l'enchaînement inéluctable des évènements de la vie: L'enfance, l'éducation, le mariage, les enfants, le travail, la vieillesse, la mort, sont pour la majeure partie des individus les éléments d'une vie médiocre à laquelle il est impossible d'échapper, car pris dans un engrenage infernal ? L'existence échappe t-elle à tout contrôle et sous le poids des obligations matérielles deviendrait-elle une épreuve comparable à celle de Sisyphe, c'est à dire une tâche stupide à réitérer sans cesse pour survivre et non plus vivre ?

 

Paradoxalement, ce sont deux catégories opposées de notre société qui échappent à ces questions, d'une part les plus démunis, ceux que l'on appelle SDF, sans trop réaliser la détresse qui se cache derrière cet acronyme,  et les nantis qui comme les SDF ne sont pas soumis à la pression inexorable des obligations matérielles (factures, impôts, crédits, loyers....) mais pas pour les mêmes motifs.

 

Ainsi, vitupéra Juanita Conception Hernandez <<Ma vie est insignifiante, et les tâches que j'accomplis tous les jours sont absurdes ! Monter le courrier, récurer les escaliers, balayer la cour, c'est absurde!>> Son opulente poitrine se soulevait d'indignation, de la bave coulaient de ses lèvres. Je bredouillai quelques justifications, elle tourna les talons, claqua la porte en me vouant aux gémonies et aux flammes de l'Hadès.

 

C'est donc l'immense majorité des citoyens qui se trouve confrontée à l'absurdité de la vie, sachant que comme dans les pays sous-développés et les dictatures, 90% des richesses du royaume sont aux mains de 10% de la population. L'on pouvait lire, ce samedi, dans un hebdomadaire que six millions et demi de salariés, dans notre beau pays, gagnent moins de 750 euros par mois. Effarant! Peut-on dans ces conditions échapper à une existence insignifiante et routinière lorsque le moindre incident de la vie peut faire basculer dans une précarité encore plus grande? Cette existence qui ressemble à un fil tendu entre la pauvreté et le dénuement absolu, sur lequel un nombre de plus en plus important d'entre nous se tient en équilibre instable, comme ces funambules au-dessus du vide, n'est-elle pas le ferment d'une insurrection qui vient, inexorable ? Ou est-ce la peur qui nous cantonne dans cet état léthargique, proche de l'abandon, où nous cachons, comme une maladie honteuse, notre glorieux passé de peuple des lumières ?

 

 

  Prise_de_la_Bastille.jpg

 

 La prise de la bastille

 

 La citation du jour :

Ce ne sont pas les idées qui font les révolutions, c'est la faim. E.D.

 

Le 1er mars 2011,

 

Est-ce l'arrivée imminente du printemps et de ses giboulées qui me mettent dans cet état de fureur extrême, ou la montée de la sève qui met les cerisiers en fleurs, ou l'accumulation des errements de nos fins diplomates, toujours est-il que je sens une fièvre révolutionnaire me prendre et une envie de traverser la Méditerranée afin d'être de la fête avec ses peuples qui osent au péril de leur vie défier les tyrans.

Ce n'est pourtant pas de cela dont je vous entretiendrai mais d'un sujet plus prosaïque, quoique important en ces temps de disette, il s'agit des GRANDES SURFACES.

J'avais déjà évoqué le thème le 26 mars 2010 dans un article où je fustigeais les crédules, qui se précipitent dans les allées de ces temples de la consommation débridée, qui tient plus d'une pathologie obsessionnelle, que d'un acte murement réfléchi. Je vous engage donc à lire ou relire l'article du 26 mars 2010 et vous révèlerai, du moins je tenterai, dans la prochaine et explosive tribune de vous expliquer :

 

Comment les grandes surfaces ont ruiné notre royaume.

 

Le 3 mars 2011,

 

C'est un article paru dans un hebdomadaire économique qui m'a conforté dans mon intention de vous décrire  ce que je considère comme un scandale ordinaire.

 

Voici cet article :

 

La société Manuest, en redressement judiciaire suite à la liquidation de sa maison mère fin 2010, le Groupe VGC (Vogica), vient d’être reprise par Weber Industries, fabricant de cuisines en kit. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé. Manuest est spécialisée dans la fabrication de cuisines en kit distribuées notamment chez Brico Dépôt et Castorama. Weber Industries, qui emploie 50 salariés et est à la tête de deux unités en Roumanie, propose le maintien de 135 postes sur 202 et met en avant son accord de sous-traitance avec le Groupe Kingfisher (Castorama et Brico Dépôt).

 

Certains n'y  trouveront rien de très scandaleux, sauf qu'il s'agit là d'un épisode dramatique pour les employés licenciés, et donc futurs chômeurs, provoqués par la cupidité de ces temples de la consommation où le profit des actionnaires prime sur toute autre considération.

 

La devise est : acheter au prix le plus bas (en ruinant le producteur) et vendre à la limite de ce qui est supportable pour le consommateur. 

 

Les exemples de la ruine des producteurs sont pléthores. Vous avez tous entendu ce producteur de poires contraint d'arracher ses arbres parce que la grande surface lui offrait 17 centimes pour ces fruits d'excellente qualité et revendu :   1, 80 Euro. Or l'on trouve dans les rayons des produits similaires, à première vue, venant du Brésil de Nouvelle Zélande et même de Chine. Sauf que dans ces pays, les fruits sont traités avec des produits chimiques interdits en Europe.

 

Pour cacher la provenance "exotique" de leurs produits les fabricants n'hésitent pas à employer des subterfuges comme imprimer sur le carton d'emballage "made in France" alors qu'il n'y a que le carton qui est fabriqué en France ou une partie infime du produit, celui-ci venant d'une contrée où le salaire est de dix à cent fois inférieur à ceux pratiqués dans notre royaume. Ainsi un consommateur achetant un lavabo de la marque Porcher, aura acquis sans le savoir, un produit fabriqué aux philippines, en Egypte ou en Roumanie.

 

J'éviterai de vous fournir une énumération fastidieuse des produits touchés par ce phénomène car tous les rayons sont atteints par ces délocalisations sauvages, alimentation et bricolage.

 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas un partisan d' un protectionnisme effréné mais d'une régulation des marchés où un produit doit être payé au producteur à son juste prix et les salaires et la protection sociale harmonisés entre les pays.

 

Car la politique des grandes surfaces est suicidaire : En ruinant les producteurs et leurs employés qui se retrouveront inexorablement au chômage, les grandes enseignes ruinent leur propre clientèle, car ce sont bien les employés et leurs cadres qui fréquentent ses rayons, pas les actionnaires.

 

 

Le 10 mars 2011,

 

La peste brune.

 

Il était un royaume, où tout partait à vau l'eau, plus rien ne fonctionnait correctement, un royaume où la justice se vend et l'injustice s'achète, où les notables, les édiles, et autres Vizirs, considèrent la plèbe comme quantité négligeable, usent de prérogatives qui ne leur ont pas été accordées et de prébendes dignes des satrapes de l'antiquité.

Le peuple désorienté ne sait plus vers quel thaumaturge se tourner, et cède aux chants d'une harpie déguisée en sirène, sans se douter des desseins funestes que ce monstre a manigancés. La désespérance, l'ignorance, la haine, sont le lit dans lequel les fascistes se vautrent tout en gardant un discours aguichant, comme justement le chant pervers de ces sirènes qui fascinait et perdait les hommes. Ce royaume, vous l'avez compris : C'est le nôtre.

 

 

 

 

Ulysse  attaché au mat de son navire afin de ne pas succomber au chant des sirènes

 

 

Le 15 mars 2011,

 

Le complexe de Prométhée.

 

L'être humain a de tous temps tenté de surpasser les dieux, et pensant y parvenir, en fin de compte, ce fut la cruelle désillusion. L'exemple qui vient naturellement à l'esprit est la tour de Babel, et l'ambition démesurée de Nemrod. Voilà qu'aujourd'hui l'homme pensait avoir domestiqué la matière et se servir de son énergie pour assouvir son impérieux besoin de confort. Et l'on voit de nouvelles tours de Babel pousser comme des champignons vénéneux au quatre coins de la planète, sans discernement, sans avoir la totale maîtrise de la technologie mise entre des mains mercantiles par des apprentis sorciers. Et l'on redécouvre avec stupeur que l'homme est à la merci des caprices de la nature, même si les Dieux n'ont rien à voir dans cette tragédie.

 

  795px-Brueghel-tower-of-babel.jpg

 

La tour de Babel

 

Les 18 mars, 20 mars 2011,

 

Sur la dictature de l'audience et la versatilité de l'être.

 

Il y a sur ce blog quelques lecteurs fidèles, que je considère comme des amis qui viennent me rendre une petite visite de temps à autre. Pour autant, si je tiens ce blog, que je considère comme une réflexion sur l'époque épique que nous vivons, depuis si longtemps, est-ce pour obtenir la gloire ou je ne sais quelle reconnaissance dérisoire ? Certes non. Car il serait aisé d'y inscrire les mots magiques qui génèrent de l'audience ou de faire appel à ces marchands de rêves qui proposent des "bannières publicitaires" afin d'amener quelques chalands égarés, lesquels sont généralement dénués d'esprit, dans le sens où  le mot esprit s'apparente à discernement. Ce journal, plutôt que "blog", néologisme sorti, certainement d'une onomatopée d'un alien, qui n'a rien d'intime, puisqu'il est offert au voyeurisme du flâneur du "Web" ne propose qu'une réflexion, quelquefois philosophique, sur la destinée, que je considère pathétique, de notre humanité, qui n'a d'humanité que le nom, que je qualifierai pour ma part d'ère mercantile, lorsque l'on considère que les matières premières indispensables, non pas à la vie, mais à la survie de millions d'êtres humains, font l'objet de spéculation au même titre que l'or ou  je ne sais quelle croûte de barbouilleur halluciné.....

 

 

   Platon et Aristote

 

  Platon et Aristote

 

....Car tout est négociable, il convient de proposer le  juste prix. La justice, le pouvoir, la liberté, le plaisir, la santé...et même le cerveau du citoyen, dont la propension à oublier les turpitudes de ses édiles relève du sortilège.

 

Ce n'est pas cette brave Juanita Conception Hernandez* qui me contredira, elle qui il y a encore quelques jours s'apprêtait à marcher, la faucille à la main, vers le palais de notre petit timonier, et aujourd'hui en est à lui tresser une couronne de laurier. Servum pecus, s'indignait Horace, mais l'indignation n'est-elle pas devenue un luxe que le petit peuple n'a plus les moyens de s'offrir ?

 

* Voir plus haut pour ceux qui ignoreraient le rôle primordial que joue ce cerbère dans mon existence.

 

 

Le 25 mars 2011,

 

Matamore : Tueur de Maures en espagnol.

 

Personnage de la commedia dell'arte imaginé par Plaute auteur satirique latin ayant inspiré Molière, Corneille.... et notre Guide Suprême.

Personnage se targuant d'exploits qu'il n'a pas réalisés, fanfaron qui n'est en réalité qu'un pleutre.

En quoi ce personnage burlesque, présenterait-il les mêmes caractéristiques que notre timonier dont les actes de bravoure ne se comptent plus, tellement ils sont pléthores, s'indignent ses thuriféraires ?

N'avez-vous plus en mémoire cette expédition, la nuit tombée, lorsqu'il est allé défier, au péril de sa vie, les racailles de nos cités en leur lançant cette phrase restée célèbre, inscrite au fronton du Panthéon de nos gloires nationales :<<Vous en avez assez, on va vous en débarrassez.>> ?

Ou encore lorsque agressé lâchement par un individu louche, certainement armé de mauvaises intentions, il déclara :<<Casse-toi, pauvre con.>>

Ou plus héroïque, évitant de peu le lancer d'une sardine meurtrière, il provoqua en duel  l'ignoble marin qui s'était rendu coupable de cet attentat, en le défiant d'un :<<Descend un peu pour voir.>>

Alors que prenant la tête de la croisade contre le Maure, qu'il reçut en son palais il y a peu, il lance nos vaillants guerriers à la conquête du rivage des Syrtes, tel un Hannibal au faîte de sa gloire, quel ingrat oserait, après tant de prouesses, lui intenter ce mauvais procès,le comparer à Matamore ?

 

     

  Matamore.jpg

  

Matamore

 

  Citation du jour : On ne peut être un héros sans ennemis, au pire, il faut les inventer. E.D.

 

 

 Le 1er Avril 2011

 

Désabusé par l'ingratitude de son peuple pour lequel il avait déployé tant d'énergie, le Monarque s'en est tourné vers d'autres buts, plus ambitieux, plus en phase à son aspiration première qui était de devenir le maître du monde. Il avait consenti, pressé par des courtisans incompétents, à apporter ses avis éclairés, et consacrer un temps précieux à résoudre les préoccupations prosaïques de la plèbe, le chômage, la précarité, le pouvoir d'achat, les retraites, la sécurité, les banlieues, l'immigration, le culte... sans obtenir la moindre reconnaissance pour son dévouement, ni, pour être honnête, le moindre résultat, alors que des tâches autrement plus prestigieuses le réclamaient.

Il laissa donc les courtisans se dévorer entre eux comme des chiens. Ceux qu'il avait pourtant lui même apprivoisé et appris à donner la patte en signe de soumission, montraient aujourd’hui les crocs et leur appétit.

Il s’attela alors à la tâche qu’il n’aurait jamais du abandonner : devenir le maître du monde. Il entreprit tout d’abord de mener la croisade contre le maure de Lybie, celui auquel il avait permis d’installer sa tente sous les fenêtres de son château, entrainant dans sa fougueuse entreprise le chef de la perfide Albion et l’idole noire, qui renâcla un peu, puis se laissa convaincre. Il poursuivit par un voyage périlleux au pays du soleil levant, soleil plutôt voilé par un nuage toxique dont personne ne connait la destination, après être allé prendre ses consignes auprès des despotes de l’empire du milieu, car il doit diriger la conférence des vingt pays les plus riches et décider de la manière dont ils vont rendre les deux cents restants encore plus pauvres.

 

 

Le 8 avril 2011,

 

Musulman unique objet de mon ressentiment, par le Vizir des intrigues intérieures.

 

Alors que les courtisans d'autrefois quittent le bateau du Monarque, lequel prend l'eau de toutes parts, un homme tient bon le gouvernail, et contre vents et marées maintient le cap de la croisade contre le maure envahisseur, le voleur d'identité nationale, cause de tous les malheurs qui s'abattent, tels une nuées de criquets pèlerins, sur notre royaume.

Cet apôtre de la Sainte Trinité, idolâtre de notre Monarque, et de Charles Martel, un lointain aïeul, dont le visage sévère, orné de lunettes cerclées d'or, n'est pas sans rappeler celui de quelque inquisiteur émule de Torquémada, entreprend la reconquête du territoire lâchement abandonné aux Sarrasins, pour la gloire de son Maître, lequel, du moins l'espère-t-il, retrouvera les suffrages de son peuple.

Pour cela, il s'essouffle à suivre un sillon déjà creusé par un attelage infernal composé d'un porc vociférant chevauché par une harpie galvanisée par de récents succès sur une population crédule.

Mais le sort est cruel, malgré des harangues vénéneuses, des diatribes acerbes, des débats hypocrites, rien n’y fait, le couple infernal engrange le fruit de ses gesticulations dérisoires et le Monarque désemparé, agrippé au mat de misaine de son bateau ivre, subit les foudres de la plèbe. Le naufrage est inéluctable, car, signe avant-coureur, les rats quittent le navire.

 

entree-d-une-mosquee-Valery-Jacobi.jpg

 L'entrée de la mosquée par Valéry Jacobi

 

Le 17 avril 2011,

 

Les provocateurs.

La provocation est devenue en ces temps médiatiques, un subterfuge consistant à braquer les projecteurs de l'actualité sur un trublion dont l'action a pour objectif de délivrer un message dont le contenu est le plus souvent subversif et tourné vers une couche de la population, issue des classes populaires, dont les connaissances sont, hélas, superficielles.

Ainsi quelques chroniqueurs de la radio et de la télévision en ont fait leur crédo, j'allais dire leur fond de commerce. Car plus la ficelle est grosse plus l'audience est élevée, et, n'est-ce pas cela le but recherché ?

Ainsi donc celui-là fera des déclarations fracassantes sur l'intégration et l'immigration allant jusqu' à proposer la suppression des subventions aux associations humanitaires, l'autre fera l'apologie de la peine de mort et produira un brûlot au titre racoleur. Ces provocations médiatiques sont évidemment singées par les politiques, ainsi le Vizir des intrigues intérieures attisera la haine de l'étranger maghrébins, cette représentante du peuple préconisera la noyade des immigrés. Les caméras sont là, les micros aussi, et chaque provocateur sait que son message sera multiplié, amplifié, et proliférera comme la pire des pandémies. la notoriété est là, l'objectif est atteint et le prosélyte battra des mains en bavant.

L'on trouve dans ces provocateurs, pêle-mêle, un pseudo-scientifique, ex-ministre, hérésiarque, prenant à chaque occasion le contre-pied de la communauté scientifique,sur le réchauffement climatique, ou le nucléaire, quelques écrivains en mal d'inspiration vilipendant l'Islam (succès assuré) ou produisant quelques caricatures du Prophète, (était-ce bien utile?) La palme de la bêtise revenant à ce pasteur outre-Atlantique qui ce livra après moult déclarations tapageuses à l'autodafé du Coran. L'évènement couvert par les télévisions du monde entier eut le retentissement qu'il souhaitait, la gloire auprès des simples d'esprit et...la prison peut-être, mais qu'importe. Notre thaumaturge, dans ce concert de la démagogie n'est pas en reste, il serait dans ce domaine un précurseur, un ochlocrate éclairé, passé maître dans l'art de la phrase tapageuse, celle qui fait se redresser les poils du courtisan : l'homme africain n'est pas entré dans l'histoire en est la parfaite illustration.

La période électorale qui se profile sera l'aubaine pour les provocateurs de tout poil de se surpasser, la compétition s'annonce féroce.

 

 

 

    A suivre page suivante : Histoires extraordinaires (4)

 

 

 

 

 

     

                  

 

          

 

   

 

  

 

 

 

 

     

 

 

  

 

 

             

                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires