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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 12:02
Les chimères
Les chimères

Le mardi 24 novembre.

Après chaque évènement tragique, et celui-ci l'est, je m'impose de ne jamais réagir sous le choc émotionnel du poids des évènements, aussi terribles soient-ils. Cela me permet, du moins je l'espère, d'éviter d'émettre des stupidités comme l'on en a entendues, vues, et lues, tout au long de cette semaine.

Les chimères.

Je relisais un passage des "Vies parallèles des hommes illustres" de Plutarque, quand me vint à l’esprit cette question à priori stupide : Quel parallèle peut-on faire entre un candidat au Jihad et un jeune militant d’un mouvement d’extrême droite.

Lorsque cette pensée m’est venue à l’esprit, je l’ai écartée d’emblée parce qu’au premier abord je ne pouvais y souscrire tellement c’était irrationnel. Et pourtant, plus je tentais de l’écarter plus elle s’insinuait et me glaçait parce que cette hypothèse m’apparaissait comme une évidence.

Quelles pouvaient être les motivations communes entre un aspirant djihadiste et un militant d’extrême droite ? A priori rien, si ce n’est le désir d’échapper à une vie de misère ou insignifiante.

Existe-t-il un lien entre l'existence d'un jeune délinquant, parsemée de trafics, de petits boulots, d’humiliations, issu de l’immigration vivant dans une cité de banlieue avec pour seule perspective la prison et celle d’un jeune paumé né dans une commune sinistrée du nord de la France, sorti de l’école à seize ans, inscrit à perpétuité au RSA puis au chômage, dont la vie se limite aux bars à bières et aux bastons du samedi soir ?

Si les chemins se séparent lors de l’endoctrinement, les motivations de la soumission à l'idéologie sont les mêmes :

En premier lieu la reconnaissance de leurs nouveaux maîtres. Pour la première fois de leur pauvre vie les endoctrineurs leur accordent de la considération en leur confiant une mission soit mourir pour le prophète soit devenir les soldats d’un ordre nouveau.

Pour ces deux catégories d’impétrants à la reconnaissance il existe des entreprises structurées dont la finalité est identique : Prendre le pouvoir.

L’une invoque des principes religieux de façade, l’autre une idéologie nationale socialiste déguisée en patriotisme. Leurs convictions religieuses ou politiques ne sont que des leurres qu’ils brandissent aux yeux des troupes fraîches, auxquelles ils inculquent quelques vagues notions politiques ou théologiques, histoire de paraître crédible.

Pour les uns c’est le mirage d’un Western moderne dans les dunes désertiques, juchés sur un 4x4 couleur sable, kalachnikov dans une main, drapeau noir dans l’autre, pour les autres le rêve en gardien d’une révolution totalitaire vêtu d’un uniforme vert de gris. Mais pour chacun c’est le rêve d’une vie d’aventure, l’espoir d’argent facile, de filles pâmées devant des êtres d’exception au charisme insoupçonné.

C’est ce que les manipulateurs leur feront croire pour les attirer dans leurs filets. La réalité sera tout autre :

Les uns retourneront à leurs bastons du samedi soir, s’abrutirent de mauvais alcool une fois leur « mission achevée » les autres finiront en charpie au milieu d’une foule d’innocents.

Le drapeau de la connerie n’a pas fini de flotter.

Sur Finkielkraut.

Je regardais hier ce philosophe auto-proclamé, bafouillant des inepties, assénant sa vérité sur la guerre de deux civilisations, jubilant quand un journaliste donnait le nom d’un musulman coupable d’actes terroristes, accablant Tarik Ramadan (absent) dont il ne supporte pas la contradiction et encore moins l’intelligence.

Je conseille à ce prétendu philosophe le livre de dialogues entre Edgar Morin et Tarik Ramadan animé par Claude-Henri du Bord : Au péril des idées.

Deux conceptions du monde et de la foi, deux philosophies de vie, qui ne demandent qu’à s’écouter.

Sur Michel Onfray.

Quelle déception, ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit. J'avais lu son "Traité d'athéologie" et les "Sagesses antiques" c'est remarquable d'intelligence et d'érudition. Mais pourquoi se fourvoyer dans cette impasse du choc des civilisations qui n'existe pas ? Est-ce par manque d'informations ou veut-il asséner sa vérité (lui aussi) pour prouver envers et contre tous qu'il détient une vérité qui n'est qu'illusion et fantasme.

L'armée islamique au Levant (Daesh) ne repose que sur des rapports à l'argent. Ces prophètes de pacotille surfent d'une part sur l'ignorance des troupes qu'ils recrutent et d'autre part sur la désespérance de ces pauvres hères qui arrivent du monde entier pour gagner quelques dollars. Un moudjahidine est rétribué à hauteur de 200 dollars par mois (une fortune pour la plupart d'entre eux) un expert en informatique propagandiste 700 dollars. Une armée de mercenaires au service d'Allah.

Baghdadi, l'Emir de l'Etat islamique au Levant et en Iraq et ses affidés, riches des dollars engrangés grâce aux trafics du pétrole, de la drogue, des armes, des antiquités et des femmes, sous couvert du Coran, ne mènent ce combat que pour assouvir une soif de pouvoir totalitaire, mettre en place une oligarchie salafiste.

Les hommes et les femmes qui combattent ne sont ni des soldats de Dieu ni des fanatiques, mais des suicidaires car ils savent que leur entreprise est vouée à l'échec. Mais à la manière des kamikazes ils la mènent jusqu'à l'extrême, on ne sait jamais..... si le paradis existait vraiment ! le quotidien ne leur aurait apporté que misère et souffrance.....Alors autant profiter pour un temps des Dollars, et des quelques femmes offertes.

Les gens qui ont entrepris les attentats de Paris ce 13 novembre en sont les produits, l'une d'elles tuée à Saint-Denis aimait la vie, faire la fête, boire de la vodka, rien de commun avec les préceptes de l'Islam radical. Les autres étaient incapables de citer une sourate du Coran. Aucune idéologie dans leur entreprise dévastatrice, si ce n'est la mort de gens heureux et la leur.... désirée. Cependant, suffisamment lucides pour se douter que le Paradis et ses Houris aux grands yeux noirs ne sont que des chimères.

Le roman d'un insomniaque
Le roman d'un insomniaque

Le mardi 8 décembre,

Petit aparté entre les deux tours des régionales où comme il fallait le craindre le parti de la fille du borgne a engrangé un indéniable succès. Mais, au risque de vous surprendre je m'attendais à pire. Alors attendons le deuxième tour.

Je voulais vous entretenir de ma lecture du moment. Il s'agit de l'ouvrage qui a remporté le prestigieux prix Goncourt 2015.

Ce livre signé Mathias Enard dont le titre est Boussole (pas très original) est la rêverie d'un vieux musicologue qui ressasse ses voyages en Orient lors d'une nuit d'insomnie, et sa déception de ne pas avoir "baisé" la jeune femme (Sarah) qui l'accompagnait lors de ses pérégrinations.

Si le récit est truffé de références musicales et littéraires et géographiques et archéologiques, au point que j'ai eu l'impression durant sa lecture d'être totalement inculte, il n'en est pas moins assommant. C'est un étalage de culture ad nauseam "comme une épaisse couche de Nutella sur une tartine de pain" dixit ma concierge lorsque, maladroitement sans doute, je tente de lui inculquer mon pauvre savoir.

Mais revenons à ce prix Goncourt attribué à Mathias Enard, édité par Acte Sud, dont je m'efforce de poursuivre le laborieux récit de ce vieux radoteur viennois, par ailleurs hypocondriaque.

Soudain, Alors que j'étais submergé par une somnolence irrépressible, je tombai, page 229, sur cette phrase que je livre à votre sagacité littéraire :

Moussa Tamboura sera finalement capturé le 24 mai 1916 avec la majeure partie de son escouade, devant la cote 304,que dix mille soldats viennent de mourir pour défendre en vain.

Vous ne pouvez pas savoir la joie sadique qui m'a submergé lorsque j'ai lu ces lignes.

Méduse : Ne la regardez pas dans les yeux. N'écoutez pas son chant.
Méduse : Ne la regardez pas dans les yeux. N'écoutez pas son chant.

Le mardi 15 décembre.

Les Gorgones. Filles de créatures marines.

On les représentait sous la forme de femmes à la chevelure faite de serpents entrelacés, parfois dotées d’ailes.

Elles vivaient près du pays des Hespérides aux confins de la Libye, et s’appelaient :

Euryale.

Sthenô : La puissante.

Méduse : la seule mortelle.

Outre son aspect repoussant Méduse était dotée d’une arme redoutable : Ses yeux grands ouverts qui lançaient des éclairs, pétrifiant ceux qu’ils fixaient (les électeurs)

Selon la légende Méduse aurait été une belle jeune fille. Athéna, jalouse, l’aurait transformée en une créature abjecte.

Cependant, malgré son aspect répugnant Méduse n’en eut pas moins Poséidon (Myrmidon 1er) comme amant.

Quand l’actualité rejoint les légendes antiques.

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