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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 16:32

Le mardi 13 mars 2018,

Il y a des accidents industriels, financiers, et maintenant littéraires.

Décidemment je passe de moins en moins de temps sur ce blog, certainement à cause des trop nombreux lecteurs auxquels je m'efforce de répondre.

Un mois que je n'avais dit du mal d'un roman, ça me démangeais tellement que je n'ai pas terminé celui dont je vais vous entretenir. Mais il fallait que je vous mette en garde avant que vous ne dépensiez 23 € 

GROTESQUE

 Serait-on au devant d'une arnaque compte-tenu du matraquage médiatique que l'on a fait autour de ce livre ? C'est la question que je me pose depuis la première page. Arrivé à la page 167 je reste sur cette angoisse, le mot n'est pas trop fort.

Pour le moment l'histoire est d'une banalité navrante, mais pire : L'écriture est d'une niaiserie déroutante. Précédemment J'avais lu La vérité sur l'affaire Harry Querbert et j'en ai gardé un bon souvenir. Me serais-je trompé ?

Les digressions sont légions (il faut faire des pages) ainsi l'on apprend que Marc l'ex mari d'Anna (la chef adjointe de la police d'Orphéa qui enquête sur la disparition) vient d'acheter la maison mitoyenne à celle de ses parents (qui adorent le Marc en question) Il ne manque pas d'inviter son ex femme, qu'il poursuit de ses assiduités, au barbecue....et cetera...et cetera (10 pages)

Je vais continuer ma lecture, mais c'est pour vous, car malgré la bienveillance que chacun aura remarquée, je crains le pire. 

Bientôt La vérité sur l'affaire Joël Dicker....A t-il utilisé un nègre (pardon, un assistant à l'écriture)

Page 275.

C'est un calvaire ! A tel point que je me demande si l'auteur n'a pas forcé le trait sciemment tellement l'on s'enfonce dans le ridicule. L'auteur a t-il volontairement tourné en dérision ce qui était annoncé comme un polar au suspens insoutenable.

Depuis la page 167 où j'étais en état de choc, l'on assiste, pétrifié aux démêlées entre un couple où le patron d'une revue littéraire est grossièrement dépouillé par une jeune intrigante qui rêve d'écrire un livre (non ce n'est pas Laetitia) un autre couple  se déchire à cause de leur fille de dix-neuf ans qui se drogue et exprime son mal de vivre car son père ne veut pas lui acheter le chien qu'elle désire (j'ai failli verser une larme). Il y a également le délire d'un critique littéraire qui a eu dans le passé son heure de gloire, mais qui n'est plus que pathétique.

Tout ce petit monde va se retrouver à Orphéa, là où 20 ans plus tôt il y a eu un drame épouvantable, pour assister à la pièce de théâtre qui va révolutionner le monde (c'est dans le texte) intitulée La nuit noire, écrite par un ex-officier de police (mégalomane) qui promet de dévoiler au cours de la représentation le nom de l'homme qui a assassiné le maire, sa femme, son fils et une malheureuse passante. Crimes sur lesquels Stéphanie Mailer enquêtait, au péril de sa vie, puisqu'on  retrouvera son corps  flottant dans un lac. J'en ai des frissons. 

La question demeure, s'agit-il d'une satire (mal écrite) d'un polar, tellement c'est outrancier, ou bien un ratage incompréhensible tellement le récit tourne vers l'ubuesque ?

Imaginez la situation rocambolesque devant laquelle se trouve le lecteur à ce stade :

Pour sauver le festival de la ville et accessoirement son poste, le maire d'Orphéa prétendument intelligent et cultivé accepte de faire jouer une pièce de théâtre écrite par un policier mégalomane que personne n'a lue ni vue. A quinze jours de la représentation il n'y pas d'acteur. l'auteur envisage de les recruter par voie d'annonce promettant la gloire à ceux qui seront sélectionnés. Pire, le texte ne leur sera communiqué qu'au début de la représentation. Grotesque.

Ce qui me fait enrager ce sont les milliers de bons romans qui passent au pilon au profit de cette littérature de caniveau.

Le calice jusqu'à la lie : Le bouquin fait 630 pages.

    

Le pire allait venir pages 320 et 321 où le père de la jeune fille (Dakota) celle  qui voulait un chien, directeur d'une télé locale décide de créer une émission de téléréalité, pour remonter l'audience, en mettant en scène une famille de "gros" sponsorisée par les chips "Grassitos"

Pour le plaisir je vous livre une perle que vous trouverez page 538 si, comme moi, vous êtes atteint d'une envie irrépressible de flagellation (il est vrai que Pâque se profile et que l'on voit partout des pauvres bougres se fouetter pour commémorer le calvaire du Christ ou le martyre d'Hussein petit fils de Mahomet.

Revenons à la page 538 : La pauvre Dakota a été atteinte de deux coups de feu tiré par l'assassin (on le présume) du maire et sa famille. Elle allait divulguer sur scène le nom du meurtrier. 

Elle vient d'être opérée et  Jerry (le père) s'adresse au chirurgien : << Est-ce que ma fille va se réveiller ?

-- Je n'en sais rien. Je suis désolé. Il y a des chances pour qu'elle ne survive pas.>> 

 En ce jour de la promotion de la langue française, c'est avec un infini soulagement que je vous annonce la fin de mes souffrances. Je n'irai pas plus loin dans ce texte qui est une offense à la  langue française et à l'intelligence.  j'ai perdu 23 €.

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